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100e des Business Clubs: Rencontre inédite Michel-Edouard Leclerc- Gérard Mulliez

Le 12 mai 2017


Michel-Edouard Leclerc était l'invité d'honneur de la centième des business clubs de la région, vendredi à Entreprises & Cités. L'occasion d'une rencontre haute en couleurs avec Gérard Mulliez.


Leclerc-Mulliez

 

« Mulliez ! Avec tes yeux bleus, tu vas réussir ! » « Te fais pas rouler par les fournisseurs ! » Gérard Mulliez, fondateur d’Auchan, rapportait vendredi ces propos d’un certain Edouard Leclerc, qu’il était allé rencontrer dans les années 60 à Landerneau. Une anecdote parmi bien d’autres racontées devant son fils Michel-Edouard, grand invité de la centième des Business Clubs de la région. Une affiche en or, qui a attiré en masse, près de 700 chefs d’entreprises dans une grande salle d’Entreprises & Cités qu’on aura rarement vue aussi comble.

 

Priorité au contenu

 

Venu plancher sur le devenir de la grande distribution face aux nouveaux enjeux notamment numériques, Michel-Edouard Leclerc a bien sûr souligné sa dimension multicanale, mais pas seulement. Dès 2020, 10% du chiffre d’affaires du groupement sera digitale, indique-t-il.

Mais au-delà, « il n’y aura non plus une enseigne mais une marque, qui tiendra une promesse globale.  La priorité n’est pas le débat sur le contenant, mais sur les contenus. »  Avec une ambition pour son groupement : « mener les centres Leclerc sur le podium des mieux disants européens en matière de développement durable et de qualité, d’ici à 2020 ».  Avec en ligne de mire la profondeur de gamme, la labellisation des produits, la déstandardisation, la segmentation et « permettre aux fournisseurs de raconter leur histoire dans nos rayons ». Michel-Edouard Leclerc annonce le redéploiement de 4000 références non alimentaires d’ici fin 2018 à l’aune des nouvelles exigences des organisations de consommateurs sur la qualité, la traçabilité, l’intérêt des produits.

 

businness club 100e

 

 

Quand Gérard Mulliez boycotte Amazon

 

Le secteur est bousculé par les nouveaux acteurs numériques. Jadis réservé principalement aux coopératives et aux sociétés anonymes, le secteur s’est ouvert peu à peu aux sociétés cotées, puis les AMAP, mais aussi les producteurs qui vendent eux-mêmes en direct, et désormais des plateformes de type venteprivée.com ou Amazon, qui se proposent à distribuer aussi bien du Danone que du Leclerc. « On peut se retrouver dans une situation où tout fournisseur est aussi un distributeur. Et où tout distributeur peut devenir un fournisseur. Danone a beaucoup compté sur Auchan et sur Carrefour pour prendre le marché chinois. Aujourd’hui, son premier client, c’est Ali Baba, qui est concurrent de Carrefour et d’Auchan. »

L’occasion pour Gérard Mulliez toujours aussi alerte malgré ses 86 bougies qu’il soufflait samedi, de tacler Amazon sans le citer. « Il y a un type qui vend par Internet, il paie la TVA au Luxembourg, vous trouvez ça normal ? Et vous les clients, n’achetez plus chez ce Monsieur qui paie sa TVA au Luxembourg ! », a-t-il lancé devant une salle acquise. 

 

 

« Nous avons une part de responsabilité »

Les deux poids lourds de la distribution ont aussi profité de l’occasion pour commenter à leur façon les élections. Avec un satisfecit de Gérard Mulliez sur l’élection d’Emmanuel Macron, formé selon lui à bonne école : «  je vous félicite d’avoir voté pour lui, c’est un élève des jésuites, le pape est un élève des jésuites, moi je crois aux jésuites et j’ai été chez les jésuites aussi! » 

Pour Michel-Edouard Leclerc, le mouvement de contestation puissant qui s’est exprimé lors du vote doit aussi être entendu par les dirigeants. « Regardez l’anxiété des consommateurs par rapport à l’utilité de ce que nous disons. Nous vantons les mérites de l’Europe, de la liberté, nous plaidons pour une baisse des charges au risque qu’elle soit perçue comme une baisse des salaires. Il faut arrêter d’être aveugles et autistes, nous avons une part de responsabilité, nous entrepreneurs, dans l’absence de pédagogie en France de la modernité de l’entreprise et de l’économie. Il faut nous réinvestir. Je le ressens. Vous les pme, les jeunes entrepreneurs, les grands cadres de nos entreprises, vous devez non seulement parler du métier d’entrepreneur mais aussi justifier de la légitimité de notre discours, sur ce que la société apporte, voire doit à la société. Il faut redévelopper l’argumentaire de l’utilité sociale de ce que nous faisons ».

OD

 

michel-edouard-leclerc

 

 

 

Le mouvement Leclerc en bref

43,4 milliards d’euros de CA

660 magasins

123 000 collaborateurs

N°1 français avec 20,9% de parts de marché

 

En région Hauts de France (Scapartois)

 41 hypers

45 drives

8000 collaborateurs

14% de parts de marché (doublées en 12 ans)