Grand AngleEdito n°68-Février 2017

> L'enquête

3 questions à Jean-Yves Bourgois, Conseiller régional UDI, en charge du dialogue social


“Ceux qui ont conçu cette réforme sur un coin de table à l’Elysée n’ont pas eu conscience de l’immensité de la tâche”


Jean-YvesBourgois-photo miens metropole

 

 

On savait que le mariage entre les deux administrations serait compliqué. Comment se passe t-il ?
Il est désormais clair que ceux qui ont conçu cette réforme sur un coin de table à l’Élysée, n’ont pas eu conscience de l’immensité de la tâche qu’il faudrait accomplir. Heureusement, le président Xavier Bertrand est très investi sur ces questions et nous avons un dialogue social de bon niveau avec les syndicats. Les choses avancent, se passent assez bien, mais il faudra du temps.

 

Les syndicats ont alerté l’exécutif sur les conditions de cette fusion. Comment l’expliquez-vous ?
Nous sommes conscients que cette phase est difficile pour les agents et ce, pour trois raisons différentes. D’abord, parce qu’il s’agit ne s’agit pas de faire la simple synthèse des politiques du Nord-Pas-de-Calais et de Picardie, mais de créer des politiques supérieures à l’addition des deux. Ensuite, il faut trouver un point d’équilibre entre la nécessité d’aller vite et celle de maintenir un dialogue constant avec les organisations syndicales. Plus on consacre de temps à la négociation, moins on peut apporter rapidement des réponses aux agents dans les services.

Enfin, il y a énormément de sujets à traiter. Si on prend l’exemple de l’organigramme : non seulement les fonctions n’ont pas le même libellé dans les deux régions, mais lorsque elles l’ont, leur réalité n’est pas la même ou n’ont pas les mêmes avantages, comme les tickets restaurants, les jours de congés… Par exemple, l’arbre de Noël fonctionne très bien en Picardie, alors qu’en Nord-Pas-de-Calais, les festivités consistaient en bons d’achats, spectacle… Tous ces points ne sont pas des détails pour les agents. Il y a donc énormément de cas particuliers, notamment au niveau des statuts.

Pensez-vous que les craintes concernant la Picardie n’ont plus lieu d’être ?
Le sentiment d’injustice que les Picards ont est aussi ressenti en Nord-Pas-de-Calais. La réalité est que le conseil régional est la seule structure à avoir fait le choix de répartir les directions entre Lille et Amiens. Xavier Bertrand s’est engagé à maintenir les commissions permanentes, là où se prennent les décisions, à Amiens. Les élus ont aussi pris l’habitude de venir y travailler, même s’il est clair que les accès à la métropole nordiste compliquent les choses

Recueilli par Guillaume Roussange