Grand AngleEco 121- n°60-Avril 2016

Enquête: qui sont nos championnes de l’export ?


La région compte quelques milliers d'entreprises exportatrices. Des majors de dimension mondiale, des gazelles, voire des start-up. Quelle que soit la taille, l'international est un booster de croissance. Découverte.


ouverture exportUn ancien Président de la République parlait d’aller chercher la croissance avec les dents. C’est ce que font quelques milliers d’entreprises régionales en allant décrocher des marchés au-delà de nos frontières, là où la dynamique économique est plus forte que chez nous. Des entreprises exportatrices dont les statistiques nous confirment année après année qu’elle se portent sensiblement mieux que celles restées sur le seul marché français. Qui sont elles ? Vers quelles destinations vont-elles? Quelles difficultés rencontrent-elles? Quels écueils éviter ? Eco121 vous emmène à la rencontre de champions de l’export. De Roquette à Lesaffre, d’AstraZeneca à Renault, de Minakem aux billards Toulet, en passant par les molécules de lait d’Ingredia, les endives de Perles du Nord ou les solutions d’e-mailing de Vade Retro, nombre d’entreprises régionales tentent le pari de l’international. Y compris des entreprises textiles comme le dentellier Sophie Hallette dont 85% des 29M€ de ventes se font hors de l’Hexagone. «L’entreprise située sur un marché de niche doit penser développement international dès le premier jour de son existence, à l’exemple d’Ath Medical (traçabilité en milieu médical), Mdoloris (moniteurs anti-douleur) ou Aquilab (logiciels de contrôle pour l’imagerie médicale), qui ne pourraient pas se solvabiliser sur le seul marché français », expose Etienne Vervaecke, directeur d’Eurasanté.
Le biomédical d’ailleurs est un des domaines les plus exportateurs : 40% de l’activité de la filière sont réalisés à l’export ! Avec près de 50 Mds €, l’export de la région Hauts de France constitue un enjeu central, d’ailleurs régulièrement présenté comme une priorité régionale, avec moult objectifs quantitatifs d’ailleurs jamais atteints. Est-ce si important ?

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Ce qui compte est que l’entreprise réussisse son implantation. Or les pièges sont nombreux. Aller à l’export est coûteux, long, et chronophage, source de déboires avec les taux de change, la situation géopolitique voire des partenaires indélicats comme pour Outinor il y a une quinzaine d’années.
« Il faut acculturer les gens et démythifier l’export. C’est long et ça coûte cher mais il faut dédramatiser en accompagnant les entreprises », affirme Luc Doublet, président de CCI International, si on n’exporte pas ou n’innove pas, on est condamné. Quand on est à l’export, on reste à l’affût du reste du monde« . Il faut aussi choisir les bonnes options, entre la vente de produits depuis la France, la création de filiales, les distributeurs locaux, voire la croissance externe. «Le temps est long à l’international, il faut générer la confiance. Mais quand cette phase est passée, cela peut booster la croissance», relève Bertrand Fontaine, directeur régional de BpiFrance. L’enquête annuelle Banque de France/CCI souligne que 19% des dirigeants exportateurs attendent une hausse des ventes en 2016, contre 6% des autres. Rentabilité, trésorerie et même emploi : tous les critères sont bien meilleurs pour 2016 chez les exportateurs.

Selon l’Observatoire régional des échanges internationaux (OREI), les entreprises « spécialisées » (plus de 50% de leur activité à l’international), ont le plus confiance en l’avenir. En 2014, pas moins de 329 nouveaux marchés ont été ouverts à l’export par nos entreprises. Avec une prééminence toujours aussi forte de la Belgique comme première destination, devant l’Allemagne (14,6%), le Royaume-uni (8,6%) et l’Italie (6,6%).

 

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