Grand AngleEco 121- n°60-Avril 2016

> L'enquête

Agroalimentaire. LE TRÈS GROS APPÉTIT INTERNATIONAL DES ENTREPRISES NORDISTES


L'agroalimentaire assure à lui seul 19% des exportations régionales. Soit plus de 6,6 Mds €. Revue des troupes.


RoquetteCopyright microalgae production unit

 

 

Le premier exportateur français (et 32e français), tous secteurs confondus, est roquette Frères, major des dérivés de l’amidon. Si le grand public ne connaît pas le groupe familial de Lestrem (62), ses produits sont en revanche partout, et chaque année davantage, notamment dans les aliments-santé (en photo, un atelier de production microalgues). La très grande majorité de ses plus de 3 milliards de chiffre d’affaires sont réalisés à l’international. Méconnu du grand public également, le spécialiste du cracking du lait Ingredia, filiale de la Prospérité fermière, qui vend sur tous les continents ses molécules bienfaitrices.
Tout aussi discret, le groupe familial Lesaffre est pourtant à l’origine d’un pain sur trois dans le monde ! Le géant familial de Marcq-en-Baroeul, leader planétaire de la levure, recevait il y a quelques semaines le secrétaire d’État au budget venu saluer ses performances à l’export- et ses procédures douanières internalisées. Il compte pas moins de 40 filiales, et vend dans 180 pays l’essentiel de son chiffre d’affaires de 1,8 Md€. Chiffre d’affaires presque identique pour Bonduelle, qui devrait crever le plafond des 2 mds € l’an prochain, mais avec une activité française désormais limitée au tiers de ses ventes. Le groupe également familial Holder (boulangeries Paul) a lui aussi pris naturellement le virage international en étant présent aujourd’hui dans 33 pays.

 

8,7% de la vanille mondiale

 

A l’ombre de ces mastodontes auxquels il faut ajouter les groupes coopératifs (dont les endiviers de Perle du Nord, qui exportent 10% de leurs 83 000 tonnes, en progression de 15% l’an), beaucoup de Pme ont choisi un terrain de jeu mondial. A l’instar de Chocmod (voir ci-contre) qui vend ses truffes en chocolat hors de France. Ou d’Eurovanille à Gouy-Saint-André qui transforme chaque année 135 tonnes de vanille soit 8,7% de la production mondiale. L’entreprise de Laurent Bourgois distribue ses gammes dans 85 pays, qui assurent 72% de ses 19,2 M€ de chiffre d’affaires. Derrière l’Europe (68%), Eurovanille est présent au grand export et compte se développer en Indonésie, Thaïlande et Vietnâm. La moitié des effectifs (150 salariés) est employée sur son site de production en Inde et sur une ferme expérimentale de l’Île Maurice.

Dans le domaine très différent des coproduits de la mer (déchets, arêtes), qui compte très peu d’acteurs, Copalis est un autre expert de l’international. L’entreprise du Portel exporte 73% de sa production dans 50 pays (dont 15% en Asie), des poudres réutilisées comme aliments dans l’aquaculture, les fabricants de pet food, ou converties en collagène ou hydratant pour la cosmétique.
Le mouvement de l’internationalisation reste puissant, comme l’attestent les deux acquisitions d’Api Restauration en Allemagne, ou encore l’implantation des Merveilleux à New York et Genève. De quoi nourrir la croissance E.V./O.D.

chocmod