EntreprendreECO121 n°35 Octobre 2013

> Innovation

Alicante surfe sur l’informatique de santé


Seclin. La Pme spécialiste en ingénierie informatique pour les hôpitaux et la recherche entre dans un programme ANR.


Alicante est née il y a 14 ans de la volonté de chercheurs, anciens hospitaliers. David Delerue, docteur en informatique médicale, a sondé le besoin dans l’univers hospitalier. Pendant longtemps, l’informatique médicale n’a pas été une priorité. C’est devenu stratégique il y a dix ans et aujourd’hui on voit fleurir des programmes nationaux comme “Hôpital numérique” », mais les contraintes sont telles – confidentialité, sécurité et complexité des données -, que l’informatique médicale évolue avec un temps de retard par rapport à des secteurs comme la banque ou l’assurance. Un créneau à prendre pour le P-DG et ses associées Eve Leguy et Muriel Delannoy. D’abord bio-incubée à Eurasanté, la société (550 K€ de CA) désormais composée de 10 personnes a développé des innovations pour le secteur hospitalier et la recherche. Pour le premier, elle s’est spécialisée dans l’identito-vigilance. Comprendre « traçabilité des patients ». Sa solution, déjà installée dans une dizaine d’établissements, est capable de repérer toutes les traces d’un patient, de la moindre prise de sang au passage au bloc, quel que soit le service concerné, dans le respect de la confidentialité et de la vie privée de chacun. Objectif : éviter les erreurs d’identité aux conséquences désastreuses et valoriser les coûteuses archives numériques des hôpitaux.

 

Répondre aux besoins des praticiens mais aussi de la communauté scientifique : tel est le second but d’Alicante. Il développe et diffuse SIGAPS©, logiciel de bibliométrie hospitalo-universitaire conçu par le CHRU de Lille. En d’autres termes, il mesure l’activité de la recherche via les publications des chercheurs afin d’établir un classement à partir d’un indicateur objectif.

« Nous sommes passés du statut d’acteur de niche à leader du marché », précise sans forfanterie le dirigeant. En 2007, le ministère de la santé a choisi son innovation en qualité de logiciel officiel pour l’implanter dans les 120 établissements-chercheurs français. L’intérêt réside en l’utilisation d’un indicateur objectif pour les attributions de lignes de budget par l’Etat. Grâce à cet outil, Alicante s’attaque à d’autres disciplines de recherche (sciences dures) et aux universités, potentielles utilisatrices.

 

Future levée de fonds
Lauréate Réseau Entreprendre Nord et LMI Innovation, accompagnée par le CIC, BPIFrance, Eurasanté, LMCU, le Conseil régional et le Pôle Régional Numérique, Alicante continue d’innover en partenariats avec des labos, le CNRS, l’Inria, l’Inserm. Avec un consortium, elle vient de décrocher 500K€ de subvention de l’ANR  pour son projet d’1 M€, Clinmine (modélisation du parcours de soins à partir de données), dans le cadre d’un appel à projets très sélectif. L’ambition du dirigeant ? Se diversifier avec l’exploration de données, « le datamining », et conquérir les marchés étrangers. Pour cela, il s’appuie sur son actionnariat composé de chercheurs, du groupe de Mongi Zidi Archimed et d’Autonomie et Solidarité. Il envisage cette montée en puissance avec une levée de fonds de 0,5 à 1 M€ en 2014, ce qui lui permettrait d’embaucher une dizaine de personnes pour renforcer le pôle commercial. Et doper son CA pour atteindre 1,8 M€ en 2016. 

 

Julie Dumez