EntreprendreN° 6 - novembre 2010

> Mécénat

AnBer : la philanthropie sans tambour ni trompette


Reconnue d'utilité publique en 2002, la fondation AnBer créée par Bernadette et André Leclercq soutient 120 projets par an dans le monde entier autour de thèmes liés à l'éducation, la santé et le travail. En toute discrétion.


« Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit », Bernadette et André Leclercq (photo), font leur cet adage. « Nous ne voulons pas faire de publicité de peur d’être débordés de sollicitations et de ne pas pouvoir faire face » affirment-ils simplement. Mais le bouche à oreille a fait son oeuvre. Au total, ce couple philanthrope a déjà contribué à la réalisation de plus de 900 projets menés par des associations dans 60 pays. Ernst & Young leur a même décerné en 2008 le prix de l’entrepreneur de l’année, dans la catégorie engagement sociétal. André Leclercq met dans cette fondation la même énergie que lorsqu’il était président de l’AFM (Association Familiale Mulliez), avant de céder la place à Thierry Mulliez, neveu de son épouse.

Ce qui les motive ?  » Un certain état d’esprit, apparenté au catholicisme social des industriels d’entre deux guerres. Se mettre au service des autres, chacun à son niveau. »

Des frais fixes stupéfiants

 

Ils sont passés de quatre projets en 1989 lorsqu’ils ont créé AnBer (association de leurs deux prénoms) à 120 par an aujourd’hui, avec toujours le même back office, c’est à dire …leur table de salle à manger de Bondues ! Et une secrétaire bénévole un jour et demi par trimestre. On comprend les frais fixes stupéfiants de 0,5 % du budget annuel, à comparer aux 10 % habituels, pour une fondation de cette taille, « mais qui peuvent atteindre jusqu’à 40 % pour certaines associations faisant appel à la générosité du public ! »

Les sommes versées par la fondation AnBer varient entre 5 et 40 K€. La moitié pour des projets français, le reste à l’étranger. AnBer sert souvent d’effet de levier pour lever des fonds plus importants. Une école au Honduras, du microcrédit en Inde ou à Manille, une ludothèque dans les Andes, une ambulance quatre roues motrices en Mauritanie, la construction de fosses septiques au Mozambique… Le choix est cornélien quand on constate qu’avec la même somme, on crée dans les pays en développement -où les besoins sont cruciaux- dix fois plus d’emplois qu’en France .

Dans l’Hexagone, AnBer s’intéresse à des projets également très éclectiques : programmes de recherche sur le cancer ou le diabète, formation d’anciens chômeurs dans un central téléphonique, organisation de séances hebdomadaires d’initiation à l’art pour 120 enfants d’écoles de quartiers défavorisés, sensibilisation à l’art sur une année au LaM (Villeneuve d’Ascq) pour 20 prisonniers… L’attribution des fonds est décidé par un conseil d’administration composé de neuf membres dont leur fille Magali Deswarte. Cette dernière reprendra-t-elle le flambeau ou sera-t-il confié à l’un des 22 petits-enfants des fondateurs ?