Grand AngleEdito n°67-Décembre 2016 et janvier 2017

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Chercheurs: Qui sont nos champions mondiaux ?


Les Hauts-de-France ne sont ni la Silicon Valley, ni Bangalore, ni même Sophia Antipolis ou Saclay. Historiquement, les ratios de richesse régionale consacrée à la recherche sont particulièrement faibles. Ils ont progressé mathématiquement avec la fusion avec la Picardie mais ne dé- passent pas 1,1% de notre PIB. On en connaît les raison : zone frontalière, ré- gion de salariat de masse durant des décen- nies, faiblesse des investissements publics dans ce secteur. Un certain rattrapage est passé par là, de gros centres se sont implantés comme l’Inria, les pôles de compétitivité sont nés, ou- vrant de nouvelles passerelles entre le monde jadis étanche des chercheurs et celui des en- treprises. Et plusieurs pôles d’excellence at- teignent désormais un niveau de reconnais- sance incontestable, d’ailleurs souligné dans les candidatures successives au projet d’Idex : le médical, autour notamment du diabète et des maladies cardio-métaboliques, la chimie verte, et le numérique.

Mais derrière les chiffres et les argumentaires institutionnels, les chercheurs sont aussi des hommes et des femmes d’exception qui contribuent, souvent dans la discrétion, au rayonnement international de notre territoire. Eco121 rend hommage dans ce numéro à ces champions de nos labos. Spécialiste des po- lymères, ouvreurs de nouvelles voies théra- peutiques contre le cancer, explorateurs de la croûte terrestre, inventeur de la greffe du vi- sage, … Les profils sont très variés et comme toute liste, la nôtre est non exhaustive et ar- bitraire, basée sur le rayonnement interna- tional et les publications. Nous n’oublions pas les centaines de chercheurs discrets qui der- rière leurs paillasses et dans des conditions souvent chiches préparent eux aussi les dé- couvertes de demain.

Focus sur nos “nobélisables” de la science régionale.

 

Les plus discrets

 

srahmanShahid Rahman
Il met la logique du dialogue au service de l’intelligence artificielle

Sa spécialité, la logique du dialogue, reste inconnue du grand public. Pourtant, les modèles développés par ce professeur de logique et d’épistémologie sont réutilisés par les labos de computabilité du King’s College de Londres ou de l’université de Konstance en Allemagne. Et bé- néficient d’un large écho dans l’univers de l’informatique et de l’intelligence artificielle. Apparue au début du XXe siècle, la logique du dialogue étudie la structure sous-jacente des disciplines recourant à l’argumentation. « La lo- gique du dialogue a été posée pour répondre à des questions précises de la philosophie des mathématiques. Dans les années 90, j’ai commencé à développer l’idée en Allemagne d’un cadre général pour traiter des constructions de logiques différentes », explique cet universitaire argentin né en Inde et formé outre-Rhin. Grâce à ces re- cherches, la discipline s’est étendue à la biologie, au droit ou même à l’économie. Une petite révolution entamée il y a 20 ans au sein de l’Institut Max Plancke et poursuivie à l’université de Nancy puis Lille 3 depuis 2002. Shahid Rahman, âgé de 60 ans, publie régulièrement à l’étranger et dirige trois collections de la revue du King’s College, deux autres de la revue Springer et une revue espagnole. Quand il n’intervient dans des conférences dans tous les pays d’Europe, il anime un réseau d’étude franco-africain
dédié à la logique et l’argumentation sur les traditions orales. A l’échelle régionale, il dirige le projet scientifique ADA (Argumenter, Décider, Agir) mené par la Maison européenne des sciences de l’homme et de la société.

 

 

edebodtEric de Bodt
Il brigue les avant-postes de la Corporate Finance

C’est l’un des chercheurs les plus en vue de la finance d’entreprise. Spécialisé dans la fusion-acquisition, Eric de Bodt, 52 ans, partage son temps entre son mandat de doyen de la Faculté de finance, banque et comptabilité (FFBC) de Lille 2 et son statut de « visiting professor » du California Institute of Technology. Ce passionné de tennis et programmeur à ses heures perdues s’y rend une semaine par mois pour contribuer aux projets de recherche de Richard Roll disciple de Eugene Fama, considéré comme le père de la finance moderne. Enseignant à Lille 2 depuis 1997, les travaux accomplis son équipe de recherche composée de 15 enseignants-chercheurs et 15 doctorants couvrent des sujets parfois inattendus : mécanisme d’apprentissage dans les fusions- acquisitions ou le narcissisme des dirigeants d’entreprise. Des connaissances qui ne sont pas directement transmises au monde économique. « Je suis dans un domaine académique. Il y a donc beaucoup d’impact sur l’enseignement », analyse le Bruxellois. Des travaux relayés à raison d’une moyenne de 10 publications annuelles dans le Journal of Banking and Finance ou le Journal of Corporate Finance pour ne citer que les revues les plus prestigieuses et bientôt sans doute dans le Journal of Finance et la Review of Financial Studies, deux autres
références.

 

 

 

Stéphane Ducasse
Il ausculte logiciels et systèmes d’information

ducasseCe Niçois de 48 ans croit en la vie éternelle des logiciels. « Notre idée de base est qu’on ne devrait pas être forcer de rebooter les ordinateurs », prêche ce diplômé en informatique de l’université de Sophia Antipolis. L’équipe RMoD qu’il dirige à l’Inria développe des solutions visant à améliorer la maintenance et les mises à jour des logiciels. D’abord par l’amélioration des langages existants, ses travaux ont d’ailleurs été appliqués aux langages PHP et Perl. Puis par la radiographie des systèmes notamment grâce au développement d’outils d’analyse, des diagnostics il propose des remèdes à leur obsolescence et des pistes d’évolution. Des prestations sur mesure destinées autant aux éditeurs de logiciel qu’aux entreprises qui ont développé en interne leur système d’information parfois vieillissant. « Un logiciel d’assurance, de banque ou de lancement de missiles a une durée de vie de 15 à 25 ans entre production et arrêt », souligne le scientifique. Dans un monde en mutation, l’exigence d’adaptation est permanente. Ses recherches trouvent une application directe dans l’économie : en 2013, Stéphane Ducasse participait à la fondation de Synectique-déjà 5 salariés- compte parmi sa clientèle Thalès ou encore Generali et Siemens. En 2008, l’équipe lançait « Pharo », un langage de programmation objet-immersif apprécié par sa facilité d’usage et utilisé au niveau mondial par 1000 programmeurs, 50 sociétés et enseigné dans 30 universités. La plateforme est constamment améliorée par 100 contributeurs. Son équipe cumule 15 publications par an dans des revues telles International Conference on Software. Stéphane Ducasse cumule à lui seul 11 000 citations à l’international. Ce botaniste amateur et grand collectionneur de plantes indique figurer parmi les 8 français les plus cités en informatique de par le monde.

 

 

 

 

pcordierPatrick Cordier
Il voyage au cœur de la terre

D’autres vivent la tête dans les étoiles. Ce Champenois de 55 ans étudie, lui, les minéraux en mouvement sous la croûte terrestre. Plus concrètement les déformations et dislocations de ces matériaux soumis à des pressions et des températures colossales. « Je pars de l’échelle microscopique pour
comprendre ces mouvements. C’est du bottom-up », explique ce Polytech Lille par ailleurs passionné de peinture moderne et contemporaine. L’équipe « physique des minéraux » qu’il dirige au sein de l’UMET ( Unité matériaux et transformations) de Lille 1 s’intéresse entre autres à la zone située à 200 kilomètres du noyau qui recèle bien des mystères pour les géophysiciens. « Elle est très énigmatique. C’est là que règne la pression la plus élevée du manteau terrestre et les sismologues l’ont identifiée comme très hétérogène », s’enthousiasme le scientifique. Rheoman, son programme de recherche lancé en 2012, se propose non seulement de simuler ses conditions en laboratoire mais de modéliser les effets du temps-décompté en centaines de millions d’années- grâce à l’outil numérique. Une méthode qui permet de prédire les propriétés de ces minéraux, leur écoulement ou leur viscosité. Des paramètres utiles aux sismologues, géophysiciens pour compléter notre compréhension du mécanisme de convection qui remue le manteau terrestre et déplace nos continents. Ses conclusions ont d’ailleurs été réutilisées par les scientifiques du California Institute of Technology (Caltech), l’Université de Munich et l’ETH de Zurich. Financé par l’European Research Council à hauteur de 2,5 M€, le projet fait l’objet de 20 publications par an dans les revues internationales comme l’American Mineralogist, Acta Material, Natural Review ou encore le Scientific Report. Patrick Cordier a par ailleurs reçu la prestigieuse médaille de DANA délivré par la Société américaine de minéralogie.

 

 

Les champions du biomédical

 

David Devos
Il invente les futurs remèdes contre Parkinson

devos« Game Changing Strategy »…C’est par ce terme à connotation marketing que ce neurologue de 45 ans entend révolutionner le traitement des maladies neuro- dégénératives. Patrick Devos anime une équipe du département de pharmacologie médicale du CHU de Lille dédiée à la neuroprotection. Depuis un an, il coordonne le projet européen Fairpark-II. Le programme mené dans le cadre de Horizon 2020 regroupe 24 centres de recherche européens pour concevoir un traitement à base de chélateur de fer. « Il s’agit de repositionner un traitement déjà existant dans le milieu du sang pour celui du cerveau », explique cet amateur de surf et de plongée sous-marine. En parallèle, le projet Dive tente, via une spin-off en cours de création à Eurasanté, de concevoir un système d’injection de dopamine dans le cerveau proche de la pompe à insuline des diabétiques. Son équipe publie tous les mois dans des revues internationales entre autres Lancet-neurology ou New England quand elle ne se déplace pas pour intervenir dans des congrès mondiaux.

 

 

 

 

Philippe Froguel
le croisé du diabète

pfroguelC’est une cause de santé publique régionale à résonance mondiale. « Nous sommes dans la région de France où il y a le plus de diabétiques. 7% de la population », remarque ce professeur d’endocrinologie, directeur depuis 20 ans de l’unité de l’Institut Pasteur dédié au diabète, à l’obésité et la génétique médicale intégrée à l’institut européen de génomique et du diabète (Egid). Sa mission est simple : comprendre les causes du diabète pour prévenir et soigner. Elle héberge la plateforme Ligan consacrée au séquençage du génome humain, à la disposition de la recherche publique comme industrielle dans l’optique de proposer des traitements sur mesure. A terme, le scientifique ambitionne de structurer une filière autour du diabète, de l’obésité et de la recherche génétique. Ce Parisien, grand amateur de théâtre et de cinéma, a d’ailleurs participé à la création de Genoscreen. Deux autres start-up, Precisgenic dédiée au cancer, et Prenistic sont en cours de création. « En France, je suis dans les 10 ou 20 personnes les plus citées dans le monde sur la recherche médicale », affirme celui que d’aucuns qualifient de nobelisable et revendique 50 publications annuelles notamment dans la revue Nature. Et 30 interventions dans des congrès européens et mondiaux. Il enseigne par ailleurs à l’Imperial College of London.

 

 

 

Natacha Prevarskaya

Elle ouvre de nouvelles voies contre le cancer de la prostate

nprevarskayaPhysico-chimiste de formation, cette Ukrainienne de 57 ans dirige le labo de physiologie cellulaire de l’Inserm basé à Lille 1. Sa spécialité : le rôle joué par les canons ioniques, protéines contenues dans les membranes des cellules, dans le développement du cancer de la prostate et du pancréas. La méthode permet une nouvelle approche thérapeuthique de ces pathologies. Autant de brevets mis à contribution par des partenariats avec des labos pharmaceutiques. Citons parmi eux Bayer, Servier,… Et la création prochaine de la start-up Onco Channel. « Il faut transférer notre savoir-faire vers les individus qui vont le développer », explique cette adepte de plongée sous-marine et de randonnées. Son unité cumule depuis son arrivée en 1998 une centaine de publications dans des revues de prestige tels Cancer Cell ou Nature Cancer Review, outre ses conférences aux quatre coins du monde par exemple à la Gordon Conference.

 

 

 

 

 

Philippe Amouyel

Il traque la maladie d’Alzheimer
pamouyelCe médecin épidémiologiste dirige depuis 1998 une unité du CHU de Lille de consacrée à l’épidémiologie moléculaire des maladies liées au vieillissement. Sa mission consiste à déterminer les facteurs de risques liés aux maladies neurodégénératives et les maladies cardiovasculaires. Son équipe de 52 personnes traque les protéines et les caractéristiques génétiques liés au développement de la maladie d’Alzheimer, aux AVC ou aux infarctus. Des découvertes brevetées avant leur application dans le monde industriel. Le labo travaille avec des entreprises pharmaceutiques et des start-up de la région. Co-fondateur de Genoscreen, il dirige le labo d’excelllence Distalz contre la maladie d’Alzheimer. « Il existe 25 régions du génome associées à la maladie d’Alzheimer et nous en avons découvert 21 », affirme ce pied-noir arrivé dans la métropole lilloise pendant ses études secondaires , et qui dirigea Pasteur Lille de 2002 à 2011. Vingt-deux de ses articles figurent dans les 1% des papiers les plus cités au niveau mondial dans la discipline biological sciences. Il publie régulièrement pour Nature Genetics, New England Journal of Medecine ou encore Lancet Neurology.

 

 

 

 

François Pattou
fpattouIl élabore de nouvelles stratégies contre le diabète
Ce chirurgien des maladies métaboliques s’est spécialisé dans les formes les plus graves du diabète. Passionné de surf, il dirige une unité de recherche translationnelle, un des trois centres intégré au laboratoire d’excellence EGID ( European Genomic Institue for Diabetes) et basée au CHU de Lille. Avec son équipe, il conçoit des traitements innovants pour traiter les formes les plus sévères de diabète. Pour ceux de type I, ils ont mis au point une technique de greffe de cellule dans les muscles plus efficace que celles jusque là pratiquées dans le foie. En partenariat avec Cousin Biotech, elle met au point une prothèse posée dans le système digestif par endoscopie. Ou encore une méthode pour augmenter et multiplier les ilôts pancréatiques. Un bon quart de projets de recherche sont menés en partenariat avec des entreprises biotech dont Cousin Biotech ou Maco Pharma. L’équipe tourne à un rythme de 25 publications par an dans des revues New England telles Nature Medicine ou encore Cell.

 

 

Bart Staëls
un chercheur engagé dans le collectif
Avec 355 publications originales à son actif, ce directeur de recherche Inserm est l’un des plus prolifiques chercheurs de notre région, avec un des meilleurs indices H (qui mesure la productivité scientifique). Docteur en pharmacologie, professeur à la fac de pharmacie de Lille 2, ses travaux ont surtout porté sur la pharmacologie moléculaire des maladies cardiovasculaires et métaboliques. Cofondateur de la biotech Genfit au côté du Pr Jean-Charles Fruchart, spécialiste de l’athérosclérose dont il fut l’élève, ce sujet belge s’en est détaché pour rejoindre Jean-François Mouney lors de la grave crise de gouvernance qui a touché l’entreprise. Cet homme discret, « peu versé dans les pince-fesse en ville », selon une de ses relations, préside aujourd’hui le conseil scientifique de Genfit. Dévoué aux causes collectives, connu pour son pragmatisme très flamand, il a notamment joué un rôle majeur dans la fondation de l’institut européen du diabète (EGID), en lien avec François Pattou et Philippe Froguel. L’entreprise ayant exigé la relecture de ce portrait, dans une conception fort curieuse de la liberté de la presse, nous n’avons bien sûr pas accepté et n’avons pu avoir de contact direct avec Monsieur Staëls ni obtenir sa photographie.

 

Bernard Devauchelle
La première greffe mondiale du visage, c’est lui
devauchelleIl y a onze ans, le professeur Bernard Devauchelle accomplissait un exploit : réaliser une greffe complète du visage sur une patiente défigurée par un chien. Une première qui a propulsé le chef chef du service de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie au CHU d’Amiens au rang de star internationale. Contrairement à la chirurgie réparatrice conventionnelle, la greffe permet une reconstruction de la face, mais aussi de rétablir des fonctions essentielles comme la mastication ou la phonation. Depuis 2005, une quarantaine d’opérations ont été réalisées dans le monde, dont une dizaine en France, notamment à Amiens. Pour améliorer encore les techniques, Bernard Devauchelle a décidé de fonder l’Institut Faire Face, le premier centre d’études et de recherche dévolu à la défiguration. D’ici 2018, 4 500 m2 de locaux, abritant un bloc opératoire de chirurgie expérimentale et une plateforme technologique en imagerie, robotique et ingénierie tissulaire, ouvriront à proximité immédiate du CHU d’Amiens.

 

 

 

Les pionniers des matériaux

 

Patricia Krawczak
Elle réinvente les composites
pkrawzakEmballages alimentaires, automobile, imprimante 3D, objets connectés…Les travaux menés par cette Geo Trouvetou des matériaux avancés et son département de recherche des Mines Douai trouvent de multiples applications industrielles. Et bénéficient d’une caisse de résonance européenne voire mondiale. Les projets sont menés en majeure partie avec des industriels pour mettre au point de nouvelles matières plastiques et depuis peu avec des matériaux issus de la biomasse. Une gymnastique intellectuelle qu’elle rapproche volontiers de sa passion pour les romans policiers ou la cuisine. « Quand on formule une matière plastique c’est un peu comme faire de la cuisine », plaisante-t-elle. Son département où travaillent 70 personnes cumule 100 publications à son actif dans des revues internationales tels le Journal of Supplied Polymere Science ou encore Composites Science and Technology. Régulièrement, elle intervient dans des conférences internationales et reçoit des visiting professors venus du monde entier.

 

 

 

 

 

Jean-Marie Tarascon
Il crée les batteries du futur
tarasconIl symbolise à lui seul le potentiel de recherche méconnu de l’Université de Picardie Jules Verne. A 63 ans, Jean- Marie Tarascon a placé la France, avec le laboratoire de réactivité et chimie des solides (LRCS), puis le Réseau sur le stockage électrochimique de l’énergie (RS2E), en pôle position dans le domaine du stockage de l’énergie et des batteries du futur. Après avoir enseigné à l’Université de Cornell (1980), puis aux laboratoires Bell et Bellcore, où il a travaillé sur les supraconducteurs à haute température et à la mise au point des batteries plastiques à ions li- thium, il rentre en France en 1994 pour prendre la tête du LRCS. Sous son impulsion, le labo se tourne vers à la mise au point d’accumulateurs « verts », conçus à partir de mo- lécules végétales. En 2011, avec le Pr Patrice Simon, il fonde le RS2E qui fédère 7 unités de
recherche CNRS/Universités, 15 industriels et trois éta- blissements publics (CEA, IFPEN et INERIS). Objectif : inventer les batteries rechargeables, supercon- densateurs et autres technologies alternatives, indispensa- bles au développement des véhicules électriques, des objets électroniques portables, sans oublier le stockage de l’électricité issue de sources renouvelables.
Pour faciliter cette porosité université-industrie, celui qui est entré au Collège de France en janvier 2014 a initié avec ses collègues du RS2E le « Hub de l’énergie ». Bâti à Amiens pour 22 M€, ce bâtiment de 5 500m2 est doté de plateformes de pré-transfert permettant les échanges entre les partenaires du réseau. 150 chercheurs y travailleront à terme.

 

 

 

Franck Dumeignil
Il prépare l’après-pétrole
dumeignilFinie l’ère de la chimie hydrocarbure ! Ce Liévinois âgé de 44 ans contribue pour une part non négligeable à l’avènement d’une chimie verte issue de la biomasse végétale. C’est l’objet de l’UCCS ( Unité de catalyse et chimie de solide) de lille1, labo qu’il dirige depuis juin 2016. Son équipe crée de nouvelles molécules par ca- talyse et dépose des brevets. Pour assurer un continuum entre les mondes acadé- mique et industriel, le labo travaille en lien étroit avec l’institut compiégnois Pivert dédié à la valorisation de la biomasse oléagineuse et l’IFMAS plus orienté vers la biomasse amidonnière. Parmi ses partenaires : Akea, Roquette, Total ou encore Adiceo. « Au début, nous travaillions plus à l’international. Notre phare éclairait plus l’océan que nos pieds », plaisante ce passionné de natation et de piano classique. Franck Dumeignil publie ses recherches dans Green Chemistry, Angewandte et enchaîne les colloques internationaux.

 

 

 

 

Et aussi…

Luc Buée dirige l’équipe « Alzheimer et Tauopathies » intégrée au Centre Inserm de Recherche Jean-Pierre Aubert sur le site du CHRU. L’équipe aborde ces problématiques en analysant le cerveau humain normal et pathologique et développe des modèles expérimentaux des Tauopathies afin d’identifier de potentielles cibles diagnostiques et thérapeutiques.

Didier Leys professeur de neurologie à Lille 2 et responsable du service neurologie de CHRU Salengro. Membre de l’académie nationale de médecine, il s’est fait
connaître pour ses travaux sur les accidents cardio-vasculaires cérébraux (AVC).

Jean-Marc Lefèvbre, physicien des matériaux et directeur de recherche au CNRS a travaillé sur les relations entre les relations entre la microstructure et le comportement mécanique de matériaux à base polymère. Il s’est impliqué dans la fondation du pôle de compétitivité Matikem.
Camille Locht dirige le centre d’infection et d’immunité de Lille. Son équipe travaille sur la pathogénèse moléculaire
d’infections respiratoires en particulier la coqueluche et la tuberculose.

Eric Monflier, dirige l’unité catalyse et chimie supramoléculaire et est vice- président de la recherche et des études doctorales de l’université d’Artois. Ses recherches ont joué un role clé dans le développement de procédés catalytiques à base de cyclodextrines respectueux de l’environnement. Il a signé 210 publications scientifiques internationales, 23 chapitres d’ouvrages scientifiques et est à l’origine de 12 brevets.

L’Imaginarium de la Plaine Images héberge depuis 2013 le pôle de recherche « Sciences et cultures du visuel » commun au CNRS à Lille 3 et Lille 1. Deux entités composent ce projet unique en France où collaborent treize labos et structures de recherche : ICAVS, un cluster interdisciplinaire, coordonné par Yann Coello prof de neuro- psychologie à Lille 3. Et IrDIVE, plateforme technologique labellisée équipement d’excellence à disposition des entreprises pilotée par Sylvie Aprile, prof d’histoire au labo IRHIS de Lille 3.

 

La recherche régionale en chiffres

1,6 Md€
Les dépenses internes de recherche investies en Hauts- de-France par les administrations et les entreprises en 2013.
Soit 3,4% du montant national.

 

1Md€
Montant des dépenses de recherches consacrées par les entreprises régionales dans leurs activités R&D en 2013. Le chiffre ne tient pas compte des projets externalisés dont les dépenses s’élevaient à 353 M€.

 

+ 46,3%
L’évolution entre 2007 et 2013 des dépenses de recherche des administrations en région. Au niveau national, la progression se chiffre +22,7%. A noter que l’enseignement supérieur représente une part de 68,8%.

 

+40,9%
L’évolution des dépenses de recherche des entreprises entre 2007 et 2013 soit 17 points au dessus de l’évolution nationale.

 

16 200
Le nombre d’Equivalent Temps Plein mobilisés en Hauts-de-France par les activités R&D. 9300 d’entre eux travaillent en entreprise. Les deux tiers d’entre eux travaillant dans des entreprises de moins de 1000 salariés. La part des chercheurs s’élève à 58%.