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Damien Castelain ouvre une nouvelle ère pour le Comité Grand Lille

Le 31 octobre 2014


Le nouveau président de Lille Métropole a manifesté une très grande communauté de pensée avec les forces vives de la métropole réunies ce matin à Entreprises & Cités pour fêter les 20 ans du Comité Grand Lille. Laissant augurer une nouvelle dynamique pour ce groupement informel présidé par Philippe Vasseur



Les trois présidents du CGL depuis 20 ans autour du président de LMCU. Une photo impensable du temps de Martine Aubry. De gauche à droite: Bruno Bonduelle, Philippe Vasseur, Damien Castelain et Jean-François Dutilleul


 

« C’est la première fois que je viens ici, mais ça ne va pas être la dernière ! Je peux vous dire que j’ai la banane et c’est un grand moment de bonheur!» Le nouveau président de Lille Métropole Damien Castelain était l’invité d’honneur de la séance du Comité Grand Lille qui fêtait ce matin ses 20 ans. Un anniversaire qui signe clairement un retour en grâce auprès de la communauté urbaine de cette structure totalement informelle du tout Lille économique, universitaire, social et politique. Après une phase très dynamique liée à la candidature de Lille aux JO, et à celle de Lille Capitale européenne de la culture en 2004 et à la double impulsion originelle de Pierre Mauroy et Bruno Bonduelle, le désintérêt de Martine Aubry pour le Comité Grand Lille avait nettement altéré la force motrice de cet Ovni sans équivalent en France, présidé aujourd’hui par Philippe Vasseur, qui a succédé à Jean-François Dutilleul. Ce qui n’a pas empêché le Comité Grand Lille de continuer à produire des projets dont une poignée a été présentée ce matin. Exemple, le carnaval des carnavals, qui associerait une dizaine de carnavals du monde dont plusieurs sont prêts à participer. « Je ne considère pas que c’est un échec, mais une réussite en gestation », a déclaré avec un sourire Alain Mahieu, porteur de l’initiative.

 

Nouvelle ère sans tabou

Le nouveau président de LMCU ouvre manifestement une nouvelle ère avec les forces vives du territoire. Thrombose routière, événement international, innovation et recherche, rayonnement, Damien Castelain a largement partagé les grandes orientations du Comité Grand Lille, non sans relever un contexte très différent d’il y a vingt ans. « Jeune vice président de LMCU, j’avais alors un excédent de 150 M€ sur le budget de l’eau », s’amuse-t-il. Aujourd’hui, il déplore un manque de 100 M€ de l’Etat dans les caisses communautaires.

Martine Aubry s’était toujours vivement opposée à l’idée d’une troisième gare TGV, portée par le Comité. Son successeur est au contraire très ouvert. « Je n’ai pas de tabou sur la troisième gare », dit-il. Pas davantage d’obstacle à la réflexion sur un possible péage urbain. « Ce n’est pas toujours très populaire, mais je veux au moins qu’on étudie. Il faut réfléchir sur les grands axes de la mobilité sans tabou », déclare-t-il, en soulignant sa relation étroite sur ce sujet avec la CCI Grand Lille et son président Philippe Hourdain. Autre axe prioritaire de l’élu communautaire ; la matière grise. « Nous devons multiplier les efforts sur l’innovation et la recherche , c’est fondamental». Et de citer le projet d’Initiative d’excellence (Idex), le label Frenchtech ou encore le projet de plateforme CEAtech que la métropole espère accueillir. « Nous devons développer autour du CETI un Euratextile et autour du MIN (marché d’intérêt national ) un Eura-alimentaire ». Très en phase avec Philippe Vasseur, il s’engage aussi fortement sur la troisième révolution industrielle. « Il faut que LMCU ne soit pas un ènième démonstrateur mais qu’elle soit un territoire de la TRI »

La réunion plénière du Comité a aussi été l’occasion d’une standing ovation des 350 participants à son fondateur Bruno Bonduelle. S’adressant à Damien Castelain dans 20 ans, l’éternel agitateur d’idées a projeté une vision d’une ville de Lille unifiée sur un grand territoire de 3 millions d’habitants.

 

 

Damien Castelain interrogé par Jean-Michel Lobry

Feuille de route

« Il faut retrouver l’esprit Bonduelle et l’esprit Mauroy », lance Philippe Vasseur, qui veut préserver les piliers fondamentaux du Comité Grand Lille mais aussi le faire évoluer. Il s’agit toujours de contribuer au rayonnement et au développement du Grand Lille, dans un cadre toujours informel, et en restant créatif. « Mais on doit évoluer ». Au menu : la gouvernance, qui doit se réinventer, la place des jeunes à renforcer, l’initiation de nouveaux projets, mais aussi un questionnement sur le périmètre du Grand Lille. « Il faut mettre fin aux raisonnements du passé du tout sauf Lille voire du tout contre Lille », lâche Philippe Vasseur qui rappelle son origine boulonnaise. L’opposant à la fusion des régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie conclut : « La grande région jusqu’aux confins de la région parisienne ne doit pas diluer le fait métropolitain ». La nouvelle impulsion très forte donnée ce matin au Comité Grand Lille laisse à penser que la réponse territoriale est déjà en gestation.

 

Olivier Ducuing