EntreprendreN° 8 - février 2011

> Tribune

De Saint Pancras à Saint Gabriel


LONDONGRAD, c'est le titre d'un livre qui relate la vie fastueuse que mène à Londres environ 300 milliardaires et multi millionnaires russes après l'incroyable hold-up commis sur les richesses industrielles et pétrolières de feue l'Union Soviétique. A lire absolument.


Ces oligarques font vivre des milliers de fiscalistes, banquiers, experts en placements off shore et font mentir l’adage en faisant profiter de tous ces biens mal acquis une foultitude de petites mains, de la femme de chambre de Mayfair à la vendeuse de chez Harrods, du jardinier du Sussex au maître d’hôtel du Savoy.


Economie résidentielle

Ecoutons les professeurs Davezies et Weltz : les territoires les plus prospères ne sont plus ceux où l’argent est gagné, mais là où il est dépensé. Le triptyque week-ends, vacances, retraite qui rythme la vie de nos sociétés occidentales a créé l’économie résidentielle. Si les étrangers à la région dépensaient chez nous pour leurs vacances ou leur retraite autant que nous en dépensons en Bretagne ou au Sud de la Loire, le Nord Pas de Calais encaisserait un milliard d’euros soit l’équivalent de 50 000 SMIC annuels. Un tel objectif serait à notre portée si nous acceptions de considérer que cette économie du 21ème siècle vaut bien celle que le 19ème nous a léguée. Le métier de barman est aussi honorable que celui de sidérurgiste ; une thalassothérapeute est aussi respectable qu’une dentellière. Autant d’emplois non délocalisables.

Comme le Languedoc-Roussillon

Sur notre Côte d’Opale, aucune station nouvelle n’a été créée depuis les frasques d’Edouard VII. Une a même disparu : Saint Gabriel. Nous disposons là d’un formidable potentiel touristique face aux énormes bassins parisien, belge, britannique. Seul un établissement public régional est en mesure de mettre en valeur ce gisement d’emplois comme l’Etat le fit avec autant de bonheur en Languedoc-Roussillon dans les années 60. Certes nous avons moins de soleil mais souffrons ni de moustiques ni de tramontane. Certes, les Parisiens ne vont pas abandonner leur merveilleuse Côte Fleurie qui de Cabourg à Honfleur offre trente kilomètres de glamour et de yearlings. Certes les oligarques continueront à étaler leurs extravagances dans les cinq étoiles de Courchevel ou les piscines du Cap Ferrat. Notre coeur de cible c’est l’immense middle class de la région parisienne et de Greater London sans oublier les Bruxellois lassés des rebuffades des Flamands de leur côte.

Aménager d’Equihem à Berck
Puisse la nouvelle CCICO comprendre que l’économie du littoral n’est pas seulement portuaire et industrielle. Quant au SMCO il a vocation avec le département du Pas de Calais à se métamorphoser en établissement public régional pour aménager les trente kilomètres qui séparent Equihem de Berck : golfs et thalasso pour la upper-middle ; center parks et piers qui avancent dans la mer et offrent machines à sous et fish and ships pour la lower middle. Pour tous, piscines couvertes à l’eau de mer ; au service de tous, des milliers d’emplois.

PS : Adieu Léon de Boulbrun ! Ayant quitté la direction de la publication, j’abandonne cet anagramme qui, paraît-il, ne trompait pas grand monde.