Territoires

Drekan veut créer le marché des éoliennes de seconde main


Le spécialiste de la maintenance des machines tournantes s'ouvre au fonds CAP3RI pour revamper les éoliennes. Il compte implanter son siège en région où il dispose déjà d'une antenne à Roubaix depuis quelques jours.


 

 

eolienne

 

Racheter des éoliennes en fin de cycle, les démonter et les remettre à neuf pour les vendre sur des marchés secondaires : c’est le pari de Drekan, petit groupe constitué depuis près de trois ans par Thibaut George, un lillois d’origine qui a roulé sa bosse et a aujourd’hui ses bases arrières en Haute-Savoie. L’entreprise s’est spécialisée dans la maintenance de moteurs industriels, des générateurs aux pompes en passant par les surpresseurs ou les alternateurs. Par croissance organique et surtout par rachats, Drekan a déjà une taille respectable de 60 salariés pour un chiffre d’affaires de 8 M€ (10,5 M€ pro forma après la dernière acquisition), et une rentabilité très enviable. Thibaut George vise une dizaine d’implantations en France d’ici la fin de l’année pour assurer une couverture territoriale efficace. Mais son gros projet est celui du reconditionnement des éoliennes, dont les machines tournantes relèvent du même savoir-faire. Beaucoup de parcs arrivent à maturité, notamment en Europe du Nord où les anciennes machines sont souvent transformées au profit de plus puissantes. Or une deuxième vie est possible pour ces éoliennes remises à neuf, puis revendues à moitié prix du neuf, considère Thibaut George : elles deviennent ainsi rentables pour des secteurs moins riches en vent, ou pour des pays à pouvoir d’achat plus faible. C’est pour doper cette activité que le fonds régional CAP3RI, dédié à la révolution industrielle, vient d’apporter 1,5 M€ en fonds propres, et qu’un second investisseur doit suivre dans les prochains jours, pour un total de 4 M€. Dekran compte investir 5,5 à 6 M€ en région pour s’installer sur un site de 2 à 3 ha en bord à canal (notamment pour acheminer par voie fluviale des éoliennes venues d’Europe du Nord). La localisation n’est pas encore dévoilée. Le permis de construire est attendu pour septembre. Thibaut George compte aussi y implanter le siège du groupe, appelé à gonfler très fortement : Il devrait passer de 22 M€ attendus en 2017 avec 150 salariés (du fait d’une acquisition attendue dans les prochains mois) à plus de 50 M€ dans les cinq ans, dont la moitié dans le seul secteur éolien. A cet horizon, Drekan devrait employer 300 personnes.

Olivier Ducuing