TerritoiresEdito n°73- Juillet et août 2017

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Duyck accélère sa reconquête


Jenlain. La brasserie familiale joue une stratégie de marque et de produits premium hors de la zone dangereuse des premiers prix.


matthieu duyck

 

Pionnière de la bière de garde, la brasserie Duyck est aujourd’hui un acteur incontournable du secteur, lui-même en pleine forme : les bières de spécialité grimpent de 15 à 20% l’an en France. Numéro 8 français, elle brasse 100 000 hectos par an (dont 65% de Jenlain ambrée, son produit phare), avec 47 salariés. Avec ses 15 M€ de ventes, elle pèse 2,5% du marché avec une présence très bien répartie sur le territoire. Mais l’entreprise, dirigée depuis trois ans par Mathieu Duyck, 36 ans (3e génération, photo) était prise dans une double contrainte : une forte exposition à la grande distribution (70% des ventes), et la multiplication des micro-brasseries. «Il s’ouvre une brasserie tous les deux jours. L’offre produits explose. On s’inscrit dedans, on doit se moderniser, et apporter notre vision avec notre tradition», analyse Mathieu Duyck. « On fait de la bière mais on vend un moment de partage ».

Côté industriel, l’outil fait l’objet d’une amélioration constante, au rythme d’1 à 1,5 M€ par an, à commencer par une salle de brassage neuve, une station d’épuration et des machines de conditionnement, pour maintenir la compétitivité. Un défi que permet une politique de long terme où les profits vont entièrement à l’investissement. «Sur toute ma vie, j’ai eu 18 euros de dividendes!», sourit le Pdg.

Côté marque, la société a lancé une cure de jouvence, avec un nouveau logo, de nouveaux designs, des visuels originaux sur les bouteilles (avec des photos), mais aussi un choix assumé de ne pas entrer dans une guerre des prix. Ce qui a entraîné la perte de la référence Leclerc (15% des volumes) l’an dernier.

Tout en comptant reprendre sa croissance en grande distribution, Duyck veut aujourd’hui accélérer en cafés-hôtels restauration, mais aussi à l’export, marginal aujourd’hui (3%) qu’elle voudrait pousser sur certains pays. L’entreprise vient de tester une série très limitée (Humeur de brasseur), soit 500 hectos seulement. Mais il s’agit de créer l’événement et de tester le marché avec une bière éphémère, quitte à en faire une bière durable demain

O.D