Ikomobi imagine la mobilité de demain
La Pme dédiée au commerce mobile connaît une ascension sans nuage. Développement d'applications sur iPad, iPhone, smartphones Android... iKomobi est portée par la montée en flèche du parc.
iKomobi (« je suis », en swahili, mobile) est un peu à part dans le monde des entreprises innovantes où dominent incubateurs et projets issus de labos de recherche. La Pme créée par Grégoire Mulliez en septembre 2009 à la ruche Ciel, sur le parc scientifique de la Haute-Borne, n’a déposé aucun brevet et ne bénéficie d’aucune subvention, bien que la R&D soit dans son ADN. Chez iKomobi, on cherche comme on respire : des ingénieurs informaticiens de tout poil voisinent avec deux docteurs issus de l’INRIA qui parlent réseaux de capteurs ou comportement utilisateur. Et pourtant Grégoire Mulliez (à gauche sur la photo) a lancé sa société avec 100 000 € de fonds propres, sans passer par les réseaux de soutien à l’innovation. » Je me suis concentré sur le commerce, mon métier, et l’activité, génératrice d’emploi et de valeur « . Pari tenu avec 450 000 euros de CA au premier exercice et une équipe passée de trois à dix fin 2010.
Ingénieur informaticien sorti d’Epita Paris, Grégoire Mulliez développe depuis la fin des années 1990. Par passion. L’Arrageois d’origine a fourbi ses premières armes dans l’hébergement Internet et l’e-mailing : après Adistar, devenu Oxygem à Roubaix, et Emailing Solution, revendu en 2007 à Experian CheethaMail, il crée iKomobi à 38 ans. L’iPad, qu’il s’est procuré avant tout le monde, lui a fait gagner le marché de La Redoute. « C’est cocasse quand on s’appelle Mulliez », s’amuse le parent éloigné des actionnaires des 3 Suisses. Il aura fallu moins de quatre semaines pour mettre au point l’application du vadiste sur iPad, le temps que la tablette arrive en France. Un coup de maître et une « exclusivité tacite » avec le leader de la mode sur Internet.
Quadrupler le chiffre d’affaires
« Ce qui nous intéresse, ce n’est pas la technologie pour la technologie, commente le dirigeant, mais d’imaginer de nouveaux modes de fonctionnement ». Johann par exemple est spécialiste des interfaces utilisateurs sur iPad. Il cherche le petit plus qui rendra l’application plus seyante, plus ergonomique et donnera envie d’agir autrement. iKomobi a d’abord gagné de belles enseignes régionales sur des « apps » iPhone ou Android – Auchandrive, Chronodrive, Nocibé, Flunch. Pour les deux filiales d’Auchan, les 8 000 références de la totalité des points de vente sont consultables sans aucun temps de chargement. Une prouesse. L’équipe développe aussi ses propres applications – pour « montrer l’état de l’art » –, en réalité augmentée par exemple. Aujourd’hui elle attaque le marché national et travaille déjà sur « de très très gros projets à plus de cent jours de développement » qui concernent des utilisations professionnelles.
L’effectif doit doubler en 2012, avec d’autres postes de développeurs et de designers. De quoi aborder l’international, et viser 1,7 M€ de CA. iKomobi ne fera cette fois pas l’impasse sur les subventions. En attendant l’envolée, la ruche lui apporte l’hébergement mais surtout l’accompagnement, « un très bon schéma pour des sociétés jeunes et innovantes comme la mienne », insiste celui qui n’a pas fini de promouvoir la « New Shopping Experience ».

