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La Région hisse le pavillon Hauts-de-France au salon de l’agriculture

Le 2 mars 2017


La nouvelle Région Hauts-de-France participe pour la première fois au salon de l'agriculture. L'occasion d'affirmer la puissance agricole du territoire, alors que le secteur s'enlise dans la crise.


 

DSC04301Allées bondées, animaux apprêtés, stands ventant les qualités et la richesse du terroir… Bienvenue à la 54ème édition du Salon International de l’Agriculture. Cette année encore, 620 000 personnes sont attendues pour admirer les animaux de la ferme et goûter aux produits traditionnels français. L’occasion pour le conseil régional des Hauts-de-France de se mettre en avant et de valoriser pour la première fois sa puissance agricole.

La réforme territoriale de 2015 a fait de la nouvelle région l’une des toutes premières puissances agricoles française, et même européenne.  L’économie agricole et agroalimentaire représente 5.6% de la richesse régionale.

 

Les petits plats dans les grands 

 

Pour valoriser ces atouts, le conseil régional et les chambres d’agriculture, ont mis les petits plats dans les grands. Le pavillon collectif, de 282 m2, a réuni 16 exposants, un restaurant, une boutique de produits du terroir, ainsi qu’un « pôle attractivité », destiné à présenter les richesses touristiques et patrimoniales du territoire. Cette année, les fromages des Hauts-de-France ont été mis à l’honneur. Des produits traditionnels du Nord qui ont connu un franc succès : même l’odeur de l’incontournable Maroilles n’a pas fait fuir les visiteurs ! Pas plus que l’impressionnante masse des chevaux Boulonnais, vainqueurs du concours général lundi.

 

Un salon sous tension

 

DSC04292)Ces événements festifs n’ont pu totalement apaiser le climat particulier, tendu, dans lequel se déroule cette édition.  Crise du porc, crise du lait, grippe aviaire, fin des quotas sucriers…Les difficultés s’accumulent pour les exploitants, dont un tiers touche désormais moins de 400 euros par mois. Présent sur le salon depuis sa création, Léon Blon, éleveur de chevaux à Maisnil (Pas-de-Calais), le confie :  « c’était moins compliqué avant« .

« Il y a énormément de charges et de contraintes« , explique t-il, ajoutant qu’il a dû développer une activité complémentaire d’élevage pour compléter son revenu. 

Un point de vue que partage également Jean-Noël Top, producteur de fromage de Bergues, dans le Nord. Il dénonce « des charges trop importantes » et « un prix de vente insuffisamment élevé« , ce qui ne lui permet pas « d’avoir un revenu confortable« . Idem pour Amélie Mouchon, une productrice de viandes et de céréales à Surques (Pas-de-Calais), qui plaide pour que des solutions alternatives soient trouvées afin que chaque producteur puisse « fixer son prix de vente« .

 

L’écologie, encore un défi

 

Autre élément de cette crise mis en avant par les exploitants : l’écologie et, depuis quelques mois, le bien être animal. Comment ces aliments sont-ils produits? dans quelles conditions ? sont-ils bio? Sur les stands, les exposants sont de plus en plus soumis à la question de la part de visiteurs, majoritairement urbains, en quête de produits sains , mais pas chers. Une injonction paradoxale de la part des consommateurs, chez qui la part des revenus consacrée à l’alimentation ne cesse de diminuer. Pour les agriculteurs, il est clair que les efforts entrepris pour faire évoluer les pratiques agricoles  doivent être poursuivis. « Il est important de développer des stratégies plus écologiques« , insiste Léon Blon, dont les chevaux Boulonnais participent au ramassage des ordures à Lille. Reste la question du coût, déterminante pour Jean-Noël Top, le producteur de légumes « Ce n’est pas par plaisir que j’utilise la voie chimique c’est par simplicité« , justifie t-il, ajoutant que cette utilisation de la chimie est aussi liée  « au manque de moyens pour embaucher du personnel ». Dans les Hauts-de-France, l’agriculture représente 2.1 millions d’ha  et 55 000 emplois. 

 

Justine Coussement