TerritoiresEco121 - n°57 - Décembre-Janvier 2016

> Développement public

L’université de Lille dégaine sa Fondation sur fond d’Idex


Lille. L'université sanctuarise une ressource inespérée tout en se donnant de nouveaux atouts pour la candidature Idex.


De g à d : Damien Castelain, Président de la Mel, Xavier Vandendriessche, président de la Fondation, et Frédéric Motte, président du Medef NPDC

De g à d : Damien Castelain, Président de la Mel, Xavier Vandendriessche, président de la Fondation, et Frédéric Motte, président du Medef NPDC

 

 

Comment conjuguer la sécurisation d’une manne providentielle qu’aurait pu s’arroger un Etat impécunieux – les précédents cuisants sont nombreux- tout en se donnant des gages supplémentaires de décrocher l’Initiative d’Excellence (Idex) ? La création d’une Fondation ! Le trésor de guerre provient de la cession de titres de Genfit dans laquelle l’Université avait investi à sa création en 1999. Elle avait revendu une première fois sa participation, avec déjà un gros bénéfice avant d’y réinvestir en 2007. La montée du cours de Genfit a donné l’opportunité de réaliser une partie de ses actions dont le produit, soit 15 M€, est fléché vers cette Fondation. « Ça ne s’est jamais vu », se félicite le président de la Fondation et de l’Université de Lille droit et santé, Xavier Vandendriessche. A terme, l’objectif est d’atteindre les 50 M€ de dotation, à la fois par la vente des titres restants de Genfit dès 2016, mais aussi par l’apport de capitaux d’entreprises. Frédéric Motte, président du Medef NPDC, est d’ailleurs désigné vice-président du nouvel outil, au côté de Damien Castelain, président de la MEL et ardent supporter de cet outil qui a vocation à jouer un effet levier et de rayonnement. Il pourra soutenir des projets de recherche, de partenariats, de coopération à l’international ou la culture et l’information scientifique. Un spectre assez large pour s’autoriser des interventions sur mesure le moment venu. Mais sous la houlette d’un conseil scientifique de haut vol dans lequel se trouveront par exemple les directeurs nationaux de l’Inserm, le CNRS ou l’Inria. Les premières décisions n’arriveront que dans plusieurs mois car le mode de fonctionnement de la Fondation est basé sur la seule utilisation de ses produits financiers, soit au départ quelque 500 K€ par an, 1,5 M€ à terme. En attendant, la Fondation a une première utilité majeure: elle marque les ambitions de l’Université mais aussi l’engagement du monde de l’entreprise derrière elle. Un argument martelé – y compris à travers une soirée partenariale le 12 novembre à la Plaine Images – en direction du jury international qui doit trancher fin janvier les heureux élus à la candidature IDEX.

O.D.