TerritoiresEco 121- n°59- Mars 2016

> Entreprises

Meubles Demeyère s’apprête à ouvrir son capital


Pérenchies. Le groupe familial vise un fort rebond. En parallèle, le départ d'un minoritaire devrait se traduire par l'ouverture prochaine du capital.


Meubles DemeyereAprès les turbulences des dernières années, le ciel s’éclaircit très nettement pour Demeyère. Le champion du meuble en kit a mené discrètement depuis trois ans une véritable mutation pour rendre agile un mastodonte qui produit quotidiennement 600 à 800 tonnes de meubles. Objectif de Frédéric Demeyère, le PDG : accélérer le renouvellement des collections, coller toujours plus aux tendances, et réduire la taille des séries, grâce à une chaîne logistique toujours plus huilée, notamment avec sa nouvelle plateforme de 45 000 m2 de Linselles. Le marché du « meuble meublant » en France est en légère hausse de 0,4% après trois années de recul, lié à la chute de l’immobilier. Demeyère a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires stable (170 M€ dont 35% à l’export), mais en nette progression sur les derniers mois (+13% au premier trimestre), bien au-dessus du marché. « L’objectif est d’atteindre 200 à 220 M€ de chiffre d’affaires dans les cinq ans », avance le dirigeant, qui table surtout sur les développements à l’export.

 

De quoi atteindre 2% de parts d’un marché européen estimé à 11 Mds €. « Il est tout à fait possible d’être un industriel de l’ameublement en France en 2016 et pour longtemps », juge Frédéric Demeyère, qui s’appuie sur le concept du « fast furniture », l’équivalent du « fast fashion » de Zara, pour dynamiser l’offre et l’activité. L’effectif du groupe a déjà repris le chemin de la croissance avec 1000 salariés en France (dont 800 CDI, le reste en CDD et intérim), auxquels s’ajoutent 150 salariés au Vietnam. Demeyère y dispose d’une usine d’accessoires appelée d’ailleurs à doubler cette année.

 

L’ETI centenaire devrait aussi connaître une évolution capitalistique inédite avec l’arrivée prochaine d’un nouvel acteur au tour de table, en remplacement de l’ancien Pdg Bernard Demeyère qui a fait savoir son souhait de céder ses parts. L’occasion pour le groupe nordiste de recourir à une solution externe apportant aussi un intérêt économique et des synergies plutôt qu’un rachat familial.

O.D.