EntreprendreN° 8 - février 2011

> Tribune

Premier emploi : une génération Y mo-ti-vée !


On reproche souvent à la fameuse génération Y un manque d'investissement et d'intérêt pour le travail. Mais quand on interroge ces jeunes sur leur intégration dans l'entreprise*, bien des idées reçues tombent. Les trajectoires de jeunes les plus divers révèlent au contraire la soif de travailler, l'engagement, la curiosité et la pro-activité pour " y arriver ".


Quant à la manière dont  ils s’intègrent dans l’entreprise et quelle que soit la qualification, tous ces jeunes ne manquent pas de diplomatie et de stratégies variées pour se faire reconnaitre rapidement comme élément fiable au sein de l’organisation d’accueil. Reste la question de la fidélisation, mais dans au moins un cas sur deux, le déficit de «  loyauté  » est plus du fait de l’employeur !

«  Pour s’épanouir, le travail, c’est important  ». Cette conviction rassemble tous les interviewés qui n’ont de cesse d’oeuvrer pour trouver les parcours qui correspondent à leurs aspirations profondes et surtout «  ne pas subir [leur] vie académique ou professionnelle  ». Ils ont cette envie très précoce de «  réaliser leurs rêves  » dans et à travers leur travail, un modèle (ou contre-modèle) issu de l’expérience professionnelle parentale.

Rappelons aussi à quel point les premières expériences de travail sont importantes, gravées dans la mémoire et donc fondatrices d’une représentation durable de ce que ces jeunes s’attendent à expérimenter ensuite1. L’entrée dans le monde du travail, accompagnée de manière plus ou moins adéquate par une personne significative (le manager) est une étape qui conditionne la manière dont la suite de la carrière va être envisagée et bien souvent vécue (positive/constructive ou non). Si l’expérience n’est pas positive, il est important que des lieux ou des temps de prise de recul existent pour ne pas laisser s’installer des croyances négatives qui peuvent s’auto-renforcer dans la tête de celui qui démarre dans la vie professionnelle. Il est nécessaire que les entreprises forment tout particulièrement les managers responsables de ces jeunes à ces dimensions, il ne faudra pas s’étonner sinon que le divorce soit au bout du chemin. Aujourd’hui l’accompagnement des nouveaux entrants est largement sous estimé quand il n’est pas complètement ignoré. A bon entendeur !

* » Premier emploi : quand les jeunes racontent  » (Ed. Autrement, 2010), par Anne Dhoquois