EntreprendreEdito n°73- Juillet et août 2017

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Club Experts : Savoir motiver ses salariés


Eco121 et la Caisse d'Epargne Hauts-de-France organi- saient le 6 juin leur premier club Experts en Picardie. Au menu, la motivation des salariés. Un sujet crucial et des réponses très variées depuis la «positive attitude» jusqu'à la mise en place d'outils financiers. Autour de la table : Karen Charbonnel, directrice commerciale chez Natixis Interépargne, Christophe Laire, dirigeant de la start-up Ugloo, et Gaëlle Pascaud, directrice du cabinet RH AU Conseil.


 

 

 

 

de g à d : Christophe Faire (Ugloo), Gaëlle Pascaud (AU Conseil), Karen VCharbonnel (Natixis Interpeargne), Sébastien Gullini (Caisse d'Epargne Hauts de France), Olivier Ducuing (Eco121)

de g à d : Christophe Laire (Ugloo), Gaëlle Pascaud (AU Conseil), Karen Charbonnel (Natixis Interépargne), Sébastien Gulluni (Caisse d’Epargne Hauts de France), Olivier Ducuing (Eco121)

Fédérer autour d’un projet, faire partager, c’est la base de tout management”. Gaëlle Pascaud, dirigeante du cabinet AU Conseil, souligne combien la clé de la motivation des salariés passe d’abord par une vision partagée. Mais une bonne alchimie exige bien d’autres ingrédients : la reconnaissance du salarié, son écoute, la connaissance de son objectif individuel : sécurité au travail, challenge, primes… Chacun est différent. « La motivation, c’est aussi faire attention à la démotivation », pointe aussi Gaëlle Pascaud : attention aux jalousies, aux injustices perçues. «Un bon manager doit travailler sur l’équité». L’ambiance de travail est primordiale. Les journées Off, les restaurants permettent de créer du lien, des solidarités, qui peuvent s’avérer essentiels pour traverser les phases de tension. Le confort du travail aussi joue un rôle souvent minoré : un ordinateur qui rame, un bureau mal organisé, un cadre austère peuvent peser, tout comme une attitude fermée. La bonne humeur, la «positive attitude» sont déterminantes. «Il faut être positif, c’est communicatif, sécurisant, rassurant, c’est moteur, cela montre la confiance dans l’avenir».

La positive attitude, chez Ugloo, on ne se pose même pas la question, c’est dans l’ADN de cette jeune start- up amiénoise née il y a deux ans, dans la sauvegarde de données sans data center. La société emploie déjà 22 personnes, vise les 30 dans moins d’un an, et vient de lever 1,25 M€. Une trajectoire impressionnante où la gestion des hommes – les attirer et les conserver- est stratégique. «Notre sujet est intéressant d’un point de vue technique, car disruptif. Les gens qui entrent chez nous sont des passionnés», explique Christophe Laire, l’un des trois co-fondateurs. Le niveau de rémunération dans l’entreprise est même plutôt en-dessous du marché. Mais les salariés partagent une vision à long terme. Ils savent pouvoir évoluer très rapidement. Néanmoins, Ugloo propose déjà un treizième mois, a intéressé l’intégr lité de ses salariés et pas seulement le top management, à sa levée de fonds en réservant un belle partie du capital.

 

Gaëlle Pascaud, dirigeante du cabinet AU Conseil. "Fédérer autour d'un projet, faire partager, c'est la base de tout management"

Gaëlle Pascaud,
dirigeante du cabinet AU Conseil. « Fédérer autour d’un projet, faire partager, c’est la base de tout management »

 

Epargne salariale

L’épargne salariale est un des outils financiers en plein développement pour nourrir la motivation des collaborateurs. Plus de 300 000 entreprises françaises ont mis en place au moins un dispositif d’épargne salariale. 11 millions de personnes ont ainsi constitué une épargne (soit près de la moitié des actifs en France), ce qui représente plus de 122 Mds€ (1). Et le mouve- ment se développe car ces dispositifs bénéficient de nombreux avantages. Etendu au dirigeant des entreprises de 1 à 250 salariés, le dispositif né en 1959 permet d’épargner des sommes déductibles du bénéfice imposable, exonérées de charges sociales (2) et d’impôt sur le revenu. « C’est un dispositif gagnant-gagnant, souple et sécurisé juridiquement et fiscale- ment », insiste Karen Charbonnel, directrice commerciale de Natixis Interépargne, ce qui explique son succès. Dans le détail, deux outils principaux se présentent : le Plan d’épargne (Interentreprises – PEI, ou d’Entreprise – PEE), et le Plan d’Epargne Retraite Collectif (Inter- entreprises – PercoI, ou d’Entreprise – PERCO). Dans les PEI/ PEE, l’épargne est investie pour cinq ans. Les PercoI/ PERCO permettent aux salariés et aux diri- geants d’épargner jusqu’à leur retraite. «Cela permet d’attirer et de fidéliser vos salariés. Chacun peut ainsi épargner, en fonction de son besoin à horizon cinq ans ou plus (étude des enfants, voiture, épargne de précaution…), pour sa retraite, ou pour les deux s’il a la capacité d’épargne suffisante», commente Karen Charbonnel.

Karen Charbonnel, directrice commerciale de Natixis Interépargne. "C'est un dispositif gagnant-gagnant, souple, sécurisé juridiquement et fiscalement "

Karen Charbonnel,
directrice commerciale de Natixis Interépargne.
« C’est un dispositif
gagnant-gagnant, souple, sécurisé juridiquement
et fiscalement « 

Intérêt supplémentaire : le législateur a prévu plusieurs cas de retrait sans aucune pénalité, avant le terme normal. Mariage, divorce, troisième enfant, acquisition de la résidence principale sont notamment des occasions de puiser librement dans votre épargne avant l’échéance.

Quels montants peuvent être fléchés sur ces outils ? Pour le plan d’épargne, l’entreprise peut verser jusqu’à 3000 € par épargnant et par an. Sur le plan retraite, ce montant est porté à 6000 €. Et si l’on ajoute l’intéressement, qui
peut monter jusqu’à 19 000 €, l’entreprise peut apporter jusqu’à un total de presque 30 K€ par épargnant et par an en exonération fiscale et sociale (2). « C’est donc un très beau complément de rémunération ! ».
L’outil est en outre ajustable annuellement, et l’on peut donc réviser les versements à la hausse comme à la baisse car la situation économique des entreprises peut évoluer.

 

Comment faciliter la constitution de l’épargne sur ces plans ?
Solution 1 : l’intéressement, un outil de motivation collective

Le principe est simple et vertueux : l’entreprise fixe un objectif financier et/ou qualitatif à atteindre (par ex, un montant de résultat d’exploitation ou de diminution des retards de livraison de commandes).
Si l’objectif est atteint, l’intéressement sera versé, s’il ne l’est pas, il n’y a pas de versement. «Un bon accord d’intéressement doit donc s’autofinancer !».

Solution 2 : la transformation des jours de congés payés
Le législateur a ouvert une possibilité intéressante pour augmenter sans effort financier particulier le montant de sa retraite : le PERCO peut être alimenté par la monétisation des jours de congés qui n’ont pu être pris. Une opération par laquelle les jours de congés perdent leur nature initiale (soumis aux charges sociales et à l’IR) pour devenir de l’épargne salariale, donc exonérée d’impôt sur le revenu et de certaines charges sociales(3). La motivation des salariés passe aussi par la qualité de vie au travail et le bien-être. Un enjeu qui peut aussi trouver une réponse à travers les titres de service. Le cadeau chèque représente un complément de rémunération à travers un pouvoir d’achat immédiat lié à un évènement (Noël, fête des mères, fête des pères, mariage, naissance…). De quoi payer l’acquisition de matériel de sport, un coffret de massage, des vêtements… Les titres restaurant permettent de financer une partie des repas des bénéficiaires et les CESU (Chèque emploi service universel) des services à la personne comme le jardinage, le bricolage, la garde d’enfants…. Ces titres sont aussi dématérialisés, avec un avantage : la possibilité de payer au centime près les achats et prestations de service souhaités. De plus, les montants financés par l’entreprise sont déductibles du bénéfice imposable et exonérés de charges sociales dans certaines limites. Les besoins que les titres permettent de satisfaire sont ainsi très variés.