Troisième Révolution IndustrielleEdito n°73- Juillet et août 2017

SDMG se réinvente dans la dynamique rev3


Installée dans un nouveau bâtiment à Linselles, la Société De Mécanique Générale s'engage dans une démarche de conversion à l'industrie du futur et à l'économie circulaire.


SDMGBeaucoup assimilent encore la dynamique rev3 à des projets régionaux d’envergure. Pourtant elle regroupe aussi des initiatives menées par des PME particulièrement volontaires. Celle engagée par la Société De Mécanique Générale (SDMG) pourrait bien servir de modèle. Cette jeune entreprise de 10 salariés pour 800 K€ de chiffre d’affaires conçoit et fabrique des pièces mécaniques pour une clientèle industrielle. Installée depuis un an dans un nouveau bâtiment à Linselles, la direction a décidé de repenser son fonctionnement selon les principes de l’économie circulaire. Comme le souligne Vanessa Laporte gérante de la société, «Nous sommes concernés par rev3 et nous voulons montrer que même une « petite entreprise » peut avoir tout d’une grande dans ses réflexions sur ce nou- veau mode de fonctionnement qu’est l’économie circulaire ». A l’appui de sa démarche, elle a bénéficié du programme «Déploiement de l’économie circulaire en entreprise» proposé par la CCI de Région Hauts-de-France avec le concours du Conseil Régional. Une méthode de renouvellement de « sa stratégie, son process et de son produit pour la rendre plus responsable », précisent Michaël Verdier et Tanguy Ledoux, chefs de projet rev3.

La chambre consulaire et SDMG viennent d’arrêter un programme de 14 actions pour adapter son atelier. «Elles vont de l’éco-conception à la gestion des déchets et de l’eau. Nous avons aussi travaillé sur la structure de l’entreprise, l’économie de la fonctionnalité et des nouveaux produits», poursuit Michaël Verdier. Pour leur mise en œuvre, la CCI de Région se chargera d’accompagner le projet dans ces différents développements.

Industrie du Futur
La démarche impactera en premier lieu le parc machine. Pour la fabrication de pièces en petites séries, l’atelier accueillera ainsi rapidement une imprimante 3D. Une technologie encore peu répandue dans le monde industriel et qui permet de répondre à prix compétitif à des commandes de petites séries. « Le programme prévoit l’achat de cinq machines et d’un robot qui leur ap- portera la matière première. Il se charge de la partie lassante du travail. Et cela concentre la matière grise sur des missions plus « valorisantes »» explique Michael Verdier. Pour ces achats, SDMG recourra à l’ingénierie technique du pôle Mecanov’, via le programme Industrie du Futur. D’autres projets modifieront bientôt la configuration du bâtiment : pose de panneaux solaires pour développer son autonomie énergétique, solutions d’isolation optimisée pour améliorer ses performances thermiques ou encore installation d’une centrale de chauffage biomasse alimentée par les déchets de bois des entreprises de la zone d’activité. « Le but est vraiment de changer le rapport de l’entreprise avec les matières premières et l’énergie », souligne le chef de projet. Mais aussi un récupérateur d’eaux de pluie réinjectées dans le processus de fabrication et l’entretien du bâtiment. Pour favoriser la biodiversité, un système d’épuration phytosanitaire traitera les eaux grises de l’entreprise. Autant d’initiatives qui trouveront leur traduction économique pour l’entreprise dans son projet global comme évoqué par Vanessa Laporte : « Nous espérons pouvoir développer cette image de marque auprès de nos clients, être précurseurs sur ce nouveau modèle et montrer l’exemple qu’en tant que PME nous avons une grande ouverture sur le monde d’aujourd’hui et de demain»
E.V.