Grand AngleEco 121- n°59- Mars 2016

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Sébastian Sdez: “Le public reste extrêmement peu ouvert à l’entreprenariat privé ”


Le président de Sdez a accepté de répondre aux questions d'Eco 121 et de nous faire découvrir le site de production de Bondues.


Sébastian SdezPourquoi installez-vous un nouveau site à Annecy ?

Il s’agit plutôt d’une réinstallation. C’est une acquisition réalisée fin 2010 répartie sur deux usines que l’on nous louait. Nous avons eu rapidement le dessein de tout réunir dans une grosse usine nous appartenant. Nous quitterons les bailleurs en mai pour intégrer un nouveau bâtiment que nous construisons dans l’une des zones industrielles d’Annecy sur une surface de 3500 m2 au sol. Cela sortira de terre dans deux ou trois mois et nous permettra d’accéder au marché lyonnais où nous allions peu. Notamment sur la santé. La nouvelle usine sera configurée pour garantir la qualité bactériologique du linge.

 

 

Votre activité est-elle impactée par la contraction de la dépense publique ?

Nous avons une activité de distribution de mobilier contemporain B2B et B2C où le tiers du CA était réalisé il y a trois ans avec les établissements publics. Cette part est tombée à 5%. On ne peut pas dire la même chose de notre activité linge où les clients publics ont réduit leur budget d’équipement mais pas leur budget de fonctionnement. On peut difficilement imaginer un établissement public hospitalier ou un EHPAD se dispenser de fournir des draps et des blouses. Mais le public reste extrêmement peu ouvert à l’entreprenariat privé. Et dans énormément de cas, nous nous retrouvons confrontés à la concurrence interne d’établissements publics dont les buanderies intégrées traitent le linge de leur établissement voire même sous-traitent pour d’autres établissements publics. Ce sont souvent des hôpitaux qui construisent des blanchisseries surdimensionnées et coûteuses.

 

 

Quel rôle le statut d’ETI familiale vous confère vis à vis de vos clients ?

Ce caractère nous confère deux avantages. Premièrement, nous avons nous même une clientèle fortement typée ETI familiale. Il y a donc un effet miroir et une espèce de parenté dans les relations commerciales. Deuxièmement, vis à vis des grands groupes, l’entreprise est perçue à la fois comme pérenne sur le plan de son management et impliquée dans la satisfaction client. Le lien direct qui se crée permet d’être rapidement opérationnel en cas de besoin. C’est une position plutôt agréable pour nous. Nous sommes la seule ETI familiale de notre marché. Du point de vue de notre taille, nous sommes précédés par des groupes souvent filiales de fonds d’investissement et suivis par des PME qui ont un rayonnement très local. Nous avons donc une position singulière qui renforce la possibilité de valoriser ce statut. Par ailleurs, nous n’avons jamais distribué plus de 10% des résultats annuels et donc une situation financière qui garantit la pérennité de l’entreprise.

 

 

Aujourd’hui, quels sont les facteurs qui freinent la croissance de SDEZ ?

Il y a d’abord l’absence de croissance nationale. Nous sommes sur un marché stagnant depuis 3 ou 4 ans. Plus précisément, il est légèrement croissant en volume mais légèrement décroissant en prix. Un second facteur non négligeable est celui de notre position géographique. Nous sommes incapables de répondre aux marchés nationaux émis dans deux segments de nos activités à savoir la santé et l’industrie grands comptes. Seulement à ceux couverts par notre zone de chalandise. La santé privée est un secteur tendu sur le plan financier qui se traduit par des groupements d’établissements comme la Générale de santé et Ramsay.

 

 

Recueilli par Etienne Vergne