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Seine Nord : les acteurs des Hauts-de-France se mobilisent contre un possible report

Le 7 juillet 2017


Les acteurs économiques, collectivités et élus locaux sont vent debout contre toute pause à ce projet structurant enfin bouclé financièrement depuis fin 2016 et que l'ancien président qualifiait d'irréversible.


canalseine

 

 

 

Le projet de canal Seine Nord est désormais « irréversible » disait il y a quelques semaines Rémi Pauvros, tout comme le nouveau ministre de l’action publique Gérald Darmanin, après le président Hollande lui-même. Depuis des mois – tout particulièrement depuis la signature en novembre du protocole de financement de projet à 4,5 mds€, et la constitution de la société de projet, le canal semblait  enfin sur les rails. Aujourd’hui, plus personne n’est aussi sûr de l’aboutissement du dossier. Il aura fallu des déclarations un peu floues de la nouvelle ministre des transports à l’assemblée, puis des propos plus précis de Nicolas Hulot évoquant la pause du canal Seine Nord pour mettre le feu aux poudres. Patrick Kanner fut le premier à réagir, évoquant le fait que « l’abandon du canal Seine Nord Europe par le gouvernement serait une agression sans précédent contre les intérêts des Hauts de France. »

Philippe Vasseur, commissaire à la réindustrialisation de la région, est plus modéré dans le ton mais souligne que les crédits européens seraient perdus sans confirmation des engagements de l’Etat. « Rappelons tous les engagements pris pour Seine-Nord. Reculer serait un bien mauvais signal», déclare-t-il.

Son successeur à la CCI de Région Philippe Hourdain juge quant à lui qu’il serait « insupportable pour notre région de voir ce projet retardé alors qu’il s’inscrit pleinement dans les ambitions de la transition écologique et qu’il porte l’espoir d’un développement économique renouvelé ». Le député européen PS Gilles Pargneaux déplore quant à lui « qu’après plusieurs années de négociation ayant abouti à la signature d’un protocole d’accord entre les collectivités locales, l’Etat et l’Union Européenne, le gouvernement prenne le risque d’entamer la crédibilité de la France vis-à-vis de l’Europe. »

Du côté de la Fédération des travaux publics, « reporter ce projet, c’est reporter l’avenir de la région », juge son président régional Bernard Duhamel. La pause sur les nouveaux chantiers décrétée par Elisabeth Borne, nouvelle ministre des transports, « a plongé la profession dans la stupeur », indique la Fédération, qui rappelle son poids économique (620 entreprises, 26 000 salariés).

 

Les Transporteurs Fluviaux Fluviaux de France (TFF) s’émeuvent de la même manière de l’annonce éventuelle du report du projet canal Seine-Nord Europe, qui « constituerait un signal négatif en termes d’écologie des transports et d’intermodalité. Par ailleurs, cette pause pourrait remettre en cause la confiance des filières industrielles et agricoles accordée au secteur du transport fluvial et conduire à leur désengagement. »

 

L’association Seine Nord Europe rappelle quant à elle que le canal est l’un des grands projets prioritaires de l’Union européenne, et d’ailleurs financé à 40% par Bruxelles.  A terme, il doublera à lui seul les capacités de transport fluvial françaises.  Elle relève que la contribution de l’Etat ne représente que 21% du total dont une contribution en 2017 et 2018 de quelques dizaines de millions,  « très faible au regard des économies à réaliser pour maintenir le déficit public en-deçà de 3 % du PIB. Tandis que la destruction des milliers d’emplois attendus à court terme sur les territoires concernés pèsera lourdement sur la facture sociale de l’Etat, si ce projet est retardé. » L’association en appelle à ce que le Conseil de surveillance de la Société du canal Seine-Nord Europe se réunisse dans les plus brefs délais afin d’examiner la situation et que le Comité stratégique de cette Société, qui associe plus largement les acteurs institutionnels, soit rapidement mis en place.

 » Dans une région lourdement touchée par le chômage et la précarisation, il ne nous est pas possible d’imaginer l’abandon du Canal Seine-Nord Europe, » assène quant à lui le conseil départemental du Pas-de-Calais dans une résolution votée à l’unanimité. 

Nul doute en tout cas que le dossier n’a pas fini d’enflammer les relations entre les Hauts-de-France et le nouvel exécutif du pays si la suspension de son plus gros projet structurant devait se confirmer. 

OD