Tioxide pérennisée par un investissement stratégique
Calais. Le groupe américain Huntsman a entériné un plan de 30 M€ pour construire une usine d'engrais par le traitement des effluents acides.
Enfin une bonne nouvelle à Calais! Après la descente aux enfers de Seafrance, la spirale inquiétante de la dentelle ou les résultats en demi-teinte du port, Calais sauve son usine Tioxide. Le groupe Huntsman, auquel l’unité de production d’oxyde de titane appartient, a annoncé un investissement majeur de 30 millions d’euros dans la création d’une nouvelle usine d’engrais sur le site. Le projet se réalisera à effectifs constants, mais le signal pour l’emploi est fort pour le territoire comme pour les salariés de l’usine et ses sous-traitants.
Après neuf années de pertes récurrentes, parfois considérables – jusqu’à 12% du chiffre d’affaires ! -, mais aussi après un vaste plan de restructuration de Huntsman en Europe en 2008 (plus de 1000 emplois supprimés), et des périodes inquiétantes de chômage partiel, l’usine de pigments pour colorants est sauvegardée. Explication ? L’unité va modifier son process de traitement des effluents acides (soit un volume de 1200 m3) : au lieu d’un système énergivore d’évaporation et de recyclage des acides, Tioxide va réaliser une usine d’engrais. L’adjonction de magnésie aux effluents va en effet produire du sulfate de magnésium, un type d’engrais valorisable. Le dispositif sera d’autant plus pertinent que le prix de l’énergie est élevé.
Le projet vise à traiter dans un premier temps la moitié des effluents, mais l’usine pourrait être rapidement doublée, selon Marc Bonnaillie, responsable du département administratif de Tioxide. Sous réserve des autorisations (permis de construire, enquête publique, arrêté préfectoral), les travaux pourraient débuter en juin prochain et l’usine serait opérationnelle fin 2012 ou début 2013. Tioxide-Calais emploie 268 salariés pour un CA de 180 M€, qui devrait être enfin équilibré cette année.

