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Xavier Bertrand à Bruno Bonduelle « Abandon du RER ? Certainement pas ! »


Où le Président du conseil régional Hauts-de-France défend une logique de picardisation et de belgisation d'un RER Grand Lille qui aura besoin de l'appui financier de l'Etat


Le 10 juillet 2017

Xavier bertrand

 

 

Cher Bruno,

Je ne sais si ce billet vous rassurera, mais il me permet de préciser les choses concernant le RER Grand Lille. Il n’est pas question de l’abandonner. Je l’ai dit, je l’ai répété, je le fais encore ici.

Cette grande idée, n’est pas seulement celle de la métropolisation du Bassin Minier en créant le Grand Lille, c’est avant tout en cohérence avec la nouvelle grande Région Hauts-de-France.

Ma chère Picardie, comme vous l’appelez, n’a pas l’intention de basculer dans l’orbite du Grand Paris. Si vous voulez renforcer l’idée de la cohérence régionale, il est essentiel que le projet de RER Grand Lille prenne en compte cette absolue nécessité de la « picardisation », mais aussi de la « belgisation ».

C’est pourquoi, ce tracé doit tenir compte du raccordement à la Picardie. Vous connaissez aussi les enjeux de la thrombose routière de la métropole lilloise. La mise en place d’une nouvelle gare avec d’immenses parkings de qualité, surveillés, pour développer le covoiturage, permettrait de faire de ce nouveau noeud route – rails une des solutions à cet engorgement urbain qui pénalise tant les habitants de la Région.

Par ailleurs, vous conviendrez que le développement de Lesquin auquel je crois tant doit pouvoir bénéficier des perspectives de ce RER Grand Lille.

Abandon, certainement pas, c’est la raison pour laquelle la Région engagera prochainement des études d’un coût important. Mais, je veux aussi vous dire que ce coût faramineux ne sera pas financé par la seule plus-value des terrains générés par lesdites gares et qu’il nous faudra également une vraie solidarité nationale et européenne.

Au moment où l’Etat a dégagé des moyens considérables pour le Grand Paris, je n’imagine pas que notre grande Région soit oubliée par les gouvernements.

Alors, pour prolonger votre référence à Talleyrand, permettez-moi de finir par ses propos du Congrès de Vienne, « si cela va sans dire, cela ira encore mieux en le disant ».

Xavier Bertrand