4 scénarios vers la neutralité carbone

Toujours dans sa volonté d’éclairer le futur pour nous aider à faire les choix nécessaires aujourd’hui, l’ADEME a publié fin 2021 quatre scénarios pour atteindre la neutralité carbone en France. Comment atteindre le zéro carbone en 2050 ? L'ADEME a planché sur différentes hypothèses pour parvenir à cet objectif ambitieux, désormais entré dans le langage commun. Un travail précieux pour mesurer l'impact des évolutions technologiques, des comportements et de l'action collective, présents dans tous les cas, sous-tendus par une planification claire associant Etat, territoires, acteurs économiques et bien sûr citoyens. Point clé de la neutralité carbone : elle passe d'abord par la réduction de la demande en énergie qui, suivant les scénarios de sobriété et d'efficacité, s'étagerait entre - 23% et - 55%. L'apport des énergies renouvelables va dans tous les cas s'accroître fortement, pour alimenter 70% de l'approvisionne- ment énergétique à l'horizon 2050. Et un autre invariant de ces scénarios est l'engagement très puissant de l'industrie pour dé- carboner sa production à travers de lourds investissements de transformation.

Premier scénario, la « génération frugale » : dans les modes de vie, la consommation de viande est divisée par 3, le bio représente 70% de l'alimentation, l'habitat est rénové massivement et rapidement tandis que la construction neuve est fortement limitée. Les trajets sont réduits de moitié. Côté industrie, le recyclage prend une part prépondérante (70%) pour l'acier, l'alu, le verre, le papier-carton et les plastiques.

Le second scénario, baptisé « coopérations territoriales » voit se développer l'économie du partage, le bio représente 50% de l'alimentation, la taille des logements est adaptée à celle des ménages. Les investissements d'ENR et d'efficacité énergétique sont massifs, avec une fiscalité environnementale adaptée et une bonne coopération européenne et territoriale.

Dans le troisième scénario, les « technologies vertes », les nouvelles technologies l'emportent sur la sobriété, et les data centers consomment même dix fois plus qu'en 2020. Le bio ne pèse que 30% de l'alimentation, les mobilités sont très accompagnées par l'Etat, avec une poussée des trajets par personne de 13%.

La quatrième voie, dite de « pari réparateur », est fondée sur le maintien des modes de consommation de masse : quasi maintien de la consommation de viande, des constructions neuves, forte augmentation des mobilités, mais aussi de la consommation des data centers (x 15). Dans cette hypothèse, la neutralité carbone passe par une planification centralisée du système énergétique et le captage et le stockage géologique du CO2. On relèvera que cette vision globale de la société en 2050 est complétée de plans de transition sectoriels (PTS) que l'ADEME a commencé à élaborer en co-construction avec plusieurs secteurs (ciment, acier, aluminium, chimie notamment). Ce travail va être mobilisé dans plusieurs régions, et notamment en Hauts-de-France, où ces quatre scénarios constituent la trame de réflexion d’une prospective en cours sur les sols et l’emploi. Il s’agira notamment de « faire atterrir » les scénarios nationaux dans le contexte régional. Comme pour ses travaux sur le système énergétique régional ou sur l’économie circulaire conduits précédemment par la Direction Régionale de l’ADEME, cette réflexion n’est pas un travail en chambre mais un exercice conduit avec les décideurs et acteurs économiques et publics du territoire. Résultat fin 2022 pour appréhender toutes les implications spatiales et locales de ces visions

Pour découvrir l'intégralité de cette vision de la société en 2050, rendez-vous sur www.transitions2050.ademe.fr

 

Pour en savoir plus sur les aides de l’ADEME https://agirpourlatransition.ademe.fr

 

 

Tags: