Ascoval : Vers un plan sans Vallourec ?

Une réunion le 31 octobre à Bercy en présence de Bruno Le Maire, ministre de l'économie, a validé le caractère "solide et viable" du projet de reprise d'Ascoval par Altifort. Deux conditions : trouver rapidement des débouchés commerciaux et assurer le financement. Le gouvernement donne quatre semaines de plus pour trouver une solution. Dans une interview à La Voix du Nord ce jour, le président de la République se veut optimiste sur le dossier. 

Ascoval peut-elle repartir sans l'aide de Vallourec après janvier 2019, en trouvant de nouveaux débouchés commerciaux ? Ce projet est désormais sur la table, toujours autour du seul candidat à la reprise, Altifort. Une réunion très importante s'est tenue le 31 octobre à Bercy, au terme de laquelle Bruno Le Maire a jugé, sur examen du rapport du cabinet indépendant Roland Berger, que le projet Altifort était « solide et viable ».  « Nous allons jouer cette chance en nous donnant jusqu'à début décembre pour régler les sujets qui sont sur la table » a indiqué le ministre évoquant les deux points clés de réussite à savoir la garantie de commandes et le financement de l'entreprise. L'autre condition, la reprise du travail par les salariés, a été immédiatement actée par le personnel en assemblée générale. L'aciérie reprend en principe son activité ce lundi. 

 

 

Course contre la montre

 

Pendant ce temps, les acteurs ne chôment pas car tous ont conscience d'une véritable course contre la montre. De source proche du dossier, on relève que des engagements de commandes de plusieurs dizaines de milliers de tonnes d'acier seraient déjà quasiment finalisés en cas de poursuite d'activité avec des opérateurs majeurs. Néanmoins, la difficulté provient du prix de revient actuel d'Ascoval, soit 270 € la tonne, alors que le prix du marché est à 230 €. Mais le plan de compétitivité du site nordiste doit lui permettre de ramener son prix de revient à 185 €. « Il faut passer la bosse », résume le dirigeant d'Ascoval, Cédric Orban, qui note que, sans modifier le projet Altifort, son calendrier pourrait en revanche être étendu dans le temps pour faciliter la phase de transition. Ainsi la mise en route du train à fil, permettant de valoriser les semi-produits d'Ascoval sous forme de produits longs et minces, pourrait être reculé de six mois à un an, contre le délai de 18 mois évoqué jusqu'ici.

On peut s'interroger sur cette recherche très tardive de débouchés autres que Vallourec. Mais Ascoval, émanation de Vallourec de création très récente (janvier 2017), n'avait pas de force commerciale propre et n'avait donc jamais prospecté. Selon un expert du secteur, la tendance de fond en Europe est très favorable à l'acier issu des aciéries électriques, dont la compétitivité (et le bilan environnemental, cf notre dernier article en ligne) est nettement supérieure à celle des aciéries intégrées (à partir de hauts fourneaux).

Il reste donc quatre semaines pour ficeler un projet que puisse agréer le tribunal de grande instance de Strasbourg. Celui-ci doit se réunir le 7 novembre, veille de la visite du président Macron dans les Hauts-de-France. Dans une interview au quotidien La Voix du Nord de ce 5 novembre, le président de la République se veut optimiste. "Je ne dis donc pas que c'est acquis, mais la situation est, aujourd'hui, bien plus consolidée qu'il y a quelques semaines. (...) J'ai demandé au gouvernement de tout faire pour trouver une solution sur ce site. (...) Il peut y avoir un avenir pour le site Ascoval", dit-il au grand quotidien nordiste. 

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