Yann Orpin : « Décharger la pression pour éviter le pire »

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« Il y aura un avant et un après coronavirus, mais comment réagir dès maintenant ? » En guise de réponse à son propre questionnement, le Medef Lille Métropole, au côté d’un organisme professionnel spécialisé en santé au travail, lance une cellule d’accompagnement psychologique dédiée aux dirigeants d’entreprises en région. Le point avec Yann Orpin, président du Medef Lille Métropole.

Quelle est la nature de ce dispositif ?

Quand on est entrepreneur, on a besoin d’être rassuré. Dans le contexte actuel lié au Coronavirus, l’éventualité d’un chômage partiel des salariés est une grande préoccupation pour nos dirigeants. La poursuite ou non de leur activité, la santé financière de leur entreprise sont des sujets ayant un impact direct sur leur vie personnelle. Car lorsqu’une souffrance surgit, elle va bien au-delà des murs de l’entreprise. Une difficulté professionnelle, comme le dépôt de bilan par exemple, entache l’image que le dirigeant donnera auprès de sa famille. A cela peut s’ajouter un risque de divorce, vécu comme un double échec. La situation que nous vivons aujourd’hui nécessite donc un vrai accompagnement. On sent un degré d’inquiétude relativement élevé chez nos chefs d’entreprise. Je ne veux pas qu’on soit dans le déni ! Il existe une cellule d’écoute qui leur est dédiée, mais pas une cellule psychologique. D’où notre initiative, que l’on considère comme une sortie de secours.

Comment et avec qui se met-elle en place ?

Les dirigeants qui ressentent le besoin de parler peuvent appeler gratuitement et anonymement le 03 20 15 80 14 pour être mis en relation par téléphone ou visioconférence avec un des psychologues spécialisés en santé au travail. Ces derniers côtoient quotidiennement des salariés et des chefs d’entreprise. L’idée est de permettre de décharger la pression pour éviter le pire. Lorsqu’on est déraisonné, un petit grain de sable peut tout faire dérailler. C’est ce qu’on veut éviter. Un entrepreneur accompagné a plus de chance de surmonter cette période difficile. En fonction de la demande, on avisera notre réponse en mobilisant davantage de psychologues. La cellule est évidemment ouverte à tous les dirigeants de la région, quelle que soit la taille de leur entreprise.

Peut-on imaginer un dispositif sur le long terme, c’est-à-dire après le Covid-19 ?

Pour l’heure, nous n’avons pas de visibilité car la situation actuelle peut durer encore des semaines, des mois. Si on sent qu’il y a un vrai besoin pour ce service, on le poursuivra. Notamment en mobilisant plus d’acteurs à nos côtés pour assurer sa pérennité. Mais aujourd’hui, on se concentre sur l’instant T.

L’AVIS DU PSYCHOLOGUE

Comment les psychologues accompagnent les dirigeants d’entreprise ? L’un d’eux, impliqué dans la cellule psychologique du Medef Lille Métropole, s’est confié à Eco121.

« Au sein de la cellule psychologique ouverte avec le Medef, le premier contact que nous aurons avec les dirigeants permettra de dresser un état des lieux de leur situation. L’idée est de les orienter au mieux : vers un accompagnement juridique, un assistant social ou vers un accompagnement psychologique, voire vers un autre dirigeant pour avoir des conseils. Certains se sont portés volontaires pour échanger avec ceux dans le besoin. Parfois, les dirigeants en détresse ont juste besoin de parler à une personne neutre. Nous serons là pour ça.
En ce qui concerne l’accompagnement psychologique, il s’effectue en trois étapes. La première, c’est la « décharge émotionnelle » durant laquelle le patient décrit librement sa situation, confie ses problèmes personnels et/ou professionnels et ses sentiments.
Puis, viendra l’étape où l’on évoquera ce qu’il a déjà tenté de mettre en place pour s’en sortir. Notre rôle en tant que psychologue est, à ce moment, d’évaluer avec le patient si ses initiatives sont efficaces ou pas. Auquel cas, on l’aide à les changer ou les améliorer. Tout en le rendant « moteur » de ses actions car notre objectif est d’accompagner et non de « faire à la place de ».
Enfin, après un laps de temps durant lequel le patient tentera d’appliquer ces initiatives, on reprend contact pour faire le point. Quitte à repasser par l’étape « décharge émotionnelle ». Durant tout le processus, l’objectif est de conserver la dynamique et de ne pas perdre les patients en route. »

 

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