Chercheurs: Qui sont nos champions mondiaux ?

Les Hauts-de-France ne sont ni la Silicon Valley, ni Bangalore, ni me?me Sophia Antipolis ou Saclay. Historiquement, les ratios de richesse re?gionale consacre?e a? la recherche sont particulie?rement faibles. Ils ont progresse? mathe?matiquement avec la fusion avec la Picardie mais ne de?- passent pas 1,1% de notre PIB. On en connai?t les raison : zone frontalie?re, re?- gion de salariat de masse durant des de?cen- nies, faiblesse des investissements publics dans ce secteur. Un certain rattrapage est passe? par la?, de gros centres se sont implante?s comme l'Inria, les po?les de compe?titivite? sont ne?s, ou- vrant de nouvelles passerelles entre le monde jadis e?tanche des chercheurs et celui des en- treprises. Et plusieurs po?les d'excellence at- teignent de?sormais un niveau de reconnais- sance incontestable, d'ailleurs souligne? dans les candidatures successives au projet d'Idex : le me?dical, autour notamment du diabe?te et des maladies cardio-me?taboliques, la chimie verte, et le nume?rique.

Mais derrie?re les chiffres et les argumentaires institutionnels, les chercheurs sont aussi des hommes et des femmes d'exception qui contribuent, souvent dans la discre?tion, au rayonnement international de notre territoire. Eco121 rend hommage dans ce nume?ro a? ces champions de nos labos. Spe?cialiste des po- lyme?res, ouvreurs de nouvelles voies the?ra- peutiques contre le cancer, explorateurs de la crou?te terrestre, inventeur de la greffe du vi- sage, ... Les profils sont tre?s varie?s et comme toute liste, la no?tre est non exhaustive et ar- bitraire, base?e sur le rayonnement interna- tional et les publications. Nous n'oublions pas les centaines de chercheurs discrets qui der- rie?re leurs paillasses et dans des conditions souvent chiches pre?parent eux aussi les de?- couvertes de demain.

Focus sur nos “nobe?lisables” de la science re?gionale.

 

Les plus discrets

 

srahmanShahid Rahman
Il met la logique du dialogue au service de l’intelligence artificielle

Sa spe?cialite?, la logique du dialogue, reste inconnue du grand public. Pourtant, les mode?les de?veloppe?s par ce professeur de logique et d’e?piste?mologie sont re?utilise?s par les labos de computabilite? du King’s College de Londres ou de l’universite? de Konstance en Allemagne. Et be?- ne?ficient d’un large e?cho dans l’univers de l’informatique et de l’intelligence artificielle. Apparue au de?but du XXe sie?cle, la logique du dialogue e?tudie la structure sous-jacente des disciplines recourant a? l’argumentation. « La lo- gique du dialogue a e?te? pose?e pour re?pondre a? des questions pre?cises de la philosophie des mathe?matiques. Dans les anne?es 90, j’ai commence? a? de?velopper l’ide?e en Allemagne d’un cadre ge?ne?ral pour traiter des constructions de logiques diffe?rentes », explique cet universitaire argentin ne? en Inde et forme? outre-Rhin. Gra?ce a? ces re- cherches, la discipline s’est e?tendue a? la biologie, au droit ou me?me a? l’e?conomie. Une petite re?volution entame?e il y a 20 ans au sein de l’Institut Max Plancke et poursuivie a? l’universite? de Nancy puis Lille 3 depuis 2002. Shahid Rahman, a?ge? de 60 ans, publie re?gulie?rement a? l’e?tranger et dirige trois collections de la revue du King’s College, deux autres de la revue Springer et une revue espagnole. Quand il n’intervient dans des confe?rences dans tous les pays d’Europe, il anime un re?seau d’e?tude franco-africain
de?die? a? la logique et l’argumentation sur les traditions orales. A l’e?chelle re?gionale, il dirige le projet scientifique ADA (Argumenter, De?cider, Agir) mene? par la Maison europe?enne des sciences de l’homme et de la socie?te?.

 

 

edebodtEric de Bodt
Il brigue les avant-postes de la Corporate Finance

C’est l’un des chercheurs les plus en vue de la finance d’entreprise. Spe?cialise? dans la fusion-acquisition, Eric de Bodt, 52 ans, partage son temps entre son mandat de doyen de la Faculte? de finance, banque et comptabilite? (FFBC) de Lille 2 et son statut de « visiting professor » du California Institute of Technology. Ce passionne? de tennis et programmeur a? ses heures perdues s’y rend une semaine par mois pour contribuer aux projets de recherche de Richard Roll disciple de Eugene Fama, conside?re? comme le pe?re de la finance moderne. Enseignant a? Lille 2 depuis 1997, les travaux accomplis son e?quipe de recherche compose?e de 15 enseignants-chercheurs et 15 doctorants couvrent des sujets parfois inattendus : me?canisme d’apprentissage dans les fusions- acquisitions ou le narcissisme des dirigeants d’entreprise. Des connaissances qui ne sont pas directement transmises au monde e?conomique. « Je suis dans un domaine acade?mique. Il y a donc beaucoup d’impact sur l’enseignement », analyse le Bruxellois. Des travaux relaye?s a? raison d’une moyenne de 10 publications annuelles dans le Journal of Banking and Finance ou le Journal of Corporate Finance pour ne citer que les revues les plus prestigieuses et biento?t sans doute dans le Journal of Finance et la Review of Financial Studies, deux autres
re?fe?rences.

 

 

 

Stéphane Ducasse
Il ausculte logiciels et syste?mes d’information

ducasseCe Nic?ois de 48 ans croit en la vie e?ternelle des logiciels. « Notre ide?e de base est qu’on ne devrait pas e?tre forcer de rebooter les ordinateurs », pre?che ce diplo?me? en informatique de l’universite? de Sophia Antipolis. L’e?quipe RMoD qu’il dirige a? l’Inria de?veloppe des solutions visant a? ame?liorer la maintenance et les mises a? jour des logiciels. D’abord par l’ame?lioration des langages existants, ses travaux ont d’ailleurs e?te? applique?s aux langages PHP et Perl. Puis par la radiographie des syste?mes notamment gra?ce au de?veloppement d’outils d’analyse, des diagnostics il propose des reme?des a? leur obsolescence et des pistes d’e?volution. Des prestations sur mesure destine?es autant aux e?diteurs de logiciel qu’aux entreprises qui ont de?veloppe? en interne leur syste?me d’information parfois vieillissant. « Un logiciel d’assurance, de banque ou de lancement de missiles a une dure?e de vie de 15 a? 25 ans entre production et arre?t », souligne le scientifique. Dans un monde en mutation, l’exigence d’adaptation est permanente. Ses recherches trouvent une application directe dans l’e?conomie : en 2013, Ste?phane Ducasse participait a? la fondation de Synectique-de?ja? 5 salarie?s- compte parmi sa cliente?le Thale?s ou encore Generali et Siemens. En 2008, l’e?quipe lanc?ait « Pharo », un langage de programmation objet-immersif appre?cie? par sa facilite? d’usage et utilise? au niveau mondial par 1000 programmeurs, 50 socie?te?s et enseigne? dans 30 universite?s. La plateforme est constamment ame?liore?e par 100 contributeurs. Son e?quipe cumule 15 publications par an dans des revues telles International Conference on Software. Ste?phane Ducasse cumule a? lui seul 11 000 citations a? l’international. Ce botaniste amateur et grand collectionneur de plantes indique figurer parmi les 8 franc?ais les plus cite?s en informatique de par le monde.

 

 

 

 

pcordierPatrick Cordier
Il voyage au cœur de la terre

D’autres vivent la te?te dans les e?toiles. Ce Champenois de 55 ans e?tudie, lui, les mine?raux en mouvement sous la crou?te terrestre. Plus concre?tement les de?formations et dislocations de ces mate?riaux soumis a? des pressions et des tempe?ratures colossales. « Je pars de l’e?chelle microscopique pour
comprendre ces mouvements. C’est du bottom-up », explique ce Polytech Lille par ailleurs passionne? de peinture moderne et contemporaine. L’e?quipe « physique des mine?raux » qu’il dirige au sein de l’UMET ( Unite? mate?riaux et transformations) de Lille 1 s’inte?resse entre autres a? la zone situe?e a? 200 kilome?tres du noyau qui rece?le bien des myste?res pour les ge?ophysiciens. « Elle est tre?s e?nigmatique. C’est la? que re?gne la pression la plus e?leve?e du manteau terrestre et les sismologues l’ont identifie?e comme tre?s he?te?roge?ne », s’enthousiasme le scientifique. Rheoman, son programme de recherche lance? en 2012, se propose non seulement de simuler ses conditions en laboratoire mais de mode?liser les effets du temps-de?compte? en centaines de millions d’anne?es- gra?ce a? l’outil nume?rique. Une me?thode qui permet de pre?dire les proprie?te?s de ces mine?raux, leur e?coulement ou leur viscosite?. Des parame?tres utiles aux sismologues, ge?ophysiciens pour comple?ter notre compre?hension du me?canisme de convection qui remue le manteau terrestre et de?place nos continents. Ses conclusions ont d’ailleurs e?te? re?utilise?es par les scientifiques du California Institute of Technology (Caltech), l’Universite? de Munich et l’ETH de Zurich. Finance? par l’European Research Council a? hauteur de 2,5 M€, le projet fait l’objet de 20 publications par an dans les revues internationales comme l’American Mineralogist, Acta Material, Natural Review ou encore le Scientific Report. Patrick Cordier a par ailleurs rec?u la prestigieuse me?daille de DANA de?livre? par la Socie?te? ame?ricaine de mine?ralogie.

 

 

Les champions du biomédical

 

David Devos
Il invente les futurs reme?des contre Parkinson

devos« Game Changing Strategy »...C’est par ce terme a? connotation marketing que ce neurologue de 45 ans entend re?volutionner le traitement des maladies neuro- de?ge?ne?ratives. Patrick Devos anime une e?quipe du de?partement de pharmacologie me?dicale du CHU de Lille de?die?e a? la neuroprotection. Depuis un an, il coordonne le projet europe?en Fairpark-II. Le programme mene? dans le cadre de Horizon 2020 regroupe 24 centres de recherche europe?ens pour concevoir un traitement a? base de che?lateur de fer. « Il s’agit de repositionner un traitement de?ja? existant dans le milieu du sang pour celui du cerveau », explique cet amateur de surf et de plonge?e sous-marine. En paralle?le, le projet Dive tente, via une spin-off en cours de cre?ation a? Eurasante?, de concevoir un syste?me d’injection de dopamine dans le cerveau proche de la pompe a? insuline des diabe?tiques. Son e?quipe publie tous les mois dans des revues internationales entre autres Lancet-neurology ou New England quand elle ne se de?place pas pour intervenir dans des congre?s mondiaux.

 

 

 

 

Philippe Froguel
le croise? du diabe?te

pfroguelC’est une cause de sante? publique re?gionale a? re?sonance mondiale. « Nous sommes dans la re?gion de France ou? il y a le plus de diabe?tiques. 7% de la population », remarque ce professeur d’endocrinologie, directeur depuis 20 ans de l’unite? de l’Institut Pasteur de?die? au diabe?te, a? l’obe?site? et la ge?ne?tique me?dicale inte?gre?e a? l’institut europe?en de ge?nomique et du diabe?te (Egid). Sa mission est simple : comprendre les causes du diabe?te pour pre?venir et soigner. Elle he?berge la plateforme Ligan consacre?e au se?quenc?age du ge?nome humain, a? la disposition de la recherche publique comme industrielle dans l’optique de proposer des traitements sur mesure. A terme, le scientifique ambitionne de structurer une filie?re autour du diabe?te, de l’obe?site? et de la recherche ge?ne?tique. Ce Parisien, grand amateur de the?a?tre et de cine?ma, a d’ailleurs participe? a? la cre?ation de Genoscreen. Deux autres start-up, Precisgenic de?die?e au cancer, et Prenistic sont en cours de cre?ation. « En France, je suis dans les 10 ou 20 personnes les plus cite?es dans le monde sur la recherche me?dicale », affirme celui que d’aucuns qualifient de nobelisable et revendique 50 publications annuelles notamment dans la revue Nature. Et 30 interventions dans des congre?s europe?ens et mondiaux. Il enseigne par ailleurs a? l’Imperial College of London.

 

 

 

Natacha Prevarskaya

Elle ouvre de nouvelles voies contre le cancer de la prostate

nprevarskayaPhysico-chimiste de formation, cette Ukrainienne de 57 ans dirige le labo de physiologie cellulaire de l’Inserm base? a? Lille 1. Sa spe?cialite? : le ro?le joue? par les canons ioniques, prote?ines contenues dans les membranes des cellules, dans le de?veloppement du cancer de la prostate et du pancre?as. La me?thode permet une nouvelle approche the?rapeuthique de ces pathologies. Autant de brevets mis a? contribution par des partenariats avec des labos pharmaceutiques. Citons parmi eux Bayer, Servier,... Et la cre?ation prochaine de la start-up Onco Channel. « Il faut transfe?rer notre savoir-faire vers les individus qui vont le de?velopper », explique cette adepte de plonge?e sous-marine et de randonne?es. Son unite? cumule depuis son arrive?e en 1998 une centaine de publications dans des revues de prestige tels Cancer Cell ou Nature Cancer Review, outre ses confe?rences aux quatre coins du monde par exemple a? la Gordon Conference.

 

 

 

 

 

Philippe Amouyel

Il traque la maladie d’Alzheimer
pamouyelCe me?decin e?pide?miologiste dirige depuis 1998 une unite? du CHU de Lille de consacre?e a? l’e?pide?miologie mole?culaire des maladies lie?es au vieillissement. Sa mission consiste a? de?terminer les facteurs de risques lie?s aux maladies neurode?ge?ne?ratives et les maladies cardiovasculaires. Son e?quipe de 52 personnes traque les prote?ines et les caracte?ristiques ge?ne?tiques lie?s au de?veloppement de la maladie d’Alzheimer, aux AVC ou aux infarctus. Des de?couvertes brevete?es avant leur application dans le monde industriel. Le labo travaille avec des entreprises pharmaceutiques et des start-up de la re?gion. Co-fondateur de Genoscreen, il dirige le labo d’excelllence Distalz contre la maladie d’Alzheimer. « Il existe 25 re?gions du ge?nome associe?es a? la maladie d’Alzheimer et nous en avons de?couvert 21 », affirme ce pied-noir arrive? dans la me?tropole lilloise pendant ses e?tudes secondaires , et qui dirigea Pasteur Lille de 2002 a? 2011. Vingt-deux de ses articles figurent dans les 1% des papiers les plus cite?s au niveau mondial dans la discipline biological sciences. Il publie re?gulie?rement pour Nature Genetics, New England Journal of Medecine ou encore Lancet Neurology.

 

 

 

 

Franc?ois Pattou
fpattouIl e?labore de nouvelles strate?gies contre le diabe?te
Ce chirurgien des maladies me?taboliques s’est spe?cialise? dans les formes les plus graves du diabe?te. Passionne? de surf, il dirige une unite? de recherche translationnelle, un des trois centres inte?gre? au laboratoire d’excellence EGID ( European Genomic Institue for Diabetes) et base?e au CHU de Lille. Avec son e?quipe, il conc?oit des traitements innovants pour traiter les formes les plus se?ve?res de diabe?te. Pour ceux de type I, ils ont mis au point une technique de greffe de cellule dans les muscles plus efficace que celles jusque la? pratique?es dans le foie. En partenariat avec Cousin Biotech, elle met au point une prothe?se pose?e dans le syste?me digestif par endoscopie. Ou encore une me?thode pour augmenter et multiplier les ilo?ts pancre?atiques. Un bon quart de projets de recherche sont mene?s en partenariat avec des entreprises biotech dont Cousin Biotech ou Maco Pharma. L’e?quipe tourne a? un rythme de 25 publications par an dans des revues New England telles Nature Medicine ou encore Cell.

 

 

Bart Stae?ls
un chercheur engage? dans le collectif
Avec 355 publications originales a? son actif, ce directeur de recherche Inserm est l'un des plus prolifiques chercheurs de notre re?gion, avec un des meilleurs indices H (qui mesure la productivite? scientifique). Docteur en pharmacologie, professeur a? la fac de pharmacie de Lille 2, ses travaux ont surtout porte? sur la pharmacologie mole?culaire des maladies cardiovasculaires et me?taboliques. Cofondateur de la biotech Genfit au co?te? du Pr Jean-Charles Fruchart, spe?cialiste de l'athe?roscle?rose dont il fut l'e?le?ve, ce sujet belge s'en est de?tache? pour rejoindre Jean-Franc?ois Mouney lors de la grave crise de gouvernance qui a touche? l'entreprise. Cet homme discret, « peu verse? dans les pince-fesse en ville », selon une de ses relations, pre?side aujourd'hui le conseil scientifique de Genfit. De?voue? aux causes collectives, connu pour son pragmatisme tre?s flamand, il a notamment joue? un ro?le majeur dans la fondation de l'institut europe?en du diabe?te (EGID), en lien avec Franc?ois Pattou et Philippe Froguel. L'entreprise ayant exige? la relecture de ce portrait, dans une conception fort curieuse de la liberte? de la presse, nous n'avons bien su?r pas accepte? et n'avons pu avoir de contact direct avec Monsieur Stae?ls ni obtenir sa photographie.

 

Bernard Devauchelle
La premie?re greffe mondiale du visage, c’est lui
devauchelleIl y a onze ans, le professeur Bernard Devauchelle accomplissait un exploit : re?aliser une greffe comple?te du visage sur une patiente de?figure?e par un chien. Une premie?re qui a propulse? le chef chef du service de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie au CHU d'Amiens au rang de star internationale. Contrairement a? la chirurgie re?paratrice conventionnelle, la greffe permet une reconstruction de la face, mais aussi de re?tablir des fonctions essentielles comme la mastication ou la phonation. Depuis 2005, une quarantaine d'ope?rations ont e?te? re?alise?es dans le monde, dont une dizaine en France, notamment a? Amiens. Pour ame?liorer encore les techniques, Bernard Devauchelle a de?cide? de fonder l'Institut Faire Face, le premier centre d’e?tudes et de recherche de?volu a? la de?figuration. D'ici 2018, 4 500 m2 de locaux, abritant un bloc ope?ratoire de chirurgie expe?rimentale et une plateforme technologique en imagerie, robotique et inge?nierie tissulaire, ouvriront a? proximite? imme?diate du CHU d'Amiens.

 

 

 

Les pionniers des matériaux

 

Patricia Krawczak
Elle re?invente les composites
pkrawzakEmballages alimentaires, automobile, imprimante 3D, objets connecte?s...Les travaux mene?s par cette Geo Trouvetou des mate?riaux avance?s et son de?partement de recherche des Mines Douai trouvent de multiples applications industrielles. Et be?ne?ficient d’une caisse de re?sonance europe?enne voire mondiale. Les projets sont mene?s en majeure partie avec des industriels pour mettre au point de nouvelles matie?res plastiques et depuis peu avec des mate?riaux issus de la biomasse. Une gymnastique intellectuelle qu’elle rapproche volontiers de sa passion pour les romans policiers ou la cuisine. « Quand on formule une matie?re plastique c’est un peu comme faire de la cuisine », plaisante-t-elle. Son de?partement ou? travaillent 70 personnes cumule 100 publications a? son actif dans des revues internationales tels le Journal of Supplied Polymere Science ou encore Composites Science and Technology. Re?gulie?rement, elle intervient dans des confe?rences internationales et rec?oit des visiting professors venus du monde entier.

 

 

 

 

 

Jean-Marie Tarascon
Il cre?e les batteries du futur
tarasconIl symbolise a? lui seul le potentiel de recherche me?connu de l'Universite? de Picardie Jules Verne. A 63 ans, Jean- Marie Tarascon a place? la France, avec le laboratoire de re?activite? et chimie des solides (LRCS), puis le Re?seau sur le stockage e?lectrochimique de l'e?nergie (RS2E), en po?le position dans le domaine du stockage de l'e?nergie et des batteries du futur. Apre?s avoir enseigne? a? l’Universite? de Cornell (1980), puis aux laboratoires Bell et Bellcore, ou? il a travaille? sur les supraconducteurs a? haute tempe?rature et a? la mise au point des batteries plastiques a? ions li- thium, il rentre en France en 1994 pour prendre la te?te du LRCS. Sous son impulsion, le labo se tourne vers a? la mise au point d'accumulateurs « verts », conc?us a? partir de mo- le?cules ve?ge?tales. En 2011, avec le Pr Patrice Simon, il fonde le RS2E qui fe?de?re 7 unite?s de
recherche CNRS/Universite?s, 15 industriels et trois e?ta- blissements publics (CEA, IFPEN et INERIS). Objectif : inventer les batteries rechargeables, supercon- densateurs et autres technologies alternatives, indispensa- bles au de?veloppement des ve?hicules e?lectriques, des objets e?lectroniques portables, sans oublier le stockage de l’e?lectricite? issue de sources renouvelables.
Pour faciliter cette porosite? universite?-industrie, celui qui est entre? au Colle?ge de France en janvier 2014 a initie? avec ses colle?gues du RS2E le « Hub de l'e?nergie ». Ba?ti a? Amiens pour 22 M€, ce ba?timent de 5 500m2 est dote? de plateformes de pre?-transfert permettant les e?changes entre les partenaires du re?seau. 150 chercheurs y travailleront a? terme.

 

 

 

Franck Dumeignil
Il pre?pare l’apre?s-pe?trole
dumeignilFinie l’e?re de la chimie hydrocarbure ! Ce Lie?vinois a?ge? de 44 ans contribue pour une part non ne?gligeable a? l’ave?nement d’une chimie verte issue de la biomasse ve?ge?tale. C’est l’objet de l’UCCS ( Unite? de catalyse et chimie de solide) de lille1, labo qu’il dirige depuis juin 2016. Son e?quipe cre?e de nouvelles mole?cules par ca- talyse et de?pose des brevets. Pour assurer un continuum entre les mondes acade?- mique et industriel, le labo travaille en lien e?troit avec l’institut compie?gnois Pivert de?die? a? la valorisation de la biomasse ole?agineuse et l’IFMAS plus oriente? vers la biomasse amidonnie?re. Parmi ses partenaires : Akea, Roquette, Total ou encore Adiceo. « Au de?but, nous travaillions plus a? l’international. Notre phare e?clairait plus l’oce?an que nos pieds », plaisante ce passionne? de natation et de piano classique. Franck Dumeignil publie ses recherches dans Green Chemistry, Angewandte et enchai?ne les colloques internationaux.

 

 

 

 

Et aussi...

Luc Bue?e dirige l'e?quipe "Alzheimer et Tauopathies" inte?gre?e au Centre Inserm de Recherche Jean-Pierre Aubert sur le site du CHRU. L'e?quipe aborde ces proble?matiques en analysant le cerveau humain normal et pathologique et de?veloppe des mode?les expe?rimentaux des Tauopathies afin d'identifier de potentielles cibles diagnostiques et the?rapeutiques.

Didier Leys professeur de neurologie a? Lille 2 et responsable du service neurologie de CHRU Salengro. Membre de l’acade?mie nationale de me?decine, il s’est fait
connai?tre pour ses travaux sur les accidents cardio-vasculaires ce?re?braux (AVC).

Jean-Marc Lefe?vbre, physicien des mate?riaux et directeur de recherche au CNRS a travaille? sur les relations entre les relations entre la microstructure et le comportement me?canique de mate?riaux a? base polyme?re. Il s’est implique? dans la fondation du po?le de compe?titivite? Matikem.
Camille Locht dirige le centre d’infection et d’immunite? de Lille. Son e?quipe travaille sur la pathoge?ne?se mole?culaire
d’infections respiratoires en particulier la coqueluche et la tuberculose.

Eric Monflier, dirige l’unite? catalyse et chimie supramole?culaire et est vice- pre?sident de la recherche et des e?tudes doctorales de l’universite? d’Artois. Ses recherches ont joue? un role cle? dans le de?veloppement de proce?de?s catalytiques a? base de cyclodextrines respectueux de l'environnement. Il a signe? 210 publications scientifiques internationales, 23 chapitres d'ouvrages scientifiques et est a? l’origine de 12 brevets.

L’Imaginarium de la Plaine Images he?berge depuis 2013 le po?le de recherche « Sciences et cultures du visuel » commun au CNRS a? Lille 3 et Lille 1. Deux entite?s composent ce projet unique en France ou? collaborent treize labos et structures de recherche : ICAVS, un cluster interdisciplinaire, coordonne? par Yann Coello prof de neuro- psychologie a? Lille 3. Et IrDIVE, plateforme technologique labellise?e e?quipement d’excellence a? disposition des entreprises pilote?e par Sylvie Aprile, prof d’histoire au labo IRHIS de Lille 3.

 

La recherche régionale en chiffres

1,6 Md€
Les de?penses internes de recherche investies en Hauts- de-France par les administrations et les entreprises en 2013.
Soit 3,4% du montant national.

 

1Md€
Montant des de?penses de recherches consacre?es par les entreprises re?gionales dans leurs activite?s R&D en 2013. Le chiffre ne tient pas compte des projets externalise?s dont les de?penses s’e?levaient a? 353 M€.

 

+ 46,3%
L’e?volution entre 2007 et 2013 des de?penses de recherche des administrations en re?gion. Au niveau national, la progression se chiffre +22,7%. A noter que l’enseignement supe?rieur repre?sente une part de 68,8%.

 

+40,9%
L’e?volution des de?penses de recherche des entreprises entre 2007 et 2013 soit 17 points au dessus de l’e?volution nationale.

 

16 200
Le nombre d’Equivalent Temps Plein mobilise?s en Hauts-de-France par les activite?s R&D. 9300 d’entre eux travaillent en entreprise. Les deux tiers d’entre eux travaillant dans des entreprises de moins de 1000 salarie?s. La part des chercheurs s’e?le?ve a? 58%.

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