Covid-19 : Quid des activités stratégiques ?

La centrale nucléaire de Gravelines, hautement stratégique, produit 8,5% de l'électricité nucléaire française La centrale nucléaire de Gravelines, hautement stratégique, produit 8,5% de l'électricité nucléaire française

La France a défini en 2006 une liste d’OIV, autrement dit des « opérateurs d’intérêt vital », indispensables au fonctionnement de la nation. La liste est secrète mais porte notamment sur l’approvisionnement de l’eau, l’énergie, ou les télécoms. 

"On suit de très près l’évolution de l’épidémie depuis la fin janvier car on avait des salariés en Chine", explique le service de presse d’EDF. Pas question de parler aux dirigeants régionaux en période de crise, c’est la procédure. Car EDF est un OIV, un acteur stratégique essentiel au pays. Il en existerait 250, avec 1369 points d’importance vitale, dont bien entendu les centrales nucléaires, qui sont absolument indispensables pour que la France puisse continuer à tourner, même au ralenti. « Tous les salariés qui peuvent télétravailler le font, y compris sur les sites de production, comme les fonctions support. Mais sur les sites sont mobilisés tous ceux qui sont dédiés à la maintenance, la production, la sécurité et l’environnement ». Sans panique car les pandémies font partie des risques envisagés dans ces activités, avec un plan de continuité d’activité (PCA) à mettre en œuvre.

L’eau potable, le gaz, mais aussi les télécommunications sont tout aussi vitaux, tout comme l’acheminement des marchandises. Le port de Dunkerque s’est mis en ordre de marche : « L'organisation du travail des équipes de terrain a été repensée afin d'éviter au maximum tout contact entre les personnes », expliquent les équipes du Port, soulignant le maintien des services maritimes, mais aussi des services multimodaux du terminal conteneurs.

Le transport routier est quant à lui fortement impacté avec de grosses difficultés pratiques pour les chauffeurs (lire page 15), de même que les chantiers de BTP, à l’arrêt : les salariés mais aussi les dirigeants estiment que les conditions de travail ne permettent pas de respecter les consignes sanitaires. « Si le confinement est la seule solution pourquoi et comment maintenir les chantiers de bâtiment ? », interroge Benoît Loison, président de la Fédération française du bâtiment 59-62. Un protocole sanitaire a toutefois pu être trouvé le 20 mars entre les fédérations et l’Etat pour tenter un redémarrage sélectif et sécurisé. L’activité d’autres entreprises pose des problèmes critiques. C’est le cas des fonderies d’aluminium comme Aluminium Dunkerque - la plus grosse d’Europe, ou de tous les industriels dont l’arrêt d’un four entraînerait des conséquences catastrophiques. Impossible d’arrêter des procédés en continu même temporairement. « Certaines usines ne s’en relèveraient pas », note Cyrille Mounier, directeur général d’Aluminium France (50 sites, 10 000 employés), qui s’alarme de la situation. « La continuité de nos activités est en risque: sur certains sites, nous manquons de matériel sanitaire pour maintenir la production, et nos écosystèmes économiques sont lourdement affectés. Certains de nos clients, en particulier de grands donneurs d’ordres, cessent leurs activités, ce qui fragilise notre filière. »

Electricité : la centrale de gravelines maintient des niveaux

« Ne pas ajouter une crise à la crise ».Tel est le mot d’ordre à la Centrale de Gravelines. Malgré la crise provoquée par le Coronavirus sur de nombreux secteurs, la centrale nucléaire poursuit sa production d’électricité sur des niveaux habituels. Sur son site, un tiers des effectifs, nécessaire à l’activité, est toujours en poste. Les arrêts de tranches, dont certains ont eu lieu courant mars, sont également maintenus pour assurer la maintenance et le rechargement en combustible.

« Les arrêts durent un mois pour chaque tranche et sont effectués une fois par an. On ne peut pas les annuler car ils garantissent la production d’électricité et la disponibilité pour tous, même après le Covid-19 »,explique Stéphanie Schnebelen, responsable communication de la centrale. Laquelle produit chaque année 8,5% de l’électricité nucléaire de France, soit la consommation de l’ex-région Nord-Pas-de-Calais.

 

 

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