"On a une région bénie des dieux pour la logistique"

Comment expliquer le boom du secteur en Hauts-de-France ?
Les acteurs économiques ont compris que la région avait un destin logistique et supply chain de tout premier plan. On peut presque dire qu'elle est au top cette année, à tous points de vue. Les communautés d'agglomération, les décideurs et les logisticiens eux-mêmes parlent désormais de la logistique avec beaucoup d'acuité.
Auparavant, on considérait ce secteur comme une discipline annexe où il n'y avait pas plus de potentiel qu'ailleurs. Il ne faut jamais limiter la logistique à son versant transport et entreposage, c'est plus large que ça. C'est une discipline très intégrée dans le monde industriel. C'est quelque chose d'évident aujourd'hui. On s'est rendu compte collectivement, de par la maturité des gens vis-à-vis de cette filière et les succès engrangés, qu'on avait une région bénie des dieux pour la logistique. Trois facteurs l'expliquent : la position des Hauts-de-France sur le marché, son histoire liée à la VPC et la qualité de ses terrains. On est une région de forte performance logistique et ce depuis très longtemps. Mais cela ne remontait pas à la surface. C'était logique que la région soit forte en distribution, en VPC, mais pas en logistique. C'est devenu essentiel avec l'arrivée du e-commerce. 

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Les logisticiens prévoient de recruter massivement en 2018 mais s'attendent à des difficultés. Pourquoi ?
Certains pensent que ces recrutements s'adresseront essentiellement aux plus de 11 % de chômeurs de la région. Mais non, ce n'est pas un système de vases communicants ! De manière générale, les entreprises ne recherchent pas n'importe qui. Elles veulent des profils compétents, qui ont un bon état d'esprit. Pour la logistique c'est pareil. Notre important taux de chômage ne permet pas forcément d'avoir de bons logisticiens. Il faut avoir les diplômes (et il y en a de plus en plus), être du métier, être précis. C'est une discipline qui devient davantage professionnelle. Ce n'est pas un métier de l'à-peu-près mais de la qualité et de la fiabilité. La filière a besoin de personnes qui ont le goût du travail bien fait. Quand vous commandez un téléphone portable, vous n'avez pas envie qu'il vous arrive mal emballé et abîmé... Pour moi, la logistique est une vraie école du travail de qualité !

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Former au métier, c'est d'ailleurs l'une des missions d'Euralogistic ?
Oui, notre volonté est de faire des Hauts-de-France une grande région de talents logistiques. Pour cela nous devons faire connaître les métiers, encore trop masculins. C'est une autre de nos missions. Des efforts sont faits, notamment par certains patrons qui parlent avec passion de la filière, mais il en faut davantage. Nous devons faire comprendre que la logistique n'est pas une mono industrie, elle est présente partout et peut accueillir des profils variés. Encore plus dans les années à venir avec le numérique et le big data. La révolution numérique ne fait que commencer dans le secteur et va s'accélérer, ce qui fera émerger de nouveaux métiers. Il n'y a donc aucune raison que notre filière logistique s'assombrisse.

Reccueilli par Julie Kiavué

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