Economie régionale : fragilisée en 2020, du mieux en 2021 ?

L’INSEE vient de publier son bilan de l’économie régionale sur l’année écoulée et les perspectives pour celle à venir. Sous perfusion en 2020, l’économie des Hauts-de-France semble retrouver des couleurs début 2021.

L’année 2020 s’annonçait prometteuse pour l’économie des Hauts-de-France. Evidemment, c’était sans compter sur la pandémie mondiale venue chambouler son équilibre dès la mi-mars. Dans son bilan publié jeudi 8 juillet, l’INSEE observe, sans grande surprise, une économie très fragilisée dès le premier confinement. L’économie est en repli de 33% en avril 2020. Aucun secteur n’est épargné. Ceux de l’hébergement-restauration et de la construction sont les plus durement touchés avec, respectivement, une chute de leur activité de 77% et 56%.

Le déconfinement en mai permet de revenir dès l’été à un niveau proche d’avant-crise (-3,2% en août). Avant une nouvelle baisse de l’activité en novembre, mais « moindre par rapport au printemps en raison de restrictions gouvernementales moins strictes ». L’activité est en repli de -7,2% en novembre, puis de -4,4% en décembre 2020. C’est un peu moins dégradé qu’au niveau national où l’activité était en baisse de 9,8% en novembre et de -6,7% en décembre.

L’emploi au niveau de 2018

Côté emploi, malgré le dispositif d’activité partielle,  2020 a vu la région perdre 11 300 emplois (-0,6% sur un an) pour arriver à un total de 2 030 200 en fin d’année. La région a perdu pratiquement tous les emplois gagnés en 2019, pour revenir au niveau de 2018. L’industrie et les services ont été les plus touchés (-2,1% et -1,5%), contrairement au secteur de la construction qui, lui, a embauché (+1,8%).

L’emploi a reculé dans tous nos départements, excepté dans le Nord. Le département de l’Aisne a été le plus affecté avec -3 270 emplois sur un an, suivi de très près par le Pas-de-Calais (-3 260 emplois).

Au 4e trimestre de 2020, le chômage régional concernait 9,3% de la population active, contre 9,9% l’année précédente à la même période. « Même si le chômage apparaît en légère baisse, les demandeurs d’emploi sont plus nombreux qu’un an auparavant », pointe l’INSEE dans son bilan. « Cette baisse est néanmoins en « trompe-l’œil », car elle ne traduit pas une amélioration du marché du travail. Elle s’explique par une moindre disponibilité et une recherche active limitée des demandeurs d’emploi durant les périodes de confinement ».

Record de créations d’entreprises

La création d’entreprises a atteint des records l’an dernier. La région a vu naître pas moins de 51 500 nouvelles sociétés, en hausse de 5,4%. Celle-ci est essentiellement portée par les micro-entreprises (+12%) dans des secteurs bien distincts : la livraison à domicile et la vente à distance, qui ont eu le vent en poupe l’an dernier.

Quant aux défaillances d’entreprises, elles n’ont jamais été aussi faibles : 2 400 défaillances, soit -39% par rapport à 2019, grâce aux mesures de soutien du gouvernement.

« Reprise vive » début 2021

Au national, l’activité a stagné au premier trimestre 2021. Le PIB a reculé de 0,1% par rapport au 4e trimestre 2020. En région, l’emploi était en faible hausse (+0,4%) et la création d’entreprises  a gagné +7,1%. Selon l’INSEE, « la reprise au 2e trimestre 2021 serait vive », en grande partie grâce au rebond de la consommation des ménages. Laissant espérer « un retour progressif au niveau d’activité d’avant-crise ».

« Même si l’activité progresse, le chiffre d’affaires ne décolle pas encore, tempère la CCI Hauts-de-France dans son enquête réalisée auprès de 38 500 entreprises et publiée fin juin. Pour 39% des entreprises, il est en recul (-46% en moyenne tous secteurs confondus). »

Sur les 2 000 chefs d'entreprise ayant répondu à l'enquête de la CCI, 21% d'entre eux jugent le niveau de leur trésorerie « mauvais ». Ils étaient 28% au trimestre précédent. Les dirigeants s'attendent à une amélioration de leur activité cet l’été. Un sur trois envisage un projet d’investissements. Toutefois, les inquiétudes demeurent chez les professionnels des hôtels-cafés-restaurants, du commerce de détail et des services aux particuliers.