Franck Grimonprez: "“La logistique est devenu un facteur différenciant”"

Quels sont les secteurs en demande de compétences logistiques ?

C'est très clair : nous sommes sur une grande mutation de la distribution c'est à dire tout ce qui peut être commerce, habillement, produits de la personne, équipements de la maison, bricolage, etc. Le « mobile commerce » a remis en question tous les schemas de la supply chain d'hier. Toutes les chaînes sont impactées, les produits secs comme alimentaires. Aujourd'hui, de gros pôles logistiques se sont constitués dans les Hauts-de-France. Le pôle valenciennois en tête, un pôle Artois et un pôle au sud de Lille. Le barycentre, en terme de consommateurs, est dans le Nord de notre grande région c'est à dire au sud de la métropole lilloise.

 

Pourquoi cette activité a-t-elle pris une telle ampleur stratégique ?

La logistique est devenue un facteur différenciant. Que vous vous fassiez livrer par Camaïeu ou par Promod, elle sera déterminante dans le choix du consommateur ou du client. Nous ne parlons plus de rapidite, qui est une exigence que le client paiera de toute façon. Le critère reste la capacité à livrer, à un consommateur heureux, un produit correspondant dans l'endroit qu'il souhaite au moment ou? il le souhaite. Et qu'il n'ait pas de déception à cause d'un produit arraché, perdu, retourné mais pas réimplémenté.

 

Quel est l'intérêt pour une entreprise de sous-traiter sa logistique ?

 

Je pense que c'est d'abord la flexibilité, la saisonnalité qui contient la problématique d'encaisser les périodes économiques. Les années 2008, 2009 et 2010 ont éteé catastrophiques. Pour ceux qui ont sous-traité, la logistique n'était pas un problème. Le deuxième critère important est la capacité du partenaire logistique à faire grandir son savoir faire. Nous pilotons l'ensemble des acheminements mondiaux sur nos plateformes mais, surtout, nous sommes capables d'organiser une livraison aux particuliers, aux magasins, aux centrales d'achat ou dans les ventes à domicile. Nous sommes très peu à savoir le faire. Le troisième critère est d'avoir des gens capables d'investir pour vous, non seulement dans les bâtiments mais aussi dans les process informatiques ou de distribution. Nous avons aussi affaire à des entreprises qui faisaient leur logistique elles-mêmes et qui, à un certain niveau de maturité, se disent : « ce n'est pas mon métier ».

 

Comment évoluent les métiers de la logistique avec la robotisation et la mécanisation ?

Nous vivons quelque chose d'important qui s'appelle l'aide à l'opérateur dans les systèmes de manutention et d'information. Plusieurs échelles existent pour la mécanisation. D'abord, l'aide à la manutention: Les engins élévateurs sont de plus en plus performants et ergonomiques. Ensuite, nous avons les petits appareillages autour de l'ergonomie du poste de travail et toutes les mécanisations comme le bras mobile. L'échelle au dessus est la totale automatisation : le colis rentre, il est bipé. Une personne dans le camion met le colis sur un convoyeur et il est directement rangé dans les stocks. Il ne faut pas confondre mécanisation et automatisation. Puis, nous avons l'aide à l'information. Un consommateur consomme sur internet et sur son smartphone en petit commerce, en grande surface et en vente à domicile. Tout s'est accélèré par l'information, c'est à dire l' expression de besoin et la traçabilité donnée au consommateur final, où qu'il soit. Pour être dans le coup, c'est ce qu'il faut savoir faire. Vingt informaticiens travaillent chez nous. Nous en recrutons encore ainsi que des patrons de plateforme avec des profils qui évoluent sur l'information, l'agilité et la capacité à accompagner des gros plans d'investissement et surtout de déploiement.

Recueilli par E.V.

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