Interor : l'alchimie fine d'une reprise à forte ambition

"Je m'inscris dans la durée", déclare le nouveau dirigeant "Je m'inscris dans la durée", déclare le nouveau dirigeant

La famille fondatrice passe la main à Turenne Santé, qui devient majoritaire, et à Geoffroy Waroqueaux, un nouveau président bien décidé à doper ce spécialiste de chimie fine méconnu.

Saura-t-il s'affranchir de la culture de la discrétion, sinon du secret, de cette ancienne entreprise familiale ? C'est en tout cas très officiellement que Geoffroy Waroqueaux a signé à la mi-décembre la reprise d'Interor, un acteur indépendant et peu connu hors de son métier de la chimie fine, basé à Calais. Une entreprise de 140 salariés pour plus de 30 M€ de chiffre d'affaires - dont 60% à l'export, et très largement bénéficiaire, dans la production d'intermédiaires organiques sophistiqués, à très haut degré de pureté. En clair, des matières premières indispensables aux mondes de la pharmacie et des produits vétérinaires, mais utilisés aussi en cosmétique et en chimie de spécialité. Fondée en 1975 par Michel Ratti, l'industriel a ensuite été piloté par l'une de ses filles, Marie-Anne Guillot. Mais celle-ci arrivait à l'âge de la retraite, sans solution de succession familiale. A l'issue d'un processus de sélection, c'est un attelage original composé du fonds Turenne Capital, majoritaire à travers son fonds Capital Santé 2, accompagné par Nord Capital Investissement, associé à BPI France, et de Geoffroy Waroqueaux comme actionnaire minoritaire et président opérationnel, qui prend donc les rênes de l'usine calaisienne, classée Seveso seuil haut. « Nous avons été convaincus par leur projet de développement qui s’appuie sur les atouts technologiques et humains en place afin de poursuivre la dynamique de nos marchés en plein essor », déclare Marie-Anne Guillot, qui laisse la présidence du groupe qu'elle occupait depuis 1995, tandis que la famille participe encore au tour de table. Son successeur avait déjà mené deux opérations similaires avec Turenne Capital mais sans s'investir personnellement de façon importante comme cette fois. Six personnes du management entrent églement au capital à l'occasion. « Je m'inscris dans la durée », prévient le nouveau dirigeant, pharmacien de for- mation, qui connaît déjà la région pour avoir été lycéen à Soissons, puis bien plus tard pour avoir travaillé deux ans chez BASF Valenciennes (Knoll) de- venu aujourd'hui Inpharmasci (cf ECO121 N°106).

Devenir leader européen de son segment
Ce tout juste quinqua, ancien pratiquant d'athlétisme à haut niveau et toujours semi-marathonien, se fixe une feuille de route ambitieuse : « On veut faire au moins+10% à +15% par an et surtout être le leader européen de notre segment. Ce que je sais bien faire, c'est faire grimper une entreprise qui en a besoin et qui a des leviers ».

Du potentiel, Interor en a beaucoup sous le capot à en croire Geoffroy Waroqueaux : plusieurs de ses plus gros clients – dont les noms sont tus- ont des projets qu'il faut pouvoir accompagner ; l'usine, qui jouit d'une forte réputation de qualité, peut aussi chercher de nouveaux clients ; elle est positionnée aussi pour participer à la politique de relocalisation de production de médicaments en France. Interor ne vend pas d'actifs, mais des industriels qui voudraient revenir produire en France pourraient s'appuyer sur ces intermédiaires organiques ; enfin, la société pourrait mener à bien une acquisition à l'étranger. « J'ai du mal à croire qu'on sera leader européen avec notre seule usine », analyse Geoffroy Waroqueaux. Autant de perspectives qui se traduiront par des créations d'emplois, même si le dirigeant se refuse à toute projection chiffrée.

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