La région met les gaz sur la méthanisation

L'ambition affichée n'est pas mince: le Nord-Pas-de-Calais se voit en championne européenne de la bio-méthanisation. La France part de fort loin dans ce domaine : notre pays ne compte guère que 150 me?thaniseurs quand l'Allemagne en compte 7000. Mais, portée par la Troisième révolution industrielle et une volonté partagée des acteurs, la région entend se remonter les manches. Avec un potentiel considérable dans une région agricole et très peuplée, dont le gisement de biomasse est donc énorme, tandis que nos entreprises ont les capacités de construire une filière économique. L'enjeu ? Le gouvernement a lancé un appel à projet pour atteindre les 1500 méthaniseurs en trois ans.

 

Multiplier par 6 ou 7 la production de biogaz

La région entend être à ce rendez-vous, sans se cacher les difficultés de l'exercice. Chambre de commerce et d'industrie, chambre d'agriculture, Ademe, GrDF, pôle d'excellence ENERGIE 2020, pôle des entreprises mécaniques Mecanov’ : l'union sacrée est décrétée autour de ce projet. «L'ambition est de multiplier par 6 ou 7 la production de biogaz, pour la porter de 140 gigawatt/h aujourd'hui à 1000 en 2020 », décrypte Thierry Dhainaut, président d'ENERGIE 2020. Pour cette montée en puissance, le risque est que des sociétés issues de pays déjà  éprouvés en matière de biomasse (Danemark, Allemagne, Pays-Bas...) arrivent avec leurs solutions clés en main. « Il ne faut pas se leurrer, il sera difficile de surmonter la concurrence étrangère. C'est pour cela qu'il faut chasser en meute », défend Philippe Vasseur, venu à Arras présenter l'ambition régionale baptisée Methania.
Or les enjeux économiques sont très forts : il s'agit d'abord de valoriser des millions de tonnes de déchets fermentescibles, de masse ve?ge?tale, de boues de station d'e?puration, d'effluents agricoles. La coge?ne?ration permet de produire de l'e?nergie et de la chaleur, l'autre voie e?tant la production de biogaz qui peut e?tre re?injecte? dans le re?seau. Et le process produit e?galement le digestat, matie?re organique qui peut en- suite être valorisée en épandage dans les champs.

Le monde agricole est le premier concerné : déjà huit installations tournent, quatre sont en construction et six sont en projet. A raison de 2 M€€ l'unité moyenne, le défi est important. « L'objectif national est d'arriver à 1000 méthaniseurs à la ferme en 2020, mais il est trop ambitieux » relève Arnault Etienne, référent méthanisation à la chambre d'agriculture. L'Adème confirme la volonté de porter le rythme de 4 à 5 installations par an en région (collectivités et industries incluses) à 10 à 15. Soit un enjeu de l'ordre de 120 M€€ pour 75 installations à horizon 2020. Il reste à surmonter les obstacles : difficultés techniques, rigidités administratives, recours contentieux, plan de valorisation à anticiper... « Le photovoltaïque est d'une simplicité élémentaire. La méthanisation requiert plusieurs métiers, de la collecte du gisement à la biologie du process en passant par la valorisation du méthane et celle du digestat, puis la maintenance », explique François Dusannier, agriculteur et gérant de la société Agriopale, pour qui les entreprises régionales ont tout à gagner à se positionner sur cette vague du biogaz.

O.D.

 

 

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