L'économie de l'événementiel KO

Le monde de l'événementiel a été le premier à prendre en pleine face le choc du virus. Les annulations sont tombées au fil de l'aggravation des seuils de rassemblement autorisés : 5000 personnes, puis 1000 puis 100, enfin 50, avant le confinement pur et simple. Les traiteurs, les intermittents, organisateurs de tournées, et prestataires techniques ont été les premiers à l'arrêt complet.

Ils sont 35 000 dans la seule métropole lilloise à travailler pour le secteur du spectacle, des séminaires d'entreprises, ou encore des salons. Depuis les traiteurs jusqu'aux intermittents du spectacle, au plus modeste magicien, aux photographes, en passant par les prestataires techniques, ce secteur est la première victime collatérale du Covid-19. 100% du chiffre d'affaires est perdu tandis que les reports à partir de juin mais surtout au second semestre sont très aléatoires : le calendrier est déjà très chargé au second semestre.

Pire, la filière redémarrait tout juste son activité avec l'arrivée des gros mois de printemps. « Notre mois de mars était exceptionnel, avec un carnet de commandes énorme », déplore Alexis Devillers, pdg fondateur d'Alive Groupe, qui faisait figure d'ETI emblématique avant la crise. Elle avait d'ailleurs accueilli à son tour de table plusieurs fonds lors d'une levée à 5 M€. Spécialiste de la logistique événementielle, depuis les prestations techniques audiovisuelles jusqu'à l'aménagement d'espaces ou la location de mobilier, le groupe est un acteur incontournable du marché de l'événement au nord de Paris, et en Île-de-France depuis son rapprochement en 2018 avec le parisien Art Event Group. Soit un ensemble de 400 personnes pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 60 M€. Dans quel état le groupe sortira de la pandémie ? La société a immédiatement placé son personnel en chômage partiel mais attend l'indemnisation de l'Etat au plus vite. « Il ne faut pas que ce soit dans 60 jours mais dans 48 heures ! », lançait Alexis Devillers lors de la dernière réunion publique de la région, le 12 mars, autour de la crise du coronavirus.

« C'est une catastrophe sans précédent. Les activités perdues, on ne les rattrapera jamais », estimait sur BFM Lille Christophe Hautecœur, dirigeant de Prodjekt, l'un des collègues d'Alive Groupe.

Lille Grand Palais espère repartir en juin 

"Cette situation est inédite car brutale et immédiate pour tout le monde !" Le mot est du directeur général de Lille Grand Palais, Philippe Blond. Sa structure a très vite mis en place une cellule de crise quotidienne, avec ses 80 salariés, pour prendre les mesures nécessaires au gré de l'évolution de la situation et des annonces du gouvernement.

Au 13 mars, Lille Grand Palais et le Zenith faisaient état de plus d'une dizaine d'événements, prévus initialement entre mars et avril, annulés ou reportés à partir de juin. "L'agenda est presque plein, prévient Philippe Blond. On essaie de gérer au mieux la crise en interne. Pour assurer un roulement fluide à la reprise, on réduira le temps de montage des différents événements, quitte à prévoir des montages la nuit". Lille Grand Palais est un acteur majeur de l'événementiel régional avec 300 événements accueillis chaque année (2/3 en congrès, salons et différents événements corporate, 1/3 de spectacles au Zénith), avec 900 000 spectateurs ou visiteurs, pour un chiffre d'affaires de plus de 20 M€ l'an dernier.

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