Les jongleurs de milliards

Andre?-BeirnaertDans le climat surréaliste de la présidentielle, une constante subsiste : les milliards. On finit par oublier ce que représente un milliard. Au supermarché, on parvient encore à se référer au prix en francs quand on trouve un peu excessif de payer une salade 1€ (6,50 Fr) , un artichaut 1,50€ (13 Fr) ou un kilo de tomates 3€ (20 Fr). Mais on a assimilé qu’une voiture vaut 25000 €, un appartement 400.000 €.

 

En revanche la jonglerie des milliards semble avoir échappé à l’entendement. Nous vivons depuis des années avec un déficit de fonctionnement public, cette année encore 76 milliards d'euros soit 3,6 % du PIB. Notre endettement s’est donc encore accru et rejoint quasiment le PIB. Ce dernier se monte à 2236 milliards d'euros.

 

 

Retour à la vie normale : 76 milliards, c’est comme avoir acheté 3.040.000 voitures à 25.000 €, ou 190.000 appartements à 400.000 € . Pour payer la voiture, on emprunte et on rembourse, par exemple en 4 ans . Et la voiture a perdu de sa valeur mais elle vaut encore quelque chose . L’appartement sera payé en 25 ans et s’il est resté en bon état, il gardera sa valeur . Dans les deux cas, on s’endette, puis on rembourse et enfin on détient encore une valeur.
Que vaut la dette de la France ? Notre appauvrissement, en fait. Les taux bas ou négatifs vont se retourner et rendre nos prochaines mises en marché de dettes plus coûteuses, bien que toujours recherchées. Ce qui fera dire que nous n’avons pas de problème d’endettement. Nous aurons en réalité tous les inconvénients d’une monnaie qui nous appauvrit, sans les « avantages » de la dévaluation. Ce que certains candidats à la présidentielle anticipent cependant, sans réflexion...

 

 

Un différentiel de 300 mds €

 

 

Notre voisin allemand a toujours pratiqué une monnaie forte, dont le principal avantage est d’obliger l’industrie à produire du haut de gamme. Nous avons contourné cette exigence et mis en avant « l’emploi à la personne » comme relais. Même sous raison d’une économie de services, il faut une industrie pour la porter.
La conséquence se lit dans l’écart de 300 milliards d'euros entre notre balance commerciale en perte et celle en gain de l’Allemagne, dont l’industrie pèse trois fois la nôtre. C’est avec ces milliards là que nous devrions nous affronter , et non pas dans la jonglerie des milliards de nouvelles dépenses.

Ces articles peuvent également vous intéresser :

Publié le 30/03/2017 Accueil

Bruno Bonduelle: "Ouvrons leur notre porte !"

L'ex président de la CCI Grand Lille souligne tout l'intérêt du sang neuf de l'immigration pour alimenter notre machine économique et enrichir le tissu régional.

Publié le 30/03/2017 Accueil

Indiscrétions

Les indiscrets du mois.

Publié le 30/03/2017 Accueil

Top et Flop

Les hauts et les bas du mois.

Publié le 30/03/2017 Accueil

Verbatims

Les petites phrases glanées au mois de mars.

Publié le 30/03/2017 Accueil

Portraits Express

Publié le 30/03/2017 Accueil

Mouvements

Les dernières nominations en région.

Publié le 30/03/2017 Accueil

Le grand boom des fondations nordistes : Pourquoi tant d'amour ?

Depuis quelques anne?es, le nombre de fondations et fonds de dotation explose en re?gion. Toyota, Cre?dit Agricole, Universite? de Lille, Fondation des possibles, Entreprises & Cite?s... Le mouvement est impressionnant. Focus sur une dynamique philanthropique pas toujours dénuée d'arrières-pensées.

Publié le 30/03/2017 Accueil

Mathieu Lesenne et Olivier Duthoit font mousser haut la bie?re nordiste

Les fondateurs de la Brasserie du Pays flamand accumulent les honneurs. Ils vont se doter d'une nouvelle brasserie a? Merville.

Publié le 30/03/2017 Accueil

Gaarden fertilise sa croissance dans l’Hexagone

Armentie?res. Le re?seau en ligne de jardiniers-paysagistes vient de lever 800K€ pour acce?le?rer son de?ploiement dans les me?tropoles franc?aises.