Lille perd l'Agence du Médicament mais gagne en élan collectif

[caption id="attachment_35451" align="alignright" width="400"]Le bâtiment Biotope avait été pressenti pour accueillir l'Agence Le futur bâtiment Biotope, jouxtant le conseil régional, avait été pressenti pour accueillir l'Agence[/caption]

 

Adieu veau, vache, cochon, couvée... et Agence Européenne du médicament. A force de mobilisation, de voyage consensuel du Comité Grand Lille à Londres, du soutien de 59 grands patrons pesant 800 000 salariés, et de la victoire nationale pour porter la candidature de la France, les décideurs nordistes avaient fini par se convaincre de la possibilité de gagner la compétition européenne pour accueillir cet organisme européen chassé du Royaume-Uni par le Brexit. Avec un énorme jackpot en cas de victoire : 900 salariés de très haut niveau, un centre de décision majeur dans un bâtiment hypercentral construit spécialement. Mais Lille a essuyé un revers complet au conseil européen.

Une défaite pas déshonorante face à 17 eurométropoles dont Amsterdam, qui l'a emporté, Milan et Copenhague. Mais elle laisse aux décideurs locaux un goût amer. « Nous avions la conviction que le Président de la république n’avait pas - malgré ses dires - soutenu le dossier de l’AEM à Lille ; nous en avons maintenant la preuve », cingle Martine Aubry, dont la détestation d'Emmanuel Macron est connue de tous. Xavier Bertrand déplore dans un communiqué commun avec elle « le soutien tardif et timide affiché par le Président ». « Notre candidature avait d'excellents atouts mais il s'agit d'une décision géopolitique avec un système de vote digne de l'eu- rovision, que la France n'a pas gagné depuis 40ans », commente pour sa part Damien Castelain. Le Haut commissaire à l'économie sociale et solidaire En Marche Christophe Itier, raille de son côté les « saillies politiciennes » de Martine Aubry et ses diatribes contre le chef de l'Etat « ce qui n'a pu qu'objectivement affaiblir la candidature lilloise ».

[caption id="attachment_32783" align="alignright" width="400"]amsterdam était un très bon dossier et on le savait. Peut-être qu'avec le soutien du Président on aurait pu gagner. Mais sans ce soutien, c'était impossible. Il fallait nous le dire en face. Il y a un problème de confiance" Comme Martine Aubry, Xavier Bertrand est très sévère avec l'exécutif français : "Amsterdam était un très bon dossier et on le savait. Peut-être qu'avec le soutien du Président on aurait pu gagner. Mais sans ce soutien, c'était impossible. Il fallait nous le dire en face. Il y a un problème de confiance"[/caption]

Front des sceptiques

Néanmoins, les critiques régionales ne sont pas absurdes. Car la France courait deux lièvres à la fois, et a d'ailleurs attrapé le plus petit, l'Agence bancaire européenne, qui ira à Paris. Mais pour certains, l'Etat ne s'est en réalité battu que pour cette seconde agence, laissant les Lillois s'échiner vainement. « Pas un seul pays n'a mis Lille même en rang 3, le résultat des deux votes montre à quel point, depuis de nombreux mois, l'appareil diplomatique s'est mis en campagne pour la seule agence bancaire », s'étrangle Etienne Vervaecke, directeur d'Eurasanté, qui évoque un «front des sceptiques» dans la haute fonction publique et les cabinets ministériels.

Et demain ? Le déploiement de cette énorme énergie collective permet en effet de positiver -un peu- la défaite : le Comité Grand Lille, à nouveau consensuel, paraît régénéré ; notre filière santé se trouve aujourd'hui confortée aux yeux de la France comme de l'Europe comme un pôle crédible et légitime. Etienne Vervaecke estime d'ailleurs que la dynamique collective justifie de prendre un certain nombre d'initiatives pour renforcer l'offre sur le territoire, et obtenir une forme de compensation par exemple en matière d'effort en recherche publique.

Olivier Ducuing

 

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