Lille Region, Région de Lille

 

Dans les grisailles d'un printemps qui tarde, d'une crise qui s'éternise, d'une campagne qui ennuie, un entrefilet de dix lignes, en bas de la page 11 du magazine du Conseil régional que vous avez évidemment lu, est venu me réchauffer le cœur ; une nouvelle inouïe tant elle bouscule les conservatismes de nos territoires mouchoir de poche : le Conseil régional vient de créer une marque internationale pour mieux vendre dans le monde : « Lille Region ». Vous êtes priés de retirer l'accent aigu sur le « e » et de prononcer « ridgionne ». Voilà qui est habile car ni à Valenciennes ni à Arras on ne hurlera à la métropolisation.

"Taper cent fois sur le même clou pour qu'il ait quelque chance de s'enfoncer"

Dans dix ans peut-être, on osera « Région de Lille », à l'intention des francophones, et « Ch’norpadcalé » aura vécu, décidément imprononçable et invendable ! A Manchester, on traduit « South No Dover » ! Quand on n'a pas la chance de pouvoir communiquer sur des noms magiques comme Normandy ou Aquitaine, on prend ce qu'on a ! L'image est désormais installée depuis 2004 et les succès du Losc. Que toute la région en profite, comme dans la Hesse ou la Nordrhein Westfalen on profite de Frankfurt ou de Düsseldorf. Une belle victoire pour le Comité Grand Lille, l'APIM, NFI et tous les communicants qui savent qu'il faut taper cent fois sur le même clou pour qu'il ait quelque chance de s'enfoncer, ne fût-ce que de quelques millimètres.

 

Faisons un rêve. Dans l'enthousiasme indescriptible d'une folle nuit du 4 août, les conseillers communautaires décident d'accoler le nom de Lille aux 85 prénoms que les 1 200 000 habitants de la métropole portent, nolens volens, de Roubaix à Armentières, d'Halluin à Seclin. Un marketing élémentaire qui ne coûte pas un centime d'euro. Sur les milliards de bons de commande ou d'étiquettes, dans les milliers de reportages sur course cycliste, expositions, inaugurations, un nom sera inlassablement entendu dans les oreilles, perçu par les yeux, enfoncé dans les cerveaux des lecteurs, internautes ou téléspectateurs. La répétition n'est-elle pas le b.a.-ba du marketing et la dispersion sa négation ?

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