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Publié le 29/09/2020

Numéro #104

Edito

Défis

C'est dans le gros temps qu'on reconnaît les grands skippers. Peut-être un peu moins sévère qu'attendu, ce gros temps arrive. Il n'est que d'ouvrir les yeux pour s'en rendre compte : plans sociaux, fermetures, restructurations se multiplient déjà. Le taux de chômage repart à la hausse. Et derrière le surmédiatisé cas de Bridgestone et ses 900 emplois, combien de TPE vont- elles disparaître dans un silence assourdissant ? Car les défaillances, gelées depuis le mois de mars, vont repartir devant les tribunaux de commerce. Avec également la fin du très controversé décret permettant à des dirigeants d'entreprises en faillite de proposer leur candidature, en effaçant leurs dettes. L'avenir dira si les entreprises reprises avec cet effet d'aubaine pourront véritablement recouvrer santé, développement et emploi.

Source d'opportunités

On doit bien sûr s'alarmer à bon escient de cette dégradation générale, surtout quand on se bat pour la survie de sa propre entreprise. Il peut être plus rassurant de tout mettre en stand by en attendant des jours meilleurs. Mais on peut aussi voir dans cette situation unique, liée à un phénomène totalement exogène, une source d'opportunités. Acquisitions, investissements, alliances, diversification... le moment est à la fois insécurisant, mais aussi riche de potentiels pour ceux qui le peuvent. Regardons ce créateur, Jacky Moreau, dans l'univers de la chaudronnerie, à Somain, qui en un an a déjà généré 40 emplois malgré la crise (p 43) ; cette entreprise de travaux sous- marin, Subtech, qui investit 3 M€ près d'Arras ; ou encore le patron de Sarbacane, Mathieu Tarnus, qui réussit une énorme levée de fonds en pleine crise sanitaire (p10).

Formulons un vœu : que l'univers des collectivités et des pouvoirs publics saisisse cette époque darwinienne pour remettre en question un modèle de fonctionnement très dispersé, coûteux et fait de prés carrés, pour se recentrer autour de priorités absolues partagées entre différents échelons. L'avenir passe par l'accompagnement des territoires et du tissu entrepreneurial, avec des politiques claires et lisibles offrant aux acteurs économiques un cadre sûr pour pouvoir se projeter. Les plans de relance sont une première réponse. Il ne faudrait pas que la maladie congénitale de notre pays, l'instabilité législative, fiscale et sanitaire, vienne brouiller le message. 

Olivier Ducuing

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Publié le 29/09/2020

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