Rev3 : Où en sont les projets initiaux ? Focus

Ci-dessus l'hydrolienne à membrane de la société Eel Energy Ci-dessus l'hydrolienne à membrane de la société Eel Energy

Parmi les 1000 initiatives rev3 enregistrées depuis six ans, Eco121 en a choisi six emblématiques, pour voir comment elles ont saturé et progressé depuis leur lancement.

1. Accélérateurs rev3 : le réseau grossit

Le projet : la CCI de région voulait doter une dizaine de territoires d'accélérateurs rev3 afin d'offrir un éco-système unique pour les porteurs de projets.

L'état des lieux : un premier accélérateur a été mis en place à Douai fin 2017, en partenariat avec l'incubateur APUI de l'IMT Lille-Douai. La structure a accompagné 10 jeunes pousses et porteurs de projets pendant trois mois. A clé, une évolution de leur business plan pour certains, des collaborations avec les grands partenaires de l'accélérateur pour d'autres. Une deuxième promo d'une dizaine d'accélérés devrait intégrer le programme d'ici peu. La CCI souhaiterait un ancrage territorial plus fort. « Ce serait bien qu'environ la moitié des accélérés soient de Douai et qu'ils y restent pour créer et développer leur entreprise », plaide Louis-Philippe Blervacque, président de la commission rev3 de la CCI, pour qui « cette première promotion est une vraie réussite ».

Au-delà de Douai, le réseau commence à se déployer sur Dunkerque, Arras, Lille, Calais et Lens-Lievin. 

> A lire aussi : Rev3 - L'interview de Philippe Vasseur "Le principal est d'avoir des projets et des gens pour les porter"

2. Eel Energy fait évoluer son hydrolienne

Le projet : la société Eel Energy conçoit une hydrolienne à Boulogne-sur-Mer.

Etat des lieux : Depuis le proto initial en membrane en caoutchouc, doté de convertisseurs transformant les ondulations sous-marines en électricité, le projet a bien évolué. La dernière version d'Eel Energy comporte une membrane en résine recyclable, recouverte de plaques en fibre de verre et dispose d'un mât qui, avec les ondulations, actionne un générateur situé hors de l'eau. Ces derniers mois, l'entreprise a multiplié les essais et les versions toujours plus grandes. Le dernier en date atteint les 2,60 m et est en test en région. "On est encore dans l'amélioration, indique le Pdg Franck Sylvain. Actuellement, la membrane produit 8 KWh/jour." A terme, cette nouvelle membrane - cinq fois moins coûteuse que l'initiale - pourrait produire 30 à 40 KWh/jour. "Avec des machines plus importantes, on pourrait arriver à 100 € le mégawatt contre les 150 € actuellement », poursuit le dirigeant. Eel Energy vise la commercialisation, courant 2020, soit un an après la date prévue dans ses plans initiaux

3. Smart Grid*: la Mel en retard

Le projet : Début 2017, la MEL lançait, au côté d'Enedis, EDF ou Intent Technologies, une expérimentation d'envergure sur les réseaux électriques intelligents, qui devait aboutir en 2020.

Etat des lieux : Dotée d'une enveloppe de 20 M€, le projet baptisé So Mel So Connected a pris du retard. La MEL a repoussé l'échéance au printemps 2021, indique son directeur énergie Erwan Lemarchand. Lequel se veut néanmoins rassurant : "On a été un peu trop optimiste. Des projets ne verront pas le jour mais d'autres comme la ferme photovoltaïque de 4000 m2 à Sequedin ou celle associée aux bornes de recharge électriques sur le parking relais Saint-Philibert à Lomme (le plus avancé, ndlr) sont bien partis." Des premiers résultats devraient être dévoilés courant 2020. Et, si des modèles économiques robustes sont trouvés, une industrialisation à grande échelle pourrait démarrer dans la foulée. Patience...

*Smart grid : réseau électrique intelligent

> A lire aussi : Enquête - Rev3, à quand le grand décollage ?

4. King Tree : la châtaigne vs les antibiotiques

Le projet : Jean-Benoît Tierny avec plusieurs associés avait fait la une d'Eco121. Il s'agissait, à partir du siège d'Arras de King Tree, de créer dans le sud une usine d'extrait de châtaigner, destiné aux élevages, en substitution aux antibiotiques. L'usine est opérationnelle dans le Tarn depuis un an, au terme d'un investissement de 15 M€. Le dossier, lauréat du programme des investissements d'avenir, a séduit BPIfrance. La société devrait commercialiser 1500 tonnes d'extraits cette année, dans le monde entier. Des palettes ont déjà été envoyées en Inde ou en Chine. L'entreprise doit encore surmonter les obstacles administratifs pour conquérir le marché américain, mais s'y emploie.

Objectif du dirigeant : trouver l'équilibre à horizon de 18 mois. King Tree n'a pas encore atteint les 7 M€ de chiffre d'affaires espérés « mais n'en est pas très loin ».

5. La biométhanisation, puissant enjeu économique... ?

Le projet : Forte de son agriculture et de son réseau gazier, la région vise la première place européenne du podium du biogaz injecté.

Etat des lieux : Organisés en collectif (le Corbi), les acteurs de la filière n'ont pas chômé. A ce jour, 41 installations de méthanisation agricole tournent, dont 33 en cogénération et 8 en biométhane. 17 autres sont en construction, 125 à 150 projets sont en cours, selon la chambre d'agriculture qui rappelle que les projets agricoles représentent 95% de l'ensemble. Financièrement, l'impact est énorme : une unité de bio-méthane injecté pèse en moyenne 4 à 6 M€ d'investissement. Dans ce domaine, la Picardie joue les premiers de la classe avec deux tiers des nouveaux projets aujourd'hui. La filière ne pèse en revanche que très peu d'emplois (300 environ, selon l'Adème) alors qu'une étude prospective extrapolait l'an passé... 11 000 emplois à horizon 15 ans. « On n'a pas encore transformé l'essai », admet Hervé Pignon, directeur régional de l'Adème.

6. Hydrogène : H2V59 sur les rails

Le projet : Créer une filière hydrogène permettant notamment d'apporter des capacités de stockage aux énergies renouvelables.

Etat des lieux : Il s'agissait d'un des 10 chantiers structurants de la mission rev3. La filière pourrait véritablement émerger avec l'implantation de H2V industry à Dunkerque. Annoncé début 2018, le projet vise à créer sur le port ouest une usine de production de biogaz et d'hydrogène vert pouvant être utilisés en remplacement des énergies fossiles. Une concertation ouverte au public vient de démarrer jusque fin novembre. Le projet a été revu à la baisse par rapport aux premières annonces, mais reste majeur. H2V évoque aujourd'hui 230 à 250 M€ d'investissements (contre 500 M€ envisagés au départ) avec la création de 170 emplois. L'usine, qui pourrait entrer en service dans quatre ans, devrait produire 28 000 tonnes d'hydrogène, par an soit 3% de la production nationale. Celui-ci sera acheminé dans les réseaux de gaz naturels existants de GRT gaz. 50 emplois directs supplémentaires devraient être créés avec l'implantation de son partenaire, le norvégien HydrogenPro, via une usine de fabrication d'électrolyseurs à proximité de celle d'H2V59. En parallèle, Engie mène une expérimentation grandeur nature, également dans le Dunkerquois, baptisée Grhyd, pour produire de l'hydrogène à partir d'énergie renouvelable et le réinjecter directement dans le réseau urbain. Un investissement de 15 M€.

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