Smart allie gouvernance partagée et démocratie

Sandrino Graceffa, ex-Pdg de Smart (à g.), et les nouveaux administrateurs délégués Maxime Dechesne et Anne-Laure Desgris. ©Joëlle Lê Sandrino Graceffa, ex-Pdg de Smart (à g.), et les nouveaux administrateurs délégués Maxime Dechesne et Anne-Laure Desgris. ©Joëlle Lê

En une dizaine d'années, la société belgo-lilloise est devenue la plus grosse coopérative européenne, sous la houlette de ses salariés associés.

Avoir une entreprise partagée, socialement innovante et économiquement efficiente. Telle est la volonté de Sandrino Graceffa en 2008 lorsqu'il importe de Belgique la Société Mutuelle pour artistes (SMart) et crée l'année suivante les premiers bureaux français à Lille. Le projet prône une gouvernance participative et démocratique répartie équitablement entre tous les membres de la communauté. Ces derniers sont cinéastes, musiciens, consultants, enseignants ou encore informaticiens. Ils sont nommés travailleurs autonomes, entrepreneurs sociaux ou freelances...et salariés associés de Smart. Ils exercent leur activité chez eux ou dans des locaux mais ont libre accès aux espaces de coworking, entre autres, de leur siège à Lille.

Juridiquement, la forme coopérative est la seule qui allie le statut de salarié et celui d’entrepreneur associé de l’entreprise. Les membres de la coopérative perçoivent des revenus variables selon leur statut (et leurs besoins), benéficient d'une couverture sociale ainsi que d’un support juridique et administratif pour leur activité. Et surtout, disposent chacun d’une voix en assemblée générale.

Investir pour le collectif

Smart se présente comme une « coopérative ouverte » : elle ne filtre pas ses sociétaires et ne verse pas de dividendes. « La richesse créée par l’activité professionnelle de chacun est investie en majorité dans le développement des outils et services mis à disposition de tous. Qu'ils soient en activité pérenne ou ponctuelle », explique l'administratrice déléguée Anne-Laure Desgris, élue aux commandes de Smart France depuis octobre dernier, au côté de Maxime Dechesne.

Ce modèle de gouvernance partagée semble efficace : en 2018, Smart France a affiché une croissance de 33% et un chiffre d’affaires de 24,5 M€. Le groupe affiche quant à lui 200 M€ de chiffre d’affaires. Ce qui en fait la plus grosse coopérative européenne avec 4 600 travailleurs autonomes en région, 22 000 en France et plus de 160 000 dans huit autres pays européens. « Et on a toujours du monde à la porte !, se réjouit Anne-Laure Desgris. Il y a quelques années, on avait du mal à accueillir de nouveaux entrepreneurs mais aujourd’hui on parvient à répondre à la demande. »

« Grandir sans grossir »

Pour l'ex-Pdg Sandrino Graceffa, désormais intégré à l’équipe franco-belge, « la réussite du projet repose sur une volonté de se donner les moyens pour atteindre une taille critique ». Le développement est en effet synonyme de mutualisation accrue et d’investissements plus importants. Mais tout l’enjeu est de « grandir sans grossir » pour Smart. Le binôme à la tête de l’antenne française entend « rester à taille humaine », insiste Maxime De- chesne. Selon qui « c’est possible de créer de la richesse sans tirer dans les pattes des autres coopératives ».

Au siège lillois, Smart prépare ses cartons. A partir de mai, la coopérative quittera La Grappe rue Gambetta pour occuper une partie des 5 000 m2 réhabilités du Bazaar St-So. L'une des dizaines de tiers-lieux en Europe que pilote (et finance en partie) Smart.

Dates clés

1998 : création sous forme d'association en Belgique

2009 : implantation et création du siège de smart France à Lille

2012 : déploiement en europe

2017 : transformation en société coopérative à responsabilité limitée à finalité sociale

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