AgendaEdito n°67-Décembre 2016 et janvier 2017

Gérard Mulliez, apôtre du parrainage


Le fondateur de la "Galaxie" Auchan et de ses 600 000 salariés préconise un usage intensif du parrainage pour réussir l'aventure entreprenariale, mais aussi pour terrasser le chômage.


Le 1 décembre 2016

Le fondateur du groupe Auchan il y a 55 ans était il y a quelques jours le grand témoin de la clôture de  l’université du Medef à Entreprises & Cités, réunie sur le thème « C’est possible ». Gérard Mulliez n’a pas dérogé à sa réputation d’électron libre, n’hésitant pas à taquiner Pierre Gattaz : » Je vais dire une chose que j’ai déjà dite à mon ami Pierre Gattaz, mais qui n’a pas entendu. Peut-être que si on le dit devant tout le monde, il va le retenir! »  Cette chose a un nom : parrainage. « Si j’ai réussi , c’est parce que j’ai été parrainé par mon père, le patron de Phildar. Et comme j’ai réussi, j’ai parrainé derrière. Si on a réussi tant de business units, c’est parce que chacune a commencé par un parrainage. »  C’est ainsi que la petite structure de 40 personnes en 1961 est devenue un énorme ensemble de 600 000 salariés, réunissant près de 500 « business units ». Décathlon, Kiabi, des dizaines d’autres sont nées du même principe.

 

 

Apologie du parrainage

gerard-mulliez

« Un type se lève et me dit j’ai envie de faire Kiabi. Je lui dis, vas-y. Je lui ai dit : tiens, il y a un bowling à Roncq qui ne marche pas très bien, tu le prends et tu feras un Kiabi dedans. Aujourd’hui, il a plusieurs centaines de magasins et il est devenu l’un des premiers vendeurs de textile en France. Mais s’il n’avait pas été parrainé, tout comme moi, il se serait cassé la gueule. Moi je ne connaissais rien à la finance, aux ressources humaines et à toutes ses lois, je me suis fait aider. Quand Michel Leclercq a monté Décathlon, je l’ai parrainé. »

Pour le patriarche nordiste, ce modèle est duplicable et permettrait à la fois de créer de la richesse et de résoudre les problèmes d’emploi du pays.

« Il y a 3 millions d’entreprises françaises, il n’y a que 6 millions de chômeurs ! En deux ans de temps, par le parrainage, on peut supprimer le chômage ! Il ne faut pas être des grands diseux et des petits faiseux , il faut être des grands faiseux et des petits diseux.  Je ne vous demande pas de m’applaudir. Je vous demande de parrainer chacun dans vos entreprises un jeune ou un moins jeune, un type de 65 ans qu’on fout dehors, pour monter leur boite, et vous pouvez monter des tas de boîtes ».

 Commentant les classements de fortunes régulièrement publiés dans la presse, Gérard Mulliez répond : « Vous m’enviez peut-être, on raconte que je suis le plus riche de France, c’est complètement faux, il y a toute ma famille derrière ! Sans compter tous les impôts, 75%. Je suis au moins quatre fois moins riche que les journalistes pensent. Si vous voulez devenir aussi riche que moi, vous faites comme moi, vous essaimez. Comme j’ai aidé Michel Leclercq, comme Leroy Merlin aide des tas de gens. Vous gardez une partie du contrôle, ça dépend de votre générosité.

Proposant en guise de boutade que le président du Medef devienne vice-président de la République française, pour influencer, il a déploré le niveau d’inculture économique de nos élus. « Nos hôtesses de caisse en connaissent plus sur l’économie que nos députés locaux », se reprenant aussitôt en regardant la salle, « mais il y a quelques exceptions » !