EntreprendreEco 121- n°59- Mars 2016

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Le billet de Bruno Bonduelle: Le bien ne fait pas de bruit, le bruit ne fait pas de bien !


bonduelle_bd“Peu crédible, ce rapport publié par l’ONG Oxfam à l’occasion du dernier Forum de Davos : les 1% les plus riches du monde détiendraient autant de richesses que les 99% restants. Comment croire un tel abysse entre milliardaires et sans-dents ? En Amérique peut-être, mais pas en Europe, a fortiori pas en France laminée par les impôts, et encore moins en Nord-Picardie. Rapporté aux 6 millions de ch’tis picards, l’écart donnerait 60 000 riches ! En cherchant bien, vous en trouverez peut-être 600, cachés derrière leurs portails télé-commandés, à Croix, dans le triangle d’or B.M.W. ou encore au Touquet. Pas de quoi rendre jaloux les 5 999 400 restants. Il y a bien la liste des fortunes professionnelles que livre chaque année la revue Challenges.

 

 

 » Les oisifs dorés sur tranche, dans le Nord, on les cherche! »

Mais les vrais riches, les oisifs dorés sur tranche, dans le Nord, on les cherche ! Quant aux signes extérieurs qu’ils exhibent, on n’en trouve guère ici. L’ISF a fait son œuvre. Interrogez la première agence immobilière venue, il n’y a plus d’acheteurs pour des maisons au dessus d’1,5 M€. Ils ont émigré en Belgique. Les vendeurs en sont réduits à la découpe des belles propriétés d’antan, abattant au passage les arbres plantés par leurs ancêtres. Pas un seul immeuble de luxe à Lille, un Casino Barrière à la peine, une seule rue Grande Chaussée avec son Hermès et son Louis Vuitton, pour un million de Lille- Métropolitains. Retirez les élégantes flamandes et les touristes chinois, ils fermeraient boutique ! Où diable l’argent se cache dans cette région ? Les grosses cylindrées ont disparu par crainte des car jackings. On compte en tout et pour tout une Maserati et quelques Porsche qui vrombissent entre Bondues et Mouvaux. Pas plus de Bentley que de Rolls. Quant à leur solitaire, ces dames n’osent plus l’exhiber de peur d’être repérées aux caisses d’Auchan, suivies chez elles et « home jackées » le lendemain.

Ici, personne n’a oublié les préceptes du patriarche respecté qui répète à l’envi : « Argent connu, argent foutu ». Pour les vacances, pas de bling-bling. Ce sera Saint-Cast plutôt que Saint-Tropez, Cap Corse plutôt que Cap Ferrat, Méribel plutôt que Courchevel. Quant à la misère des années 30, quand les sirènes se taisaient rue des longues haies, les crève-la-faim marchaient trois kilomètres pour venir quêter à la porte de la Villa Cavrois. Aujourd’hui, RSA et allocations ont transformé la misère en pauvreté où l’on mange à sa faim. Certes, vous trouvez encore aux carrefours des enfants en haillons qui mendient, mais vous savez bien qu’ils viennent de pays où règne une vraie misère”