TerritoiresN° 8 - février 2011

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Total revoit sa copie pour Dunkerque


Le port de Dunkerque ne reverra pas ses 10 millions de tonnes de produits pétroliers effacés par la fermeture de la raffinerie des Flandres de Dunkerque. Mais du moins le directeur du site Erwan Keromest, peut-il affirmer avec des arguments solides que " Total ne se désengage pas ". L'hypothèque demeure sur le terminal méthanier. Total reste candidat à une participation, en cas de décision positive d'EDF.


Les actions judiciaires ont retardé le projet. Mais dès à présent, le premier groupe industriel français reste à Dunkerque, avec un projet sur trois pôles. Un pôle «  Total  », dont il assume la pleine responsabilité, un pôle «  bio  » porté par un consortium dans lequel Total est fortement engagé. Et un pôle développement industriel à construire, avec l’appui de Total Développement Régional (TDR). Le site doit reclasser 315 personnes. D’ici à 2014, «  tous doivent avoir une perspective claire devant eux  », indique le chef de site.

Le «  pôle Total  », c’est d’abord un dépôt pétrolier portuaire qui existe déjà, destiné à servir la région Nord-Pas-de-Calais en produits raffinés : essences, gazole, carburéacteurs. Le Dépôt Pétrolier de la Côte d’Opale (DPCO), c’est son nom, comptera 80 bacs, et 1,5 million de m3 de capacité, dont 450000 m3 de brut en stocks stratégiques. DPCO emploiera 35 personnes. Des dizaines de millions d’euros d’investissements y sont nécessaires. Le Pôle Total comprendra ensuite un Centre d’assistance technique (CAT) fort de 180 agents formés dans divers domaines d’expertise, l’inspection en tête. Vient ensuite une école de raffinage. L’école donnera un tronc commun à tous les jeunes raffineurs français. Elle emploiera 25 formateurs, et accueillera 1500 stagiaires par an, qu’il faudra loger et nourrir. Avec 21 postes pour diriger, gérer et assister le tout, le pôle Total ce sera 261 postes, 82 % de l’effectif initial.

Innovation et prospection

A cette reconfiguration tertiaire, qui laisse les Dunkerquois sur leur faim, Total ajoute une vision du futur, mais sans garantie. Le consortium Bionext implantera au sud du site le pilote industriel BIO T fueL, avec pour but de tester en vraie grandeur la faisabilité et le bilan économique d’une unité de production de carburant bio de seconde génération, produit à partir de biomasse (déchets de bois, maïs et autres végétaux…). Total y est associé avec IFP Energies nouvelles, Sofiproteol (la holding des protéagineux, qui contrôle Diester Industries et Lesieur), le CEA, l’exploitant de procédés Axens (groupe IFP Energies Nouvelles), et l’équipementier allemand Uhde (groupe ThyssenKrupp). L’investissement pour la seule construction est de l’ordre de 50 millions d’euros. Une vingtaine de personnes prendra part à cette phase. Le verdict doit être rendu en 2017 au plus tard. Total s’engage à hauteur de 112 millions d’euros dans ce projet expérimental.

Au sud du site également, zones de risques industriels obligent, une plate-forme d’accueil de nouvelles activités industrielles de 10 ha sera mise en place, avec le concours de Total développement régional (TDR). TDR est une structure légère créée et financée par Total pour ré-industrialiser la région de Lacq, progressivement délaissée par l’exploitation de son gisement gazier. TDR et l’agence de développement économique du territoire Dunkerque Promotion mettront leurs moyens en synergie.

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