3 questions à Sébastien Faucon, Directeur conservateur « Le LaM se doit d’être pleinement habité »

Fermé pendant 18 mois pour travaux, le musée métropolitain LaM fait peau neuve. Fin février, il a rouvert sur des espaces et un parcours de visite repensés, avec une volonté forte de dynamiser la fréquentation. Entretien.

Publié le 03/03/2026 par Julie Kiavué / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

Le musée à fermé ses portes fin septembre 2024 pour des travaux d’ampleur. Quelles sont les nouveautés ?

Le LaM a fêté ses 40 ans il y a trois ans. Il était important d’améliorer à la fois le confort et le parcours des visiteurs, mais aussi l’aspect thermique du bâtiment. C’était un chantier de rénovation et de réinvention, piloté par la MEL, pour un peu plus de 27 M€. Nous avons retravaillé notre positionnement culturel, l’innovation et la créativité. Nous avons fait tomber des murs pour décloisonner le musée et avons ajouté de nouveaux services, comme deux points de restauration, dont un gastronomique, tenus par le chef étoilé Florent Ladeyn. Le premier, Pigments, offrira une vue panoramique, et le second, Pigments Café, sera ouvert sur le parc. En parallèle, nous avons mené un « chantier de collection » pour vérifier et protéger les 
8 600 œuvres du musée.

Le Domaine de Chantilly attire plus d’un demi-million de visiteurs à l’année, le Louvre-Lens environ 450 000 personnes et 400 000 pour le Palais des Beaux-Arts de Lille, contre 150 000 pour le LaM. Que manque-t-il pour davantage peser dans le paysage culturel régional ?

La fréquentation est un sujet, et un vrai enjeu pour nous. Les travaux ont aussi été menés pour nourrir l’attractivité de l’équipement. Nous l’avons ouvert en intérieur et vers l’extérieur pour qu’il puisse, à son tour, s’ouvrir à de nouveaux publics locaux et au-delà. Le LaM est pleinement inséré dans son territoire, il faut qu’il soit pleinement habité. Nous avons de nouvelles offres comme la gratuité pour les moins de 26 ans tous les jours et pour les plus de 65 ans les vendredis après-midi. Nous prévoyons également des temps forts, notamment pour des publics cibles, des rendez-vous festifs ou récurrents.

Avez-vous le soutien de l’écosystème ?

Bien sûr. L’agence HelloLille, la MEL ou encore l’Office de tourisme nous accompagnent pour renforcer notre attractivité et notre rayonnement eurométropole. Nous avons été pleinement mobilisés pendant cette année blanche. Avec une présence dans plus de 20 villes de la métropole avec nos différentes expositions. Nous avons testé de nouveaux formats comme l’expo à hauteur d’enfants. Enfin, nous avons été présents à l’international, notamment à Shanghai, en Italie, au Danemark, via des expositions co-organisées. C’est une première pour nous. Mais nous souhaitons renouveler l’expérience, et ce dès la fin 2026. Beaucoup de choses initiées pendant les travaux vont perdurer.

Recueilli par Julie Kiavué