Numéro#159

Publié le 01/04/2026

L'édito

Quadrature du... cycle

Il en va de la vie des entreprises comme des organismes vivants. Elles naissent, se développent, essaiment, meurent, pour parfois renaître, ou pas. Le Réseau Entreprendre, qui fête ses 40 ans cette année, incarne parfaitement la première phase, avec des résultats impressionnants, grâce à un accompagnement et un écosystème bienveillant et efficace : 95% de taux de survie à cinq ans. Sans compter un tropisme de plus en plus net vers les transmissions, un autre enjeu capital pour préserver le tissu économique.

Mais si le mouvement de création reste puissant, c’est le financement des jeunes pousses qui se grippe aujourd’hui avec un effondrement des levées de fonds dans ce champ du capital investissement.

A l’autre bout de l’histoire, c’est le tribunal de commerce, d’abord pour essayer de préserver des entreprises en difficultés, et parfois, faute de solution, pour prononcer la fin de l’aventure. Ce cycle parfaitement normal connaît aujourd’hui un emballement inédit avec une concentration jamais vue de défaillances d’entreprises de taille très significative depuis le début de l’année dans la région. Il est trop tôt pour en tirer des enseignements trop généraux : chaque cas est particulier, et certaines entreprises comme Arc, Pocheco ou IdKids connaissaient des difficultés de longue date.

Grande naïveté européenne

Néanmoins, cette situation doit susciter une vigilance accrue. A la fois pour détecter les difficultés le plus en amont possible et accompagner individuellement les entreprises, mais aussi pour réfléchir à la compétitivité collective du pays. Notre grande naïveté européenne face à une concurrence internationale échevelée et notre goût immodéré pour l’impôt, pour les contraintes réglementaires et normatives ont généré de grands déséquilibres funestes pour beaucoup d’acteurs économiques. D’autant qu’après les polycrises déjà subies depuis le Brexit, le Covid, ou l’Ukraine, s’ajoutent maintenant de nouvelles tensions du Moyen-Orient. Cela fait beaucoup pour des dirigeants. La résilience a ses limites, il convient aussi d’offrir à nos entreprises un biotope et un humus propres à leur prospérité. C’est le travail du législateur et de l’exécutif. Encore faut-il qu’ils en fassent une priorité absolue, car c’est vital pour le pays. On en est loin.

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