Numéro#160

Publié le 06/05/2026

L'édito

Écosystème

Eco121 renoue ce mois-ci avec une pratique abandonnée depuis la crise Covid, celle de nos focus territoriaux.

Aujourd’hui, pleins feux sur le Douaisis, un territoire un peu oublié à 19 minutes de train de Lille. Un Hauts-de-France périphérique, pour paraphraser le géographe Christophe Guiluy, qui se bat pour faire valoir ses atouts, sa différence, sa qualité de vie. Il n’est que de déambuler dans le superbe Vieux Douai autour de la Scarpe canalisée pour se rendre compte d’un rythme bien plus apaisé que dans les grandes métropoles. Pour autant, le Douaisis change. Après les grandes années logistiques il y a quinze ans, ce territoire encore fortement industriel incarne, certes à une échelle inférieure à Dunkerque, le même mouvement de régénération de son tissu économique autour de la mobilité électrique. Avec des enjeux considérables en termes d’emplois, de logement, d’attractivité pour capter de nouvelles populations. Y compris à travers une volonté de revitalisation commerciale et même touristique. Le défi reste entier, comme il l’est à l’échelle du pays : le pari du véhicule électrique et de toute la filière qui l’accompagne n’est pas sans incertitudes, que la retentissante faillite du géant suédois Northvolt a soudainement mises en lumière. Le Douaisis incarne cette dialectique entre l’implantation de la gigafactory de batteries pour véhicules électriques AESC et ses 3 000 emplois annoncés et le pari de la tertiarisation d’un côté, la fermeture de l’équipementier Sogefi, un tissu commercial fragile et une fracturation politique très perceptible lors des récentes municipales de l’autre. 

L’ancienne capitale du bassin minier est à la croisée des chemins pour se réinventer un destin porteur. C’est là que l’ADN industriel de ce bassin d’emploi particulier peut faire la différence. Nous essayons humblement de le décrypter dans ce nouveau numéro.
Bonne lecture !

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