Altimance : un pari territorial assumé et réussi

KPMG et Nord France Invest ont réalisé entre avril et septembre 2025 une enquête qualitative auprès de douze entreprises à capitaux étrangers basées en région, pour analyser leur impact sur le territoire. Tout au long de l’année, Eco121 publiera les témoignages de ces entreprises pour en décrypter le modèle de développement et d’interaction territoriale.

Publié le 06/05/2026 par Equipe Eco121 / Lecture libre / Temps estimé: 3 minutes

Le groupe britannique Rigby, du nom de son fondateur Sir Peter Rigby, a fait le choix en 2017 de s’implanter dans le Valenciennois, à Anzin. Ce groupe majeur outre-Manche dans le secteur de l’IT (4,5 mds€ de chiffre d’affaires, 
8 000 salariés), cherche alors à réinventer son modèle de support informatique et d’assistance à distance.

Et c’est à partir d’une feuille blanche, et du transfert d’une activité installée en Roumanie au profit du client Adecco, que le projet nordiste voit le jour. Il s’agit alors de conforter la chaîne de valeur, d’élever le niveau de service, tout en apportant une réponse française à une clientèle majoritairement nationale. Le site de Valenciennes, une ancienne friche industrielle Vallourec transformée en pôle d’excellence numérique (parc des Rives Créatives), l’a emporté sur d’autres options à Montpellier et en Auvergne. Grâce à la présence d’écoles et d’université, l’existence d’un bassin d’emploi profond mais aussi la démarche du territoire de se développer résolument dans le secteur de l’IT, avec un accompagnement technique et immobilier, mais aussi en termes de ressources humaines. Car l’enjeu était de recruter pas moins de 200 personnes en trois ans. Un vrai défi, gagné avec l’appui de France Travail et la mise en place de formations ad hoc de 3 mois. Altimance continue depuis à recruter très largement, en puisant notamment dans le vivier des personnes en reconversion ou des publics éloignés de l’emploi.

Une approche inclusive qui s’est traduite en 2022 par la création d’une nouvelle structure spécialisée, E-Altimance. Il s’agit d’une entreprise adaptée qui emploie en ce début 2026, 39 personnes, dont au moins 55% en situation de handicap. Le site nordiste compte, en avril 2026, 244 salariés dans ses deux entités.

Structure agile

Altimance, devenue en huit ans une brique importante de l’écosystème numérique du Valenciennois, joue aussi un rôle de laboratoire d’innovation au sein du groupe Rigby. « Le modèle RH déployé ici est devenu un marqueur fort au sein du groupe Rigby. Nous sommes une structure agile, sans infrastructure locale, capable d’opérer en situation de nomadisme depuis l’origine de notre implantation », décrypte Antony Logez, directeur d’Altimance et E-Altimance (photo). Ainsi les recrutements s’attachent davantage à la personnalité et à l’appétence, et ont recours à des dispositifs comme la POE (préparation opérationnelle à l’emploi) qui permettent de former des profils éloignés des métiers du support informatique. Les salariés, recrutés en CDI, bénéficient également d’une organisation en télétravail. La société bénéficie aussi d’une cooptation significative qui concerne près d’un tiers des embauches. Une recette made in Valenciennes qui explique sans doute un taux de turnover de l’ordre de 15%, bien plus faible que dans la profession.

Altimance a encore du potentiel de développement avec ses 300 positions de travail. De quoi potentiellement monter à 450 collaborateurs grâce au télétravail, imagine même Antony Logez, qui souhaiterait que le territoire développe davantage son écosystème pour atteindre une vraie masse critique en matière de souveraineté numérique. Mieux, il se dit prêt à jouer les ambassadeurs du territoire pour attirer d’autres acteurs de l’IT. A bon entendeur !