Beck & Pollitzer : 25 ans d’ancrage
dans les Hauts-de-France

KPMG et Nord France Invest ont réalisé entre avril et septembre 2025 une enquête qualitative auprès de douze entreprises à capitaux étrangers basées en région, pour analyser leur impact sur le territoire. Tout au long de l’année, Eco121 publiera les témoignages de ces entreprises pour en décrypter le modèle de développement et d’interaction territoriale.

Publié le 02/09/2026 par Equipe Eco121 / Lecture libre / Temps estimé: 3 minutes

L’implantation et le transfert de machines industrielles clés en mains : voilà le cœur de métier de Beck & Pollitzer. C’est avec l’arrivée de Toyota à Onnaing que le groupe britannique a choisi de s’implanter en France il y a 26 ans. D’abord dans le cadre d’une co-entreprise, puis rapidement en reprenant 100% du contrôle de la société. Désormais implantée dans des locaux à Saint-Amand-les-Eaux, Beck & Pollitzer France s’est déployée au fil des années, pour compter aujourd’hui 85 salariés pour un chiffre d’affaires qui s’établit entre 25 et 30 M€ par an, au gré des projets. Elle a accompagné d’autres implantations de Toyota en Europe et bien d’autres projets industriels depuis : ses clients sont de très grands comptes comme Renault, Nissan, Stellantis, mais aussi GSK, Takeda, AstraZeneca, ArcelorMittal, Knauf, Procter & Gamble ou encore Ocado (e-logistique). La filiale France a du reste pris un rôle moteur au sein du groupe, dont elle pèse environ 10% du chiffre d’affaires. Depuis Saint-Amand, B&P France pilote le Benelux, le Maroc et l’Algérie, et a ouvert l’Italie, l’Espagne et la Scandinavie. Depuis plusieurs années, la société a également pris le train de l’électrification et a par exemple installé les lignes de batteries de la première gigafactory à s’implanter, ACC. Elle est présente aussi chez Verkor, ou chez AESC-Envision à Douai. Un chantier qui aura mobilisé jusqu’à 240 personnes, bien au-delà des ressources de la seule filiale française. C’est tout l’intérêt d’appartenir à un groupe qui peut allouer facilement des moyens humains d’autres pays face aux surcharges. De la même façon, les équipes françaises peuvent être sollicitées sur d’autres territoires.

« Les chantiers sont un peu partout et peuvent être très intenses : parfois, au pied levé, il faut mobiliser 20, 50, 200 personnes. Un constructeur de machines n’a pas assez de souplesse pour cela. Une de nos grosses forces, qui fait notre valeur ajoutée, c’est la flexibilité de la main d’œuvre », décode Fabrice Dezitter, directeur général Europe de l’ouest.

Mobilité, technicité et anglais

L’un des points clés du métier est précisément la main d’œuvre, cruciale dans ce type de prestations industrielles qui requièrent de multiples compétences pour pouvoir proposer le pilotage global d’une opération. La multiplication des projets majeurs dans les Hauts-de-France, même si le périmètre de Beck & Pollitzer est bien plus large, crée déjà des tensions perceptibles sur le bassin d’emploi de Dunkerque. Or le groupe a des exigences en termes de mobilité, de technicité et de maîtrise de l’anglais, pas toujours simples à satisfaire. Pour se donner davantage de souplesse, Beck & Pollitzer France a largement développé le télétravail pour attirer et conserver les talents même si le management devient plus complexe.

Mais c’est aussi en laissant un collaborateur passionné développer une activité de métrologie laser, que B & P France est devenue l’expert laser de tout le groupe, à qui elle vend son savoir-faire dans le monde entier. On ajoutera que c’est aussi la France qui a ouvert la voie de la RSE dans le groupe. Aiguillonnée par un de ses clients, Michelin, B & P France a développé un référentiel Ecovadis.

« On a emmené toutes les agences de tous les pays sur le sujet», se réjouit Fabrice Dezitter, fier d’avoir mis en place en France une compétition interne de nombre de pas, aujourd’hui reprise dans tout le groupe.