Compliance Robotics veut
révolutionner la robotique

La start-up, fruit des travaux de chercheurs de l’Inria, de l’Université de Lille et de Centrale Lille, développe des robots déformables. Un procédé innovant qui intéresse particulièrement l’industrie des fruits et légumes.

Publié le 03/06/2026 par Julie Dumez / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

Son bras articulé façon trompe d’éléphant se saisit puis dépose délicatement des pommes. D’ici quelques années, ce type de robot souple pourrait bien équiper nombre de cultivateurs. Christian Duriez, chercheur à l’Inria de Lille au sein de l’équipe DEFROST (Deformable Robotic Software), en partenariat avec l’Université de Lille, Centrale Lille et le CNRS, poursuit cet objectif. A travers sa société Compliance Robotics, créée début 2024, sa technologie baptisée Hollow trouve une vocation opérationnelle. « Un des intérêts réside à saisir et manipuler des objets fragiles », explique le fondateur, passé par le start up studio de l’Inria.

Loin des imposants robots fixes, bien connus dans l’industrie automobile, ceux de la jeune pousse offrent la possibilité d’un travail de proximité avec les humains et même entre eux. « Sur une ligne de tri par exemple, où les objets à saisir sont disposés de manière aléatoire, on pourrait densifier le nombre de robots et les laisser entrer en contact les uns avec les autres, sans incidence », détaille Christian Duriez. Dont l’innovation est protégée par trois brevets.

Le pilotage software embarque l’intelligence artificielle, pour permettre à l’engin d’apprendre des comportements à répliquer selon les situations. Compliance Robotics a ainsi pu intégrer le programme « Pionniers de l’IA » de France2030 porté par Bpifrance. Fort d’une première subvention, Christian Duriez espère décrocher d’ici un an la deuxième phase de cet accompagnement. Hauts-de-France Innovation est également présente aux côtés de la start up qui emploie aujourd’hui 9 salariés dans ses locaux de la ruche d’entreprises de Villeneuve d’Ascq.

Robot éducatif et simulation

En parallèle, l’équipe a développé une solution d’apprentissage appelée Emio. Un robot éducatif destiné à l’apprentissage de la robotique souple, qui « donne l’occasion aux étudiants de s’essayer à la modélisation de déformation directe et inverse, tout en apprenant à concevoir des algorithmes de contrôle », assure Christian Duriez. Sa machine est déployée auprès d’étudiants de l’Hexagone, mais aussi du Canada, de Singapour et des Etats-Unis.

Par ailleurs, Compliance Robotics propose des prestations aux entreprises comme des simulations d’interactions physiques complexes en reproduisant l’environnement d’un robot.

L’ensemble génère un chiffre d’affaires d’une centaine de milliers d’euros que le dirigeant aimerait pousser entre 1 et 2 M€ à horizon 2029. D’ici là, il envisage une première levée de fonds cette année pour accélérer sur la voie prometteuse des robots déformables. Des premiers essais pour le conditionnement de fruits et légumes, développé avec les pommes Pink Lady et l’Association des Producteurs d’Endives de France (APEF) s’annoncent encourageants.