De la pédagogie par projets naissent les talents de demain

Alexis Devillers, président de l'association Dreamakers, plaide dans cette tribune pour maintenir la mobilisation collective au côté de l'école. "Dirigeants d’entreprises, réseaux professionnels, associations, parents, enseignants : c’est ensemble que nous devons œuvrer pour développer, chez les jeunes, des compétences indispensables au monde d’après."

Publié le 27/01/2022 par Equipe Eco121 / Lecture libre / Temps estimé: 3 minutes

Alexis Devillers, président de l'association Dreamakers- crédit Maxime Dufour Photographies
Alexis Devillers, président de l'association Dreamakers- crédit Maxime Dufour Photographies

Alexis Devillers, président de l'association Dreamakers, plaide dans cette tribune pour maintenir la mobilisation collective au côté de l'école. "Dirigeants d’entreprises, réseaux professionnels, associations, parents, enseignants : c’est ensemble que nous devons œuvrer pour développer, chez les jeunes, des compétences indispensables au monde d’après."

Classes fermées ou semi-ouvertes, taux d’absentéisme élevé, effectifs à géométrie variable, discontinuité des cours, épreuves perturbées... Et surtout, enseignants, élèves et parents fatigués. Il y a de quoi avoir le moral au plus bas ! Or, c’est justement au cœur du creux de la vague qu’il est nécessaire de rester soudés et mobilisés. La crise que nous traversons depuis deux ans a prouvé plus d’une fois que la résilience et l’effort collectif à maintenir l’optimisme nous permettent de rebondir et de continuer à aller de l’avant.

Continuons à stimuler la jeunesse à prendre en main son avenir, en transmettant de l’optimisme et de l’envie d’entreprendre. Une des conséquences de la crise pour les jeunes est la difficulté de continuer à apprendre, de trouver des stages et des jobs étudiants, et de poursuivre l’exercice de leur vie sociale, associative, culturelle et sportive. Alors oui, "ce que notre pays est en train de traverser est un sacrifice énorme pour notre jeunesse".

Mais cette difficulté ne doit pas résoudre la jeunesse à devenir pessimiste. Au contraire, nous avons tant besoin d’elle pour maintenir le chemin du renouveau. Plus que jamais, nous avons besoin d’une jeunesse enthousiaste, remplie d’espoir, engagée, capable de travailler ensemble, et d’imaginer demain.

Hard skills et soft skills

Et l’école a donc un rôle primordial à jouer ! Nos enseignants font preuve d’une témérité incroyable pour dispenser, coûte que coûte, un enseignement de qualité et mener nos jeunes dans l’acquisition d’un socle de « hard skills » essentiel.

Mais ne perdons pas de vue l’intérêt de l’apprentissage des « soft skills », qui, en ces temps de crise, peut être malmené ! Ces compétences s’acquièrent par des apprentissages interdisciplinaires, par des projets collectifs et citoyens, dont le service civique, et par une école ouverte aux acteurs locaux. Actuellement, ces ingrédients ne sont pas faciles à réunir.

En tant qu’association complémentaire à l’enseignement public, nous lançons un appel à mobilisation pour qu’ensemble, acteurs de l’éducation, acteurs associatifs, acteurs économiques, nous maintenions et développions nos coopérations dans les écoles. Ces coopérations écoles-entreprises sont plus que jamais nécessaires pour créer de l’ouverture, du lien social, du vivre ensemble.

Et les statistiques le prouvent : cette pédagogie donne des clés de compréhensions au savoir, des ailes pour se battre face à l’adversité, et fait souvent naître des vocations. Elle permet aussi de remobiliser sur les savoirs de base, ce dont les élèves les plus fragiles ont besoin pour lutter contre le décrochage scolaire. C’est ce qu’attestent les résultats de la dernière enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) qui voit la France à la traîne, pointant à la 26e place. Cette enquête bisannuelle démontre que les pays qui ont mis en place de manière durable le modèle de la pédagogie par projets, et qui la maintiennent actuellement, sont ceux qui trustent les premières places en termes de qualité d’enseignement. C’est le cas des pays du Nord, par exemple.

Et si demain « l’esprit d’entreprendre » devenait une matière au bac ?

La dynamique pédagogique en mode projets doit permettre de maintenir l’optimisme des futures générations. Et leur envie de réussir. C’est pour cela que nous lançons un appel à mobilisation pour soutenir le corps enseignant. La période scolaire qui se termine est d’une complexité incroyable pour tous, mais les dernières annonces gouvernementales semblent annoncer des jours plus heureux. Dirigeants d’entreprises, réseaux professionnels, associations, parents, enseignants : c’est ensemble que nous devons œuvrer pour développer, chez les jeunes, des compétences indispensables au monde d’après. Nous avons tous un pouvoir d’agir pour mettre de l’optimisme et de l’envie d’entreprendre dans les écoles de la Région.

Avec le soutien de : Frédéric Lambin - président d’UNiscités, Thierry Fouquet et Thierry Cardinael – présidents de Croisons le Faire, Charlotte Dodergny – Directrice Générale de Croisons le Faire, Laurent Vitoux – président de l’Ecole de la 2ème chance Grand Lille,Laurent Martinez - président CJD Hauts-de-France.