Economie résidentielle

Cette économie naquit au XIXe siècle avec les grandes vacances scolaires créées pour les lycéens des beaux quartiers.

Publié le 26/02/2019 par Equipe Eco121 / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

Cette économie naquit au XIXe siècle avec les grandes vacances scolaires créées pour les lycéens des beaux quartiers. Elles commençaient le lendemain de « la distribution des prix ». Monsieur Hulot en canotier s'installait pour deux mois à l'hôtel Beau Rivage où il avait son rond de serviette. Ce monde n'est plus. Place aux petites vacances. Novembre, Noël, Février, Pâques, elles s'enchaînent toutes les six semaines. Avec les ponts de Mai nous ne sommes pas loin de dix semaines. Et voilà comment nous sommes passés des congés payés de Léo Lagrange à l'économie résidentielle : celle des ponts et des week-ends à rallonges. Ces petites vacances s'accommodent mal des longs parcours. Les courts séjours demandent de courtes distances ; En voiture, Simone, la côte d'Opale est au bout de la route. Président Bertrand, vous qui œuvrez sans relâche pour diminuer le taux de chômage des jeunes, vous savez que les emplois au service des loisirs sont innombrables, indélocalisables, non robotisables. A-t-on jamais inventé une machine à faire les lits ou nettoyer les lavabos ?

Dans les Hauts-de-France, ces emplois sont concentrés sur le littoral. Les Anglais ? Leur pound a chuté avec le Brexit. Mais ces grands voyageurs sont toujours avides de something else. Les Belges? Les francophones lassés des rebuffades des flamingants s'y sentent chez eux. Les Parisiens ? Chez eux aussi depuis l'Epoque soit-disant Belle. Les Ch'tis ?

Les routes ne sont pas évidentes pour y accéder mais chacun finit par trouver la sienne. Au total, sont massés à la porte de notre Côte cinquante millions de touristes potentiels capables de faire l'aller-retour sur la journée.

Ce littoral est malheureusement éclaté entre des dizaines de communes, éparpillées sur trois départements. Qu'attend-on pour leur donner un minimum d'unité pour créer collectivement ces équipements sportifs, nautiques ou ludiques qui font oublier le glauquissime hiver ? Et que dire de la lutte contre l'érosion du trait de côte contre laquelle un maire isolé est impuissant.

L'intercommunalité a ses limites. Un établissement public d'aménagement régional façon Mission Racine s'imposera un jour. Nous valons bien cette côte du Languedoc- Roussillon qui était plate, venteuse et ingrate avant qu'on y éradique les moustiques. Certes l'Etat ne reviendra pas mais la Région prendra sa place. Elle nous a déjà offert en cadeau de mariage avec la Picardie cette baie de Somme de tous les superlatifs.