Enquête de conjoncture de la CCI de région : "dégradation nette et généralisée"

La CCI Hauts-de-France a publié le 30 avril une enquête de conjoncture inquiétante qui montre une dégradation sans discussion de l'activité économique dans la région au premier trimestre 2026. Une situation aggravée par la crise internationale qui aurait des conséquences perceptibles pour plus d'une entreprise sur deux.

Publié le 30/04/2026 par Olivier Ducuing / Lecture libre / Temps estimé: 2 minutes

Alors que l'Insee affiche un recul du taux de chômage en région (-0,1 point sur un trimestre, -0,4 sur un an), la CCI de région a un autre son de cloche. Deux enquêtes concomitantes menées auprès d'un échantillon de 2 600 dirigeants d'entreprises montre une dégradation nette: recul d'activité, baisse de chiffre d'affaires, tensions croissantes sur les trésoreries, prudence accrue en terme d'emploi comme d'investissement: le constat est sans ambiguité.

Le ralentissement marqué de la conjoncture régionale «concerne l'ensemble du tissu économique, avec des tensions particulièrement visibles dans l'hôtellerie-restauration, le transport-logistique, la construction et l'industrie», pointe la chambre consulaire.

Près d'une entreprise sur deux fait état d'un recul de son chiffre d'affaires lors des derniers mois. Ce qui traduit un ralentissement simultané de la consommation, des commandes privées et de certains marchés inter-entreprises.

20% des entreprises ont réduit leurs effectifs au dernier trimestre

Ces tensions ont une traduction désormais perceptible sur l'emploi: une entreprise sur cinq annonce avoir réduit ses effectifs au cours des trois derniers mois. Mais aussi sur les trésoreries: 34% des dirigeants font état d'une trésorerie mauvaise tandis que seuls 19% affichent une amélioration. Le solde d'opinion est le plus mauvais depuis plusieurs années. La CCI indique que la situation des petites entreprises est particulièrement délicate. Un dirigeant sur deux (48%) reconnaît par ailleurs que le contexte économique et géopolitique pourrait l'amener à reporter ou annuler des projets d'investissements déjà envisagés.

La CCI a également sondé l'état de nos entreprises par rapport à la crise du Moyen Orient. Le résultat est net: plus de la moitié d'entre elles relèvent déjà un impact économique ou financier. Avec des conséquences particulièrement perceptibles dans les secteurs du transport-logistique, de la construction et de l’industrie.

14% évoquent un risque de pérennité

Résultat, le moral des chefs d'entreprise est touché. Les opinions négatives progressent tandis que les sentiments de confiance et d’optimisme reculent, note la CCI. Seuls 38% d'entre eux indiquent un état d'esprit positif, en chute de 7 points d'un trimestre à l'autre. Le recul est considérable dans le secteur du transport logistique, avec seulement 29% de dirigeants optimistes ou confiants (-17 points), suivi de peu par le secteur des cafés hôtels restauration (33% optimistes ou confiants, -13).
18% des chefs d'entreprise s'attendent à un recul d'activité dans les trois prochains mois, et 14% évoquent un risque pour la pérennité de leur entreprise.